Selon 49% de ses électeurs, l’UDC doit s’engager davantage pour le climat

SondageLes enjeux environnementaux mettent le premier parti du pays sous pression. Pour ses dirigeants, pas question toutefois de changer de cap.

Le soleil, emblème de l’UDC, pâlit quelque peu face aux Verts
et Vert’libéraux.

Le soleil, emblème de l’UDC, pâlit quelque peu face aux Verts et Vert’libéraux. Image: Keystone

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À cinq mois des élections fédérales, l’UDC se trouve écartelée. 49% de ses sympathisants estiment que le parti devrait reconsidérer sa politique climatique et s’engager davantage pour la protection du climat. À l’inverse, 48% sont d’avis que leur formation politique favorite fait tout juste. Ces chiffres proviennent d’un sondage réalisé en ligne par Tamedia (ndlr: éditeur de ce journal) , en collaboration avec les politologues de l’institut LeeWas.

«Je ne suis pas surpris, réagit Marco Chiesa, vice-président de l’UDC. C’est comme après l’accident nucléaire de Fukushima. Cette tendance va perdre de son élan. Mais bien sûr, le problème de fond restera. Et chacun peut y amener sa contribution à titre individuel.»

L’UDC ne suivra pas le PLR

La responsabilité individuelle: voilà qui est le moyen le plus efficace pour protéger l’environnement, avec les avancées de la science, selon le programme 2019-2023 de l’UDC. Mais cette réponse est aujourd’hui considérée comme insuffisante par la moitié de ses électeurs. Le parti doit-il revoir sa politique climatique, à la manière du PLR qui, après une large consultation de sa base, a redéfini sa position? «Non, cette politique de girouette n’est pas crédible. Nous devons continuer avec nos solutions, qui sont les bonnes, affirme le conseiller national Michaël Buffat (UDC/VD), vice-président du groupe parlementaire. Ce n’est pas avec des taxes sur les billets d’avion et sur le carburant que ça ira mieux.»

Marco Chiesa abonde: «Ce n’est pas le moment de changer quelque chose. D’ailleurs, la classe moyenne ne peut pas supporter des charges trop élevées et la Suisse est déjà un pays modèle en matière environnemental. Ce qui me fait vraiment mal au cœur, c’est quand je vois la pollution dans certains pays comme la Chine ou la Thaïlande.»

Les paysans trépignent

Le Tessinois pense par ailleurs que, dans son canton, le climat n’est pas le problème numéro un. Mais dans d’autres régions de Suisse, la base paysanne de l’UDC trépigne. «Personnellement, je suis pour que l’UDC en fasse plus. On ne peut pas simplement dire: «Circulez, il n’y a rien à voir», affirme le conseiller national et agriculteur Jean-Pierre Grin (UDC/VD). Il faut trouver des réponses positives, qui passent par une multitude de petites mesures plutôt que de grandes élucubrations.» Par exemple? «Mettre en place une étiquette écologique sur les aliments, favoriser les voitures électriques, réintroduire des trains de nuit, améliorer l’isolation des bâtiments, etc.», cite-t-il en vrac. Michaël Buffat admet qu’il y a un effort de communication à faire. «Nous devons peut-être mieux expliquer nos solutions. Nous sommes le parti qui est concrètement le plus proche de la nature, avec nos agriculteurs. Les Verts, eux, sont dans la théorie.»

«L’environnement va bien»

L’UDC a pourtant aussi son lot de théoriciens. En mars, suite à la déroute du parti aux élections zurichoises, Oskar Freysinger, coordinateur de la campagne romande, affirmait que «l’angoisse climatique est une invention des médias». Le conseiller national Roger Köppel (UDC/ZH) dit quant à lui que «le climat change, c’est la nature». Dans son programme officiel, l’UDC dénonce le «pessimisme politique» et affirme que «notre environnement se porte bien».

De telles affirmations aident-elles vraiment le parti? «Il y a un problème, on est tous d’accord. Après, chacun son appréciation sur sa gravité», répond Michaël Buffat. «Le débat existe aussi parmi les scientifiques. C’est comme pour la 5G», ajoute Marco Chiesa. En attendant, l’espoir reste tangible à l’UDC: pourvu que la météo reste maussade cet été! «Cela joue aussi un rôle sur les gens si l’été est caniculaire. C’est un petit calcul électoral, mais on ne prend pas de décision sur cette base-là», rit Marco Chiesa.


Les partis verts poursuivent leur progression

Si vous vous étiez rendu·e aux urnes dimanche dernier, pour quel parti auriez-vous majoritairement voté? À cette question, 9,9% des Suisses répondent par «Les Verts» et 6,9% par «Les Vert’libéraux». «Selon notre cinquième sondage électoral, la vague verte se poursuit», commentent les politologues Lukas Leemann et Fabio Wasserfallen, de l’institut LeeWas, qui a réalisé cette enquête d’opinion sur mandat de Tamedia. En mars, lors du quatrième sondage, le Parti écologiste suisse était en effet crédité de 9,6% d’intentions de vote et les Vert’libéraux de 6,7%. Seules ces formations affichent des progressions significatives. La performance des autres partis se situe dans la marge d’erreur du sondage.

S’agissant des problèmes perçus comme les plus urgents en Suisse, la stabilité est reine. Les coûts de la santé sont en tête depuis l’automne 2018. 67% des personnes sondées les citent comme l’un des défis majeurs. La prévoyance vieillesse arrive en deuxième position (61%), devant les relations avec l’Union européenne (48%), le changement climatique (47%) et la migration (41%). Par partis, les coûts de la santé sont le souci majeur pour les électeurs du PLR, du PDC, du PS et du PBD. Les électeurs de l’UDC s’inquiètent avant tout de la migration. Seuls les sympathisants Verts et Vert’libéraux citent le changement climatique comme le problème le plus urgent.

Créé: 29.05.2019, 07h00

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