A 365 fr., Doris Leuthard solde la redevance radio TV

Suisse La taxe annuelle coûtera 1 franc par jour par ménage. Le budget SSR sera plafonné à 1,2 milliard. Réactions au coup marketing.

Doris Leuthard lors de la conférence de presse sur la redevance radio-TV.

Doris Leuthard lors de la conférence de presse sur la redevance radio-TV. Image: Keystone

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Les soldes ont commencé à Berne. Mercredi, Doris Leuthard a dévoilé son prix discount pour la future redevance radio-TV qui entrera en vigueur en 2019. Les ménages devront payer 365 francs par année. Soit 1 franc par jour. Voilà le rabais marketing prévu pour allécher le citoyen chaland qui aujourd’hui s’acquitte d’une taxe de 451 francs. Une opération séduction pour contrer l’initiative «No Billag» qui, elle, réclame la suppression de la redevance, ce qui équivaut à une taxe de 0 franc par jour. Le peuple arbitrera ce combat le 4 mars prochain.

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«Un franc par jour, c’est un très bon prix quand vous voyez l’offre des programmes», claironne Doris Leuthard comme si elle organisait une «vente flash». La conseillère fédérale se défend pourtant d’avoir fixé un prix politique. «Nous avons regardé ce que coûte le service public et nous sommes arrivés à cette somme. Le budget des radio-TV publiques (SSR) sera plafonné à 1,2 milliard, hors indexation. Ce qui implique pour l’entreprise d’économiser 40 millions. Les radio-TV privées recevront, elles, une plus grande part de la redevance (6%), soit 81 millions.»

Si la redevance baisse, c’est aussi parce que plus de ménages la paieront. Le peuple a de justesse accepté en 2015 un changement du système. La taxe n’est plus perçue en fonction de la possession d’appareils radio-TV mais est ponctionnée d’office suite au développement numérique. Certaines catégories de personnes restent cependant exemptées. Comme celles qui touchent des prestations complémentaires.

Au chiffre de l’entreprise

Gros changement pour les entreprises. Elles seront taxées selon leur performance économique. «Toutes celles qui ont un chiffre d’affaires inférieur à 1 million de francs paieront moins qu’actuellement», confirme Doris Leuthard (voir tableau ci-dessus). A signaler aussi que l’Agence télégraphique suisse, qui fournit des dépêches aux principaux médias publics et privés du pays, recevra une subvention annuelle de 2 millions. Doris Leuthard a aussi annoncé que tous les deux ans le Conseil fédéral examinera le prix de la redevance. S’il y a trop d’excédents, elle n’exclut pas de baisser à nouveau le prix.

Les réactions chez les parlementaires fédéraux sont contrastées. Chez les opposants, on reste de marbre face à la baisse attendue de la redevance. «Doris Leuthard tente de faire croire au peuple que la SSR va se serrer la ceinture, alors que le manque à gagner est totalement négligeable, déclare Manfred Bühler (UDC/BE). Politiquement parlant, c’est peut-être intelligent, mais ce n’est qu’une façade marketing. Il n’y a aucune volonté de redimensionner la SSR.» Et de souligner l’opposition de son parti à l’encontre d’une taxe qui touche tout le monde et fortement certaines entreprises.

Pour Philippe Nantermod (PLR/VS), un des rares soutiens romands à «No Billag», Doris Leuthard fait fausse route. «Elle tombe dans le piège de ceux qui pensent que cette initiative est un missile anti-SSR. C’est faux. «No Billag» ne veut pas la fin du service public, mais rediscuter de son financement. Au final, cette proposition revient à couper dans le budget de la SSR sans lui donner d’autres armes pour se développer différemment et être plus compétitive.»

«Un symbole fort»

De son côté, Hugues Hiltpold (PLR/GE) reconnaît un joli coup. «Un franc par jour pour financer la SSR, voilà un symbole fort qui permet de lancer la campagne contre «No Billag.» Concernant les coupes de quelques dizaines de millions que ce changement engendrera, le Genevois relativise. «Le budget sera plafonné à 1,2 milliard. Le message de Doris Leuthard est de dire à la SSR qu’elle peut faire aussi bien avec un peu moins.» La SSR, quant à elle, fait savoir que la «forte diminution» du prix de la redevance «aura des conséquences significatives» sur son budget dès 2019, d’autant plus que les recettes publicitaires sont déjà à la baisse.

Géraldine Savary (PS/VD) est partagée. «D’un côté c’est un joli coup en termes de communication. Face à la menace «No Billag», Doris Leuthard pare au plus pressé et montre que certaines critiques ont été entendues. D’un autre côté, je trouve cette décision dommageable, car elle ne laisse aucune marge de manœuvre pour négocier avec les éditeurs privés. On aurait pu imaginer qu’une partie de la redevance serve à financer des projets pour la presse, en investissant par exemple dans les nouvelles technologies. Il faudra réfléchir à une aide directe pour ce secteur. Avec une redevance abaissée à 365 francs pour la SSR, on écarte une discussion plus générale sur l’aide aux médias dans leur ensemble.» (TDG)

Créé: 18.10.2017, 21h06

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