120'000 Suisses veulent mettre les multinationales au pas

Droits humainsL’initiative populaire pour des multinationales responsables a été déposée à la Chancellerie fédérale.

LEs militants de 80 associations ont déposé les signatures à la Chancellerie fédérale lundi 10 octobre.

LEs militants de 80 associations ont déposé les signatures à la Chancellerie fédérale lundi 10 octobre. Image: KEYSTONE/Peter Schneider

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L’initiative pour des multinationales responsables veut obliger les sociétés à analyser les risques d'atteintes aux droits humains et à l'environnement liés à leurs activités ainsi qu'à celles de leurs filiales. Elles doivent aussi prendre des mesures pour y remédier et rendre compte publiquement de leur analyse et des mesures adoptées. Le texte est porté par une association de 80 organisations de la société civile. Parmi elles, Amnesty International Suisse. Interview de Manon Schick, sa directrice.

Lire aussi: Contre les multinationales, les ONG ont gagné en muscles

Comment expliquez-vous l’engouement autour de cette initiative? Cette préoccupation existe depuis des années dans la société civile. On s’inquiète notamment des activités à l’étranger des entreprises suisses et des multinationales, activités qui ont des incidences sur les droits humains et l’environnement. Il y a déjà eu une pétition qui a récolté plus de 150'000 signatures. Malheureusement le Parlement a refusé de lui donner suite. Aujourd’hui, on choisit donc la voie de l’initiative populaire pour forcer les Chambres à se prononcer. Le Conseil fédéral reste lui aussi très timoré dans son approche. Il parle de règles volontaires, alors que nous voulons des règles contraignantes.

Vous ne croyez donc pas à l’autorégulation des entreprises? Elle ne suffit pas. Une étude a été publiée en avril dernier par deux œuvres d’entraide, Pain pour le prochain et Action de carême. Elle montre que 61% des 200 plus grandes entreprises suisses n’ont tout simplement pas de politique en matière de droits humains, ou ne rendent aucun compte à ce sujet. On voit donc que si certaines entreprises sont de bons élèves, il y en a aussi beaucoup qui ne font rien. Il est donc essentiel que toutes les entreprises soient soumises aux mêmes règles.

Les partisans parlent beaucoup de l’image de la Suisse pour montrer l’importance de cette initiative… Pour nous c’est une question de qualité. La qualité suisse est reconnue aujourd’hui dans le Swissmade, mais pas la responsabilité suisse. De très nombreuses multinationales sont implantées ici. C’est très bien que la Suisse soit une place intéressante pour ces sociétés, mais ça doit aller de pair avec une responsabilité. Aujourd’hui les entreprises ne doivent pas simplement s’intéresser à la Suisse comme à un lieu, où elles peuvent venir, installer leur siège et profiter de bonnes conditions. Elles doivent respecter les droits humains et rendre des comptes sur leurs activités à l’étranger.

Créé: 10.10.2016, 14h11

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Manon Schick,directrice d'Amnesty International Suisse: «Le Conseil fédéral reste très timoré dans son approche. Il parle de règles volontaires, alors que nous voulons des règles contraignantes». (Image: KEYSTONE/Peter Schneider)

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