Stick'air: bien ou mal?
Depuis le 15 janvier 2020, les véhicules à moteur doivent être muni de leur macaron dit Stick'air. Réactions.

Depuis l'entrée en vigueur, le 15 janvier 2020, du Règlement cantonal sur la gestion des épisodes de pics de pollution de l'air, chaque véhicule à moteur doit être muni de son macaron dit Stick'air permettant ou non de rouler pendant les pics de pollution. Réactions.
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Stick'air: un macaron pour la santé!

Un chiffre: 4000. C'est le nombre de décès prématurés en Suisse liés à la pollution. Selon l'Office fédéral de l'environnement (OFEV), 20'000 jours d'hospitalisation et 4,7 millions de jours d'activité réduite sont également attribués à la pollution. Cela engendre des coûts de 4 milliards de francs. Les cancers ainsi que des maladies respiratoires et cardiovasculaires, en particulier chez les personnes déjà malades et vulnérables, les personnes âgées et les enfants sont en augmentation à cause des particules fines. Crises d'asthme et problèmes cardiovasculaires augmentent aussi lorsqu'il y a trop de concentration d'ozone. On pourrait parler de catastrophe sanitaire.
À l'heure de l'urgence climatique, le dispositif Stick'air permettant de limiter à court terme l'effet néfaste sur l'environnement et la santé de la population des épisodes de pic de pollution a été lancé en janvier dernier. Il s'agit d'une décision interdépartementale concernant la santé, la mobilité et l'environnement. L'un ne va plus sans l'autre.
«Rembourser les pollueurs serait une hérésie»
L'effet néfaste de certains polluants atmosphériques tels que les particules fines en suspension ou l'ozone ne doit plus être sous-estimé. Sinon, ce serait mentir à la population. Le droit fondamental à un environnement sain est ancré dans notre Constitution (art. 19) et il doit être appliqué. Le principe de précaution en est l'un des piliers. Dès lors, les mesures décidées avec l'introduction de la vignette Stick'air sont des mesures sanitaires de prévention. Alors 5 fr. à vie, ce n'est pas la mer à boire car ce n'est pas obligatoire. Par ailleurs, dans un contexte de densification rapide et intense, la population est «poussée» à devenir «multimodale». En raison de ce changement de paradigme, des résistances s'organisent. Une pétition est lancée! Mais rembourser les pollueurs serait une hérésie! Cette pétition ose parler d'injustice et de dédommagements des frais liés à l'empêchement d'utiliser sa voiture. Pourtant, le devoir des usagers n'est-il pas de chercher des alternatives, parmi la multitude de propositions, en fonction des capacités de chacune et chacun? À l'ère des préconisations pour la mobilité douce (IN 144), et de la piétonnisation des centres urbains (LMCE), toutes deux plébiscitées par la population genevoise, cette pétition semble sortir d'une grotte de la préhistoire. Elle est portée par une minorité de personnes qui ne souhaitent pas changer leurs habitudes et se réorganiser. Ou alors, seulement s'ils sont dédommagés. Car c'est bien de cela qu'il s'agit! L'État fait sa part pour la collectivité et ensuite, ce sont les individus qui doivent également faire la leur. C'est d'autant plus paradoxal que la gratuité des TPG est mise en place lors des pics de pollution! N'est-il pas l'heure d'appliquer le principe du pollueur-payeur? L'époque des «permis de polluer» est révolue.
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Un dédommagement ne serait pas de trop

Après les chicanes, les suppressions de places de parc en masse, les rues limitées à 30 km/heure, sans oublier les chantiers, voici la dernière venue: la vignette Stick'air. Le climat est à la mode, et il a bon dos à Genève. Comme tout est bon pour rendre la vie infernale aux automobilistes, l'État tient là le meilleur des alibis pour poursuivre sa politique antivoiture. Toutes ces mesures, aussi inutiles que mesquines, ne sont pas faites pour améliorer la circulation, le nombre de particules fines dans l'air ou, plus simplement, la vie du citoyen genevois et surtout celle des professionnels.
Ces milliers d'heures de perdues dans les bouchons, ces centaines d'heures pour trouver à se parquer, tout cela est-il réellement écologique?
D'une part, l'État organise le trafic de manière à ce que tout le monde roule au pas toute la journée et dégage ainsi une quantité absurde de gaz carbonique et de particules fines par mètre parcouru.
D'autre part, il prétend s'attaquer aux pics de pollution générés par sa propre politique en punissant arbitrairement les Genevois. La politique soucieuse du climat pratiquée par notre Conseil d'État est de l'amateurisme et cette vignette Stick'air le prouve. Anticonstitutionnelle, mal ficelée, imposée à la population, elle a tout pour déplaire.
«Cette mesure est de la poudre aux yeux»
La vignette Stick'air soulève un autre abus que je dénonce avec une pétition. Elle est adressée au Grand Conseil et intitulée: «La vignette Stick'air ou la dernière filouterie du Conseil d'État». Je dénonce une injustice, celle faite aux citoyens, pourtant en règle avec leur impôt sur le véhicule, de circuler jusqu'à une dizaine de jours par an. Ils ont payé pour circuler 365 jours sur 365 jours. À aucun moment le Conseil d'État n'a pensé à dédommager ces citoyens lésés. C'est encore une attaque de la classe moyenne. Celle-ci, qui s'appauvrit toujours plus et qui n'a pas les moyens pour acquérir un véhicule moins polluant et plus récent, se retrouve encore pénalisée. C'est pourquoi ma pétition demande au Grand Conseil de revoir l'impôt sur le véhicule afin de dédommager à hauteur de 10 francs par jour d'interdiction de circuler les conducteurs floués. Cette somme correspond à un billet journalier des TPG.
La préservation de l'environnement me préoccupe évidemment, mais les moyens mis en place par nos élus ne s'attaquent pas directement aux causes de la pollution, cette mesure est de la poudre aux yeux pour éviter les débats de fond. Le rôle de la vignette Stick'air est de donner bonne conscience au Conseil d'État. Aujourd'hui l'exécutif tape sur les automobilistes sous couvert d'écologie, hier c'était pour la sécurité. Les causes varient au gré de l'actualité. Une aide pour que les citoyens, et encore plus les parents, dès le 3e enfant, puissent investir dans un nouveau véhicule moins polluant serait déjà plus constructive.
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