Une victoire de prestige pour un coureur d’une classe folle

CyclismeÀ 36 ans, Philippe Gilbert marque l’histoire en ajoutant Paris-Roubaix à son formidable palmarès.

Philippe Gilbert a dominé au sprint son dernier adversaire, l’Allemand Nils Politt.

Philippe Gilbert a dominé au sprint son dernier adversaire, l’Allemand Nils Politt. Image: EPA

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Dans le vélo, parmi les chasseurs de grandes classiques, il y a des bons et des mauvais coureurs. Comme dans la majorité des sports, c’est vrai. Mais il y a aussi et surtout ceux qui ont la classe naturelle, les «fuoriclasse», comme disent les Italiens. Les cadors, les champions, en français. Philippe Gilbert est définitivement de cette trempe, après avoir gagné dimanche l’un des deux derniers monuments du cyclisme qui manquaient à son incroyable palmarès, qui comprend aussi un titre mondial en 2012 et 8 étapes de grands tours.

Il rêvait de gagner Paris-Roubaix avant d’accrocher sa bicyclette après une carrière longue aujourd’hui de plus de dix-huit ans? Il l’a fait avec la manière, dans un vélodrome de Roubaix extatique. Le coureur de l’équipe Deceuninck-Quick Step s’est débarrassé un à un de ceux qui avaient eu l’outrecuidance de croire que leur heure était arrivée. Peter Sagan, le tenant du titre? Il a explosé comme du pop-corn dans les 20 derniers kilomètres. Sep Vanmarcke, l’habitué des places d’honneur? Il s’est pris le fameux mur des 200 bornes en plein dans les dents. Yves Lampaert, son coéquipier aux dents longues et au sens tactique discutable? Découragé quand ça a commencé à compter. Le dernier sparadrap dont il n’arrivait pas à se défaire a été le musculeux Allemand Nils Politt (25 ans). Gilbert en a fait son affaire au sprint, avec tout le flair de ses 36 printemps.

Besoin de challenges

«À la base, j’ai des qualités de puncheur, plus adéquates pour Liège, l’Amstel, la Lombardie, a expliqué la star. J’en ai profité dans la première partie de ma carrière pour essayer de gagner ces courses qui me conviennent. Après j’ai fait le pari un peu osé de travailler différemment, de rejoindre l’équipe Quick Step de Patrick Lefevere, qui est la No 1 pour ce genre de courses. C’était un peu fou! J’y suis arrivé en gagnant les Flandres la 1re année, Paris-Roubaix la 3e… J’avais raison de faire ce pari. C’est important de gagner des courses différentes, de se fixer de nouveaux objectifs. Dans la vie, on a besoin de challenges.»

Le résident monégasque en a un nouveau tout trouvé, puisqu’il n’a «plus que» Milan-San Remo – il y a terminé 6e en 2005, 9e en 2010, 3e en 2008 et en 2011… – à arracher pour entrer dans le Panthéon de sa discipline. Seuls trois coureurs ont réussi ce tour de force jusqu’ici et ils sont tous Belges, comme lui. Roger De Vlaeminck, Rik Van Looy et Eddy Merckx avaient eux aussi accroché au moins une fois cette Primavera qui lui manque, aux côtés des trophées remportés sur le Tour des Flandres, Liège-Bastogne-Liège, le Tour de Lombardie et donc Paris-Roubaix. Mais c’était un autre temps, avant les années 80.

Même s’il devait ne pas y arriver, Gilbert restera de toute façon dans le cœur des suiveurs de la petite reine. Simplement parce que c’est un attaquant-né. «J’attache beaucoup d’importance au panache. Quand j’étais jeune, j’aimais voir Johan Museeuw, Michele Bartoli, qui attaquaient de loin. J’ai essayé de copier cette façon de courir. J’ai gagné sur des attaques au long cours, en Lombardie, au Tour des Flandres. Ici, j’ai essayé de reproduire la même chose, c’est comme ça que je m’en sors le mieux.» Et c’est comme ça qu’on l’aime.

Créé: 15.04.2019, 06h48

Un pavé à l’édifice de Stefan Küng

Stefan Küng a définitivement prouvé, à 25 ans, que les classiques pavés font partie de son éventail. Le coureur de la Groupama-FDJ a tenté de se glisser dans un «coup» dès que la route est devenue difficile.
Il a fini par devoir suivre les meilleurs jusqu’au bout, en prenant une honnête 11e place,
à 47 secondes de Gilbert, et un peu frustré d’avoir dû protéger l’attaque sans suite d’un de ses coéquipiers français. «C’est bien, mais pas top, glissait le Saint-Gallois sur le vélodrome. Je me suis senti bien tout au long de la course. Elle s’est jouée à l’usure et c’était très, très dur. Mais je suis content de ce résultat.» Deuxième l’année dernière, Silvan Dillier a crevé au pire moment, avant la Trouée d’Arenberg, et n’a pas revu l’avant du peloton. Il a terminé 57e à presque un quart d’heure. Les fidèles lieutenants que sont Reto Hollenstein et Michael Schär, ont aussi bouclé l’épreuve dans les délais. À la 58e place pour le Thurgovien de la Katusha et au 80e rang pour le Lucernois de la CCC.

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