Vedran Bosnic attend Olympic sans en faire une montagne

BasketballChoc au sommet samedi au Pommier (17 h 30) entre les deux coleaders. Le coach des Lions calme le jeu, mais il est prêt à rugir.

Avec Vedran Bosnic et Matt Williams, l’union fait le force. «Les Lions sont une grande famille», dit le coach bosniaque.

Avec Vedran Bosnic et Matt Williams, l’union fait le force. «Les Lions sont une grande famille», dit le coach bosniaque. Image: Laurent Guiraud

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Dans son bureau du Pommier, c’est un peu le calme avant la tempête. Samedi, les Lions de Genève accueillent Fribourg Olympic, leur meilleur ennemi, et cela va barder! On imagine déjà Vedran Bosnic, la chemise en bataille et le regard halluciné, exhorter ses troupes en lisière de parquet. Le coach bosnien vit ses matches frénétiquement, presque en état second. «Dans l’émotion, il lui arrive de me parler dans sa langue maternelle», sourit Matt Williams, son nouvel assistant. Bosnic est un battant, une bête de match. Mais là, il est doux comme un agneau, prêt à se confier, à raconter sa passion pour le basket, ce feu qui brûle en lui depuis vingt-cinq ans.

Savoir utiliser la pression

L’art de l’interview, il connaît bien. Ses réponses sont précises comme un shoot primé. «Mon père est un grand journaliste, il a écrit quarante livres. Dans la famille, je suis le seul à avoir tracé ma voie dans le sport», dit-il. C’est en fuyant Sarajevo, juste avant que la guerre n’embrase la ville martyre, qu’il s’est lancé sur les chemins de l’exil. Pour vivre, il a d’abord appris à survivre. Pour s’adapter aux aléas de l’existence, il a joué dans neuf pays. Puis il est devenu une légende vivante en Suède. «Sur le terrain, un meneur pense toujours plus loin. Il a bien plus de chances de devenir un grand coach», note Matt Williams, impressionné par la personnalité de l’entraîneur des Lions.

«Une légende? La formule est exagérée, mais elle honore le travail que j’ai accompli là-bas», dit-il. Et de rappeler avec bonheur ses quatre titres de champion conquis avec les Södertälje Kings et ses cinq années passées à la tête de l’équipe nationale «J’aime les trophées, mais ce dont je suis le plus fier, c’est d’avoir favorisé l’essor d’une vingtaine de joueurs, aujourd’hui engagés dans de grands clubs européens. C’est une belle réussite», ajoute-t-il.

À Genève, où beaucoup ont été étonnés de le voir débarquer en été 2017, veut-il aussi passer à la postérité, marquer l’histoire du club genevois? Vedran Bosnic sourit. «Je suis naturellement ambitieux et, ici, j’ai répondu à l’appel d’un dirigeant qui me ressemble, qui a la même culture de la gagne que moi. J’aime travailler avec des gens qui en veulent, c’est la seule façon d’avancer.» Quand il parle d’Imad Fattal, il évoque à la fois «le président, le team manager et l’ami». Deux hommes sur la même longueur d’onde. «Mais c’est moi le patron de l’équipe. La pression, je me l’inflige moi-même. J’aime la pression, il suffit de bien savoir l’utiliser. Ma vie et mon histoire m’ont aguerri. Ça m’a mis à l’aise dans ma carrière de basketteur.»

Dix mois après une finale des play-off perdue logiquement contre Olympic – «et un Babacar Touré énorme», précise-t-il – Vedran Bosnic sent surtout monter la fièvre des grandes épopées. Et cela lui met l’eau à la bouche. «Le prochain trimestre s’annonce très excitant», se réjouit-il. Le début de saison, marqué déjà par deux titres (la Supercoupe contre Monthey et la Coupe de la Ligue face à Massagno), a aiguisé son appétit. Ce ne sont pas les plus prestigieux et, forcément, il en veut plus. «Mais je ne les donnerai pour rien au monde. Ils sont le reflet de ce que l’on est capable de faire, ils prouvent qu’on a réussi un bon recrutement. En fait, on est meilleur que l’an passé sur tous les plans. L’effectif, l’état d’esprit, le travail à l’entraînement. Matt n’est pas étranger à notre succès. Franchement, on a tout pour réussir. Gagner le titre, ce serait génial…» Imad Fattal l’attend depuis 2015!

«On peut les battre»

Seulement, pour cela, il faudra se coltiner Olympic et son armada, calibrée Champions League! «Oui, c’est vrai, l’équipe fribourgeoise a encore grandi en disputant la Coupe d’Europe. Seule cette compétition peut vous faire progresser autant. Et c’est une formidable vitrine. Mais attention, si on est sûr d’affronter l’équipe d’Aleksic en finale de la Coupe, il ne faudrait pas négliger d’autres équipes comme Massagno ou Neuchâtel. Le niveau de la LNA s’est aussi bonifié.» Vedran Bosnic cherche-t-il à faire diversion pour ne pas faire d’Olympic – encore dominateur (83-69) en décembre lors de leur première confrontation de la saison – une obsession ou un complexe? «De toute manière, j’ai pour habitude de ne me concentrer que sur mon équipe», rétorque-t-il.

Mais là, il ne peut pas échapper à Olympic, hôte d’un Pommier qu’il espère plein jusqu’à la gueule. Comment envisage-t-il ce choc au sommet? Comme un test grandeur nature ou l’occasion de prendre une revanche? «C’est une partie importante, cruciale pour la suite du championnat. L’emporter pourrait nous accorder un bonus psychologique, nous permettre de finir en tête du premier tour en bénéficiant ainsi d’une suite de calendrier favorable. Mais l’essentiel reste de faire notre maximum pour ne pas avoir de regret. Je déteste la défaite, surtout si on ne s’est pas donné à fond. Cela dit, si l’on joue à 100%, je suis persuadé que l’on peut les battre.»

Créé: 14.03.2019, 18h31

Patrie en jeu

Coach à succès de la Suède durant cinq ans, Vedran Bosnic s’était résolu à se concentrer sur son travail en club. «Mais deux semaines plus tard, on me proposait de reprendre en main la sélection de Bosnie-Herzégovine. C’est une offre qui ne se refusait pas. Je suis né à Sarajevo, mes racines sont là-bas. Ce poste, c’est un honneur et une fierté.» En février, la formation bosniaque a renoué avec le succès en dominant la Bulgarie 87-67. «Dans ses rangs, il y a trois espoirs talentueux de 19 ans. Qui sait, l’un d’eux viendra un jour jouer avec les Lions», suggère Bosnic. P.B.

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