Trois sœurs de Moudon s’éclatent dans la sciure

Lutte suisseBrigitte, Yolanda et Lynda Foulk pratiquent ce sport traditionnel et tordent le cou aux préjugés.

Les sœurs Foulk – Yolanda, Brigitte et Lynda – sont parvenues à faire leur place dans le monde de la lutte suisse.

Les sœurs Foulk – Yolanda, Brigitte et Lynda – sont parvenues à faire leur place dans le monde de la lutte suisse. Image: MARIUS AFFOLTER

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«Une amie m’a dit un jour que j’étais la Suisse incarnée.» À l’instar de ses deux sœurs, Lynda Foulk, 18 ans, aime les traditions. À tel point que l’apprentie cuisinière entretient et assume totalement le décalage qu’elle peut avoir avec les autres filles de son âge. Comme ses aînées Brigitte (22 ans) et Yolanda (19 ans), elle pratique la lutte, joue de l’accordéon et aime utiliser dans son langage quotidien des mots comme «poutzer» ou «panosse». «C’est vrai que nous suscitons l’étonnement quand nous expliquons notre passion pour la lutte, intervient Brigitte Foulk. Mais généralement, les réactions sont assez positives.»

Cela n’a pourtant pas toujours été le cas. «Lorsque Yolanda a voulu commencer ce sport, un président lui a clairement signifié que les filles préparaient les gâteaux et le thé, mais ne luttaient pas», se souvient Éliane, la maman des trois combattantes. Les préjugés ont parfois la dent dure.

«En arrivant au club d’Estavayer, on m’a rappelé qu’il n’y avait qu’un seul vestiaire, souligne Brigitte Foulk. Il fallait donc se changer vingt minutes avant les garçons ou après que le dernier a pris sa douche.» Finalement, les sœurs moudonnoises ont trouvé la parade en enfilant un maillot de bain sous leur tenue. «À la fin de l’entraînement, on secoue nos affaires pour enlever la sciure et on se douche à la maison», détaille l’aînée. Les trois jeunes femmes ont découvert ce milieu grâce à leur frère Xavier, lequel est le premier de la famille à avoir enfilé la culotte en toile de jute et la chemise à edelweiss.

Pas féministes

Ensuite, tout s’est enchaîné, lors de vacances en Valais, quand le trio rencontre l’ex-reine de lutte Mélisa Varone Cretton. Cette dernière leur donne le goût de ce sport de tradition. Depuis, Yolanda a remporté une quinzaine de palmes, cinq couronnes et un succès à Uezwil (Argovie). Lynda a réussi quant à elle une troisième place à la Fête fédérale des jeunes. Elle a elle aussi remporté une quinzaine de palmes et une fête chez les jeunes.

«J’ai même ramené une palme romande, alors que je combattais avec les garçons. J’en suis particulièrement fière», savoure la cadette. Et d’admettre son plaisir de battre les concurrents masculins: «J’aime les affronter parce qu’ils ne sont jamais sur la défensive. Ils disent qu’ils vont gagner et quand ce n’est pas le cas, ils ont honte d’avoir été battus par une fille.»

Mais n’allez surtout pas chercher une marque de féminisme dans leur démarche sportive. «On le fait parce qu’on aime ça. Pour le seul plaisir de lutter», précise Brigitte. «Et parce que c’est un sport peu commun», renchérit Lynda, alors que Yolanda loue l’esprit fair-play qui y règne: «Celui qui gagne doit enlever la sciure du dos de son adversaire.»

Respect alémanique

Dans ce milieu germanophone, les Romandes sont parvenues à faire leur place. Sur 150 lutteuses, une vingtaine vient de ce côté de la Sarine. «Un respect s’est installé, observe Brigitte Foulk. Nous parlons la langue de Goethe avec nos concurrentes alémaniques qui, de leur côté, font l’effort en français.» Une façon comme une autre de rapprocher les régions linguistiques autour de traditions communes.

Créé: 14.08.2019, 18h41

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