Timea Bacsinszky emportée par l’insolence d’une jeune fille pressée

TennisLa Vaudoise a laissé filer son rêve de finale. Le jour de son 20e anniversaire, Jelena Ostapenko a donné un bel échantillon de son immense potentiel.

Image: Keystone

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Timea Bacsinszky ne disputera pas la finale des Internationaux de France 2017. Deux ans après son échec en demi-finale face à Serena Williams, la Vaudoise s’est heurtée à une adversaire elle aussi surpuissante, qui signe officiellement, à Paris, son entrée parmi les futures grandes joueuses du circuit. Le jour de ses 20 ans, Jelena Ostapenko a non seulement fait preuve d’un incroyable aplomb mais elle a surtout livré un tennis explosif, qui, très bientôt, lorsqu’elle aura appris à mieux canaliser encore cette belle énergie, devrait faire d’elle l’une des terreurs du circuit. Aujourd’hui classée au 47e rang de la hiérarchie mondiale, la Lettone – qui s’est imposée 7-6 (7-4) 3-6 6-3 en 2 h 25’ – ne tardera pas, si l’on en juge par les progrès accomplis en quelques mois, à forcer la porte du top 10.

«J’ai tenté pas mal de choses. Je voulais l’amener dans un match long en lui donnant un maximum de balles différentes. Mais elle a très bien défendu sur tout ce que j’ai proposé.» A l’heure de l’analyse, Timea Bacsinszky brassait pas mal d’idées, consciente d’avoir essuyé une tempête, tout en étant restée très proche d’une possible victoire. La statistique des points gagnés est d’ailleurs éloquente: 106 pour Ostapenko contre… 105. «Un point de différence! Je pleure tout de suite ou j’attends un peu?» Oscillant entre le rire et des larmes bien compréhensibles, la Vaudoise balançait entre la frustration du moment et le bonheur d’avoir tout de même réussi un très beau tournoi.

Puissance et insolence

Bacsinszky a mis toute sa science du jeu dans cette bataille. Mais il arrive toujours un moment où les plus jolies idées finissent par se heurter à la puissance adverse.

S’appuyant sur de larges épaules et sur l’insouciance, l’insolence même, de son jeune âge, Ostapenko s’est affichée sans états d’âme. Elle a juste frappé très fort et cherché de grandes diagonales qui ont fait beaucoup courir son adversaire. Malgré le déchet relativement important qui caractérise encore son jeu, la Lettone a fini par créer des brèches impossibles à colmater. On connaît le courage de Timea. Elle a eu l’immense mérite – malgré une contracture à la cuisse droite, dès le milieu du premier set – de s’accrocher et d’entretenir l’espoir.

Un joli chèque

C’était la première confrontation entre ces deux joueuses. L’an dernier, en Chine, elles avaient partagé une expérience en double. «Elle s’est développée physiquement. Elle lit toujours très bien le jeu et sa balle est désormais très longue et beaucoup plus lourde», notait encore Timea. Si les deux fêtaient le même jour leur anniversaire, il n’y avait qu’une place disponible pour la finale, où, samedi, Ostapenko se frottera à la Roumaine Simona Halep.

Timea Bacsinszky (28 ans), elle, se consolera en partie avec le chèque de 530 000 euros promis aux perdants des demi-finales. «C’était mon meilleur Roland-Garros, assurait-elle en guise de bilan. Je suis une meilleure joueuse qu’il y a deux ans. Et je me dis que, quand on travaille de façon très professionnelle, de très belles choses peuvent encore arriver. Je peux encore évoluer, à l’image de ce que font Stan Wawrinka ou Roger Federer. J’ai énormément de plaisir à faire ce métier. Et il y a encore de belles histoires à écrire.» (TDG)

Créé: 08.06.2017, 22h23

Wawrinka va croiser un Murray revenu de nulle part

Point commun entre Rafael Nadal, Dominic Thiem et Stan Wawrinka: ils n’ont pas abandonné le moindre set depuis le début du tournoi. Surtout, les trois ont laissé jusque-là une très belle impression. L’Espagnol est énorme, l’Autrichien déménage et le Suisse semble infaillible. Les retrouver en demi-finales ne surprend donc personne. En revanche, la présence du numéro un mondial paraît presque incongrue. «Je suis un peu l’intrus», indique lui-même Andy Murray.

Finaliste l’an dernier à la porte d’Auteuil, l’Ecossais est revenu de nulle part ces dix derniers jours. «Si on m’avait proposé une place de demi-finaliste à la veille du tournoi, j’aurais sans doute signé», soulignait-il d’ailleurs après sa victoire sur Kei Nishikori. Son début d’année (blessure au coude en mars) et sa saison sur terre battue – quatre victoires seulement entre Monte-Carlo, Barcelone, Madrid et Rome – ne laissaient rien augurer de bon. En arrivant à Paris, il a donc repris le problème par la base, s’est soumis à d’importantes séances de répétitions. Il fallait passer par là. Et, sans faire de bruit, Murray a progressé dans le tableau. Il a souvent râlé, s’est beaucoup énervé, mais il a aussi retrouvé quelques bonnes sensations. Quant à savoir s’il a les moyens d’en faire beaucoup plus… «Je n’ai pas eu l’impression de jouer un très bon tennis, avouait-il après son quart de finale. Mais gagner tout de même, dans ces conditions, c’est une réelle satisfaction.»

En demi-finales 2016, face à Wawrinka, Andy Murray avait livré, selon son propre aveu, l’un des meilleurs matches de sa carrière sur terre battue. Il s’était imposé 6-4 6-2 4-6 6-2. Mais il était sans doute plus stable qu’il ne l’est aujourd’hui. Et le Vaudois n’affichait ni la même solidité ni la même confiance. Entre Genève et Paris, Stan reste sur neuf victoires consécutives. Et il n’est jamais aussi bon que lorsque les séries se prolongent.

Les deux hommes ont rendez-vous ce vendredi dès 12 h 45 sur le Central. Nadal et Thiem suivront, mais pas avant 15 h 30. Sacrée journée!

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