Bellier-Nikles: un duo qui monte et rêve de titre

TennisEn solo ou avec le TC Genève, les deux Genevois continuent leur progression. Sans rien lâcher!

Antoine Bellier et Johan Nikles font cause commune aux Interclubs et se poussent sur le circuit pour entrer dans la carrière.

Antoine Bellier et Johan Nikles font cause commune aux Interclubs et se poussent sur le circuit pour entrer dans la carrière. Image: GEORGES CABRERA

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Un vendredi du mois d’août, le parc des Eaux-Vives est un petit paradis sur terre, où l’atmosphère invite à la détente, au farniente. Le décor reste exceptionnel, digne d’une carte postale. Antoine Bellier (né en 1996) et Johan Nikles (1997) ne peuvent hélas guère en profiter. Eux qui défendent la bannière du TC Genève, engagé ce week-end dans les finales des Interclubs, foulent la terre battue pour bosser. Afin de réussir dans la carrière, les deux Genevois ne veulent et ne peuvent en effet rien laisser au hasard. «Le tennis, c’est un labeur quotidien, où il faut constamment faire preuve d’abnégation», lance le cadet. «Tu ne peux jamais te reposer sur tes lauriers, car les autres travaillent, et si tu lâches, tu perds tout, embraie son aîné. C’est une vraie course contre la montre.»

S’ils n’emmènent pas le même braquet que Fabian Cancellara, «Tonio» et «Jo» sont en revanche sur le bon chemin. En un an, ils ont tous deux gravi quelques échelons dans la hiérarchie mondiale et, mieux encore, ont eu droit à leur premier tournoi ATP, le mois dernier à Gstaad. «Une magnifique opportunité», résument-ils en chœur. Avant de chacun évoquer son cas personnel.

Bellier: le boulot en tête

Il est le plus âgé du duo, mais aussi le moins loquace. Certainement car Antoine Bellier aime travailler en silence, avancer sans faire de vagues. Mais derrière ce côté taiseux se cache un vrai appétit. Classé au 543e rang ATP, le jeune homme de bientôt 20 ans sait ce qu’il veut. Sa progression (il était 1004e il y a douze mois!) montre qu’il est dans le juste. Peut-être parce qu’il sait se dépouiller à l’entraînement, se mettre minable avec toujours en tête cette idée de repousser ses limites. De grandir – pas par la taille, vu qu’il culmine déjà à 196 cm. «J’ai tendance à croire qu’il n’y a pas de secret, résume le grand blond. Théoriquement, si tu bosses juste, tu grimpes. Je vois dans ma montée au classement la récompense de mon travail. Mais je sais que j’ai encore tout à améliorer…»

Aligné en Coupe Davis au mois de mars («J’ai donné le maximum pour ne pas passer au travers, j’ai joué comme je le voulais, même si je retournais très court»), puis demi-finaliste de trois Future au printemps, «Tonio» entend gagner en régularité. «Je sens que je maîtrise davantage de choses dans mon jeu, mais une carrière se construit en répétant les performances, pas en signant une grosse victoire de temps en temps. Il me semble que, sur un match, je peux battre un mec classé 110, mais il faut pouvoir le faire au quotidien.» Ses entraînements avec les meilleurs (Federer, Wawrinka, Monfils, Tsonga…) le poussent à remettre sans cesse l’ouvrage sur le métier. «L’exigence dont ils font preuve envers eux-mêmes est une source d’inspiration.»

Nikles: la tête au boulot

Alors que son pote a le boulot en tête, Johan Nikles veut plutôt mettre sa tête au boulot. Comprenez par là que le 843e ATP tient d’abord à soigner ses hésitations psychologiques, en évitant de se laisser rattraper par ses vieux démons, pour ensuite exprimer son meilleur tennis. Signe encourageant: en se qualifiant pour les… qualifs du Geneva Open, puis en s’alignant à Gstaad (défaite contre Youzhny), il s’est remis d’aplomb après un premier trimestre cauchemardesque, durant lequel il avait songé à ranger sa raquette.

«J’ai broyé du noir, lance «Jo». Je n’arrivais pas à gérer mes émotions, à me contenir. Cela a affecté mon jeu d’une manière impressionnante.» Il a fallu une grosse discussion avec Antony Dupuis pour que le puncheur de 170 cm relève le gant. Et la tête. «Mon coach m’est clairement rentré dedans, détaille-t-il. Ça m’a boosté. A travers les Interclubs et les prochains tournois Future (Collonge-Bellerive, Lausanne et Sion), j’ai envie de montrer que je suis là, que je peux répondre présent.» Dans l’Oberland, pour sa première épreuve ATP, il avait d’ailleurs fait étalage d’un certain potentiel. «J’étais très excité de jouer Youzhny et malgré le fait que j’aie été un peu trop «chien fou», je crois avoir réalisé une belle prestation. Je veux m’en servir pour l’avenir.»

Comme Bellier, Nikles sait que son sport se joue parfois à quelques détails. A lui, donc, de trouver les bons réglages après avoir fait évoluer son jeu de défenseur en attaquant. «C’est cela, aussi, qui a été difficile, car j’avais perdu pas mal de repères, reprend-il. Je n’avais plus les mêmes bases et ne savais plus comment me sortir des zones d’inconfort.» Le temps a fait son œuvre et l’intéressé s’est a priori remis dans le sens de la marche. Ses quarts de finale en Future, en Roumanie et en Serbie, sont encourageants. Ils constituent une sorte de bouffée d’oxygène pour son cerveau, qui bouillonne trop parfois. «A moi de poursuivre le travail mental, de m’infliger une vraie discipline sur une année entière, d’aller en profondeur, pour ensuite ne me focaliser que sur le tennis», conclut Johan. Qui sait que son bras droit n’attend que cela pour s’exprimer au mieux… (TDG)

Créé: 12.08.2016, 21h11

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Enfin l’heure du TC Genève?

Grasshopper a les faveurs de la cote, tant chez les dames que chez les hommes, mais les finales des Interclubs qui se disputent ce week-end sur les courts du Stade-Lausanne ne sont pas (encore?) dans la poche du club zurichois. Notamment car, côté masculin, le TC Genève rêve toujours de la couronne suprême.

Après avoir vogué d’échec en désillusion ces deux dernières décennies, les pensionnaires des Eaux-Vives espèrent se relever définitivement du camouflet subi l’an dernier alors qu’ils avaient quasiment le titre en main à mi-chemin de la finale, perdue contre Froburg. «Avec l’apport de Henri Laaksonen, il y a moyen de faire quelque chose, lance ainsi Johan Nikles. En 2015, on avait pris un gros coup sur la tête. Je me souviens que les trois heures de route au retour (ndlr: les finales s’étaient tenues dans la région zurichoise) avaient paru plus longues que jamais.»

Même si Lausanne est plus proche, les Genevois – qui affrontent aujourd’hui Seeblick, emmené par le Kazakh Nedovyesov en demi-finales – préféreraient sabrer le champagne en terre vaudoise que passer 60?kilomètres à ruminer.

Chez les dames, le Geneva Country Club et le TC Cologny rêvent pour leur part d’exploit. Le premier cité, qui devra en découdre dès ce matin avec l’ogre Grasshopper (lequel aligne notamment Stefanie Vögele, Karolina Pliskova, Amra Sadikovic…), devra sortir des performances d’exception pour déjouer les pronostics. Le second, qui se voit opposé à Nyon, a un vrai coup à jouer pour filer vers la finale de demain.

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