La Suisse s’installe au bord de la Volga

FootballAprès le voyage vers Togliatti, les choses sérieuses: entraînements, concentration. Il y a un Brésil -Suisse dimanche.

L’équipe de Suisse a atterri lundi à Samara. Vladimir Petkovic et ses joueurs ont ensuite rejoint leur hôtel à Togliatti après un trajet d’une heure en bus.

L’équipe de Suisse a atterri lundi à Samara. Vladimir Petkovic et ses joueurs ont ensuite rejoint leur hôtel à Togliatti après un trajet d’une heure en bus. Image: KEYSTONE

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En Russie plus qu’ailleurs peut-être, on a le sens de la mise en scène. Petite Suisse, grand honneur: peu après l’atterrissage à Samara, des camions de pompier ont copieusement arrosé l’avion de l’équipe de Suisse. La sélection helvétique, qui aura dû encore prendre un bus jusqu’à Togliatti (50 kilomètres), a choisi le repaire le plus à l’est des 32 pays qualifiés pour cette Coupe du monde. Avec une vue directe sur la majestueuse Volga, le plus grand fleuve d’Europe (près de 3700 km), il y a de quoi être inspiré.

L’inspiration, c’est bien l’idée qui doit guider l’équipe durant ce Mondial. Elle est maintenant installée dans ses quartiers et peut penser au match de dimanche contre le Brésil. En tout cas, elle n’a pas été dérangée par les supporters suisses à l’aéroport de Kloten. Il y avait pourtant une silhouette connue qui se détachait. Un Suisse. Immense. Par la taille en tout cas. Mais qui ne joue plus: Pascal Zuberbühler. Il porte encore beau, il est désormais spécialiste du développement pour les gardiens auprès de la FIFA. Il ne s’envole pas pour Samara, mais pour Moscou. «Le match d’ouverture et après je vadrouille partout, j’ai 19 vols au programme, lance-t-il. Mais je serai bien sûr présent pour les rencontres de l’équipe de Suisse, à commencer par celle de dimanche contre le Brésil. Je serai à Rostov-sur-le-Don.» En croisant les doigts pour que Sommer ne s’emmêle pas les siens, parole d’expert. Après tout, si l’on en croit la statistique, «Zubi» est le meilleur portier de l’histoire du Mondial: quatre matches, aucun but encaissé en 2006, l’élimination en 8es de finales n’ayant eu lieu qu’aux tirs au but, après un 0-0 sur 120 minutes.

Il faut se méfier de ces raccourcis. Mesurée à l’aune de la statistique pure, la cote de l’équipe de Suisse est très haute. Une sixième place au classement FIFA, mieux que la France par exemple: forte de son nul contre l’Espagne, la sélection helvétique devrait tenir le coup face au Brésil et déclasser la Serbie et le Costa Rica ensuite. À Kloten, le regard dans le vague, Xherdan Shaqiri est sagement plus prudent, il ne se projette pas aussi loin. On lui montre cette photo d’une cordonnerie qui porte son nom: il sourit. «Il y a beaucoup de Shaqiri en Suisse», glisse-t-il. Et à Liverpool? «Ça, je ne sais pas», s’amuse-t-il, lui que certains annoncent à Anfield Road. Mais pas Dzemaili: «Pour Xherdan, demande à Lulu (ndlr: Lucien Favre, entraîneur de Dortmund)», nous glisse-t-il en souriant. Pas de quoi dissiper cette sérénité qui enveloppe la sélection.

Résultat déroutant

Ou alors il faudrait quelque chose de cocasse. Les internationaux ont été servis. Après avoir rejoint la porte D43, où la compagnie Swiss avait déroulé un petit tapis rouge, ils sont tous montés dans l’avion. Mondial oblige, Swiss avait placé des appuie-têtes spéciaux avec des phrases d’encouragement dans toutes les langues nationales: en allemand, en français, en italien, en romanche. Mais aussi en anglais et en schwyzerdütsch. Franchement, si l’effort était louable, le résultat est… déroutant. Pour le message en français, cela donne ça: «Allez les Suisse! Je vouz souhaite le meilleur!» Deux grosses fautes sur huit mots: ça fait tache. En Italien? «FORZA RAGAZZI, buona fortuna in Russia»: pourquoi pas. Sauf qu’en italien, on ne souhaite pas bonne chance ainsi, cela porte malheur.

En secteur business, les joueurs ont toutefois pu disposer des quatre heures de vol pour penser au Mondial. Vraiment? Il en est un qui a quitté l’avant de l’avion depuis un petit moment déjà et qui est en classe éco maintenant: Benjamin Huggel, ex-international, nouveau consultant pour la TV suisse allemande. «Je ne crois pas qu’ils pensent déjà au Mondial à proprement parler. Non, je suis plutôt à me dire que les joueurs songent à l’hôtel, à la qualité du réseau wi-fi qui sera à disposition, au confort de la chambre et à la situation en ville. Je me souviens de 2010 en Afrique du Sud: nous étions cloîtrés dans un parc fermé, loin de tout, sans rien, c’était pesant et en plus il faisait froid la nuit.» Cela n’avait pourtant pas empêché les Suisses de battre l’Espagne lors du premier match.

À Togliatti, au bord de la Volga, pas de sentiment d’enfermement. L’exploit vain de 2010 (pas de qualification en huitième de finale malgré cette entame) n’obsède même pas les Suisses. Ils ont l’air calmes, sûrs d’eux. Et pas plus effrayés que ça par le Brésil. On saura dimanche si c’était bon signe ou pas.

Créé: 11.06.2018, 22h19

Le programme jusqu’à dimanche

Mardi
Entraînement ouvert au public à 18 heures. Les Suisses s’exercent sur le stade du Torpedo, qui appartient au FK Lada Togliatti. La grande usine de la marque de voiture était flamboyante à l’époque avec 150 000 employés au plus fort de l’ère soviétique.
Mercredi
Entraînement à 11 h 30. On ne peut voir que les quinze premières minutes durant lesquelles les joueurs s’échauffent sur la pelouse fraîchement refaite.
Jeudi
Une séance à 11 h 30. Comme la veille, seules les quinze premières minutes sont ouvertes aux médias.
Vendredi
Un entraînement à 10 h 30, 15 minutes pour la presse, pas plus. Et ensuite, dès 17 h 10, envol pour Rostov-sur-le-Don, le lieu où se joue le Brésil - Suisse de dimanche.
Samedi
Conférence de presse traditionnelle de la veille du match, à 15 heures. Entraînement sur la pelouse du stade à 15 h 30.
Dimanche
C’est le jour de Brésil - Suisse. Un réveil musculaire le matin, une balade en groupe, une théorie et une collation en fin d’après-midi. Ensuite, les Suisses quitteront leur hôtel de Rostov pour le stade. Coup d’envoi à 21 h, heure de Rostov qui a une heure d’avance sur la Suisse.

En revanche, pour tout ce qui se passe à Togliatti, les Suisses ont 2 heures d’avance sur le pays. D.V.

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