La Suisse compte sur Lara Gut-Behrami pour la mettre d’emblée sur les bons rails

Ski alpinIl manque toujours un titre à la Tessinoise, qui sera au départ du super-G ce mardi pour le coup d’envoi des Mondiaux d'Are.

Libérée de la pression inhérente à un statut de favorite, Lara Gut-Behrami compte bien surprendre son monde à Åre.

Libérée de la pression inhérente à un statut de favorite, Lara Gut-Behrami compte bien surprendre son monde à Åre. Image: Keystone

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Elle a débarqué en Suède avec le sourire et cet air détaché qu’elle affiche depuis qu’elle est mariée. Faut-il y voir le signe d’une grande sérénité? Mine de rien, cela fait déjà dix ans que la skieuse de Comano roule sa bosse sur le cirque blanc. Lara Gut-Behrami, qui a pratiquement tout connu dans sa carrière, disputera à Åre ses sixièmes championnats du monde. À 27 ans, la Tessinoise, qui n’était encore qu’une adolescente quand elle a remporté ses premières médailles, en 2009 à Val d’Isère, possède aujourd’hui ce petit truc en plus, indispensable lors des grands événements: cela s’appelle l’expérience.

Si elle n’a pas toujours été très à l’aise cet hiver, loin s’en faut, qu’elle n’a pas souvent brillé par le passé sur cette piste d’Åre (une 5e place en super-G en 2011 et une 3e en géant en 2014), cela reste une course d’un jour où elle est toujours capable de se surpasser. Qui plus est dans un super-G, sa discipline de prédilection, celle qu’elle affectionne tant. C’est d’ailleurs dans sa spécialité, grâce à son instinct du ski, qu’elle a obtenu ses deux seuls podiums cette saison: à Saint-Moritz, sur sa piste fétiche, derrière l’insatiable Mikaela Schiffrin, puis il y a dix jours à Garmisch, derrière Nicole Schmidhofer et Sofia Goggia.

Le souvenir de Saint-Moritz

Comme ce fut déjà le cas il y a deux ans à Saint-Moritz, où elle avait récolté du bronze lors de la première épreuve, déclenchant ensuite une razzia, c’est – sans offenser Corinne Suter, Wendy Holdener et Jasmine Flury – surtout elle qui aura donc encore la lourde tâche, ce mardi midi, de placer d’emblée l’équipe de Suisse sur les bons rails. Lara Gut-Behrami rêve d’aller chercher cette première médaille si importante.

La Tessinoise est prête à mettre la gomme. «Je me réjouis. J’ai l’impression de participer à mes premiers Mondiaux. Ce n’est pas parce qu’aujourd’hui cela fonctionne moins bien que je me permets de relativiser, mais je peux me reconstruire en me rappelant que j’ai déjà connu le succès par le passé. Il est donc inutile de paniquer. Je sais que je peux rapidement retrouver mes repères, ce que j’ai toujours su faire. Je n’ai pas oublié comment il fallait faire pour skier vite.» Pour cela, il faudra limiter les drifts entre les portes.

Toujours est-il que, libérée de la pression inhérente à un rôle de favorite, la Luganaise d’adoption est capable de se surpasser. Et si elle décrochait enfin le Graal, un titre de championne du monde, elle qui court toujours après sa première consécration lors d’un grand événement?

«C’est le bon moment»

«Je vais vous dire un truc: à chaque fois que je monte dans un portillon de départ, je me dis que c’est le bon moment, sourit Lara Gut-Behrami. Quand je m’entraîne, je me dis aussi que c’est le bon moment pour retrouver mes meilleurs virages. Chaque jour je me répète, comme toutes mes adversaires, que c’est le bon moment.» Victorieuse des deux super-G de l’hiver, Mikaela Shiffrin sera la grande favorite. Il faudra aussi compter avec les Autrichiennes Ramona Siebenhofer et Nicole Schmidhofer, sans oublier Tina Weirather, Sofia Goggia, Ilka Stuhec et Ragnhild Mowinckel.

«Même si elle n’est pas au niveau où elle devrait être cette saison, Lara Gut-Behrami est capable, mentalement, de libérer d’emblée notre nation», estime Patrice Morisod, l’ex-entraîneur de Didier Cuche et de Didier Défago, aujourd’hui consultant à la RTS. Des mots qui font sourire une Tessinoise à qui il ne manque qu’un titre pour embellir encore un peu plus sa belle histoire. (TDG)

Créé: 04.02.2019, 22h32

Cinq Mondiaux, cinq médailles

2009 À Val-d’Isère, ses premiers Mondiaux, une découverte. Lara Gut est repartie de Tarentaise avec deux médailles d’argent (descente et super-combiné).

2011 À Garmisch, elle termine deux fois 4e. «Je revenais de blessure.»

2013 À Schladming. «Après avoir changé de matériel, je voulais de nouveau être rapide et je termine en argent dans le super-G.»

2015 À Beaver Creek. «J’adorais cette piste et je pensais que j’allais tout déchirer.» Elle doit se contenter du bronze en descente.

2017 À Saint-Moritz. «À en croire les médias, j’avais l’impression que ce serait simple de gagner.» Elle décrochera du bronze dans le super-G avant de se blesser au genou à l’échauffement du slalom du super-combiné.

Lindsey Vonn, un dernier super-G pour adoucir l’amertume

Un chiffre tournait en boucle dans sa tête. «86, 86, 86…» La marque d’Ingemar Stenmark, record a priori intouchable du nombre de victoires en Coupe du monde. Pour lui, Lindsey Vonn était prête à braver tous les interdits, à commencer par ceux imposés par son corps en souffrance. «Les deux dernières semaines ont été les plus intenses de ma vie, émotionnellement parlant, explique l’Américaine. J’ai lutté avec mon cœur pour repousser mes limites physiologiques, mais impossible d’aller plus loin. Ces Mondiaux seront les dernières courses de ma carrière.»

Lindsey Vonn restera bloquée pour l’éternité à 82 victoires en Coupe du monde. Cette satanée dernière saison aura imprimé un souvenir amer. De ce corps – «il hurle STOP et il est temps pour moi de l’entendre» – qui ne lui offrit aucun répit; de cette retraite, contrainte et anticipée. À moins que mardi, lors du super-G, ou dimanche pour son ultime sortie en descente, un dernier coup d’éclat lui redonne le sourire – à considérer son niveau actuel, c’est hautement improbable. Non, ce sont des adieux polis, le cœur serré, loin de sa gloire d’antan, qui l’attendent vraisemblablement. «Peu importe ce qu’il arrive à Åre, j’aimerais que vous racontiez l’histoire d’une femme qui a accompli ce que personne n’avait accompli avant elle, plaide Vonn. Et que vous ne reteniez pas l’échec de cette dernière saison.» Ce ne sera alors que lui rendre justice: 82 victoires en Coupe du monde, donc, mais aussi 20 globes de cristal, 3 médailles olympiques, 7 médailles mondiales; et surtout une incroyable force de caractère, sublimée dans l’adversité. Promis, c’est ça qu’on retiendra.

Florian Müller, à Åre

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