La Patrouille, Déborah Chiarello y va pour déplacer des montagnes

Ski alpinismeLa Genevoise de 22 ans visera, avec Swiss Team espoir, un succès dans la «petite» épreuve valaisanne. Portrait d’une ambitieuse

Déborah Chiarello, championne de suisse du sprint, s’attaque avec ambition à sa deuxième «petite» Patrouille des Glaciers.

Déborah Chiarello, championne de suisse du sprint, s’attaque avec ambition à sa deuxième «petite» Patrouille des Glaciers. Image: DR

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Quand on plonge dans le regard vif et téméraire de Déborah Chiarello, il y a de l’espièglerie, de la malice. On devine vite cette volonté de faire monter l’adrénaline toujours plus haut et cette envie constante de pousser la «machine» à la limite du vertige.

«Qui veut déplacer une montagne commence par des petites pierres», cite la Genevoise de 22 ans. «Très persévérante», elle a fait de cette devise son leitmotiv. «Parce que j’ai commencé avec rien du tout pour arriver gentiment à de grandes choses», sourit-elle, bien décidée, samedi entre Arolla et Verbier, «à descendre sous les quatre heures» lors de la Patrouille des Glaciers.

Avec Swiss Team espoir et ses coéquipières de l’équipe nationale, les Neuchâteloises Marianne Fatton et Florence Buchs, la championne suisse du sprint s’attaque à sa deuxième édition: une petite pour la route, la dernière. «Je l’avais disputée il y a deux ans, pour le plaisir, avec des copines. Le but était surtout d’arriver au bout. Cette fois-ci, c’est différent, on part avec des ambitions.» En Valais, elles viseront la victoire et rien d’autre. Dans deux ans, elles passeront sur la grande Patrouille, depuis Zermatt. C’est inscrit sur son carnet de route.

Une citadine en exil

«Cette saison, cela s’est moyennement bien passé pour moi, regrette-elle. J’espérais mieux après mon titre suisse au sprint. Mais il y a eu des courses annulées et un peu de malchance. Je me réjouis de terminer en beauté avec cette Patrouille, c’est l’objectif de l’année.»

Partie il y a huit ans de Genève, à la fin de sa scolarité obligatoire, pour perfectionner son allemand à Brigue avant de poursuivre ses études à l’Université de Fribourg, cette fille volontaire termine actuellement son bachelor en histoire et sport, avant de songer au master. Mais comment une citadine qui a grandi dans la Cité de Calvin se retrouve-t-elle parachutée dans cette aventure sac à dos, avec une pelle, une sonde, une couverture de survie, à disputer une course militaire? «Je suis quelqu’un qui aime la nature, découvrir de nouveaux paysages avec des skis de randonnée. Mais j’aime aussi la compétition et l’aspect ludique de ce sport physique, technique et tactique où il s’agit d’être intelligente pour ne pas se mettre en danger.»

Si ses parents lui ont mis pour la première fois des peaux de phoque sous les skis à l’âge de trois ans, c’est en 2015 que Déborah Chiarello est sélectionnée dans les cadres régionaux et nationaux. Plus rien ne l’arrête. Dotée d’un «caractère assez dur», la jeune femme du Team Genève possède toutes les qualités requises pour gravir des sommets. «Les conditions climatiques sont souvent très difficiles avec le froid et des neiges différentes à skier où il est important de savoir se débrouiller partout, renchérit la championne. Il faut être endurante pour la montée, rapide et techniquement à l’aise en descente pour ne pas perdre trop de temps, le tout avec de l’assurance dans les pieds.» Ce sont toutes les qualités d’une bonne skieuse alpiniste telle que Déborah Chiarello, habituée à se battre au plus haut niveau avec les Italiennes, les Françaises et les Suissesses, dominatrices de ce sport en pleine ascension.

Bientôt aux Jeux?

«Il y a chaque année de plus en plus de participants aux courses de ski-alpinisme. En outre, il y a plus en plus de jeunes dans les cadres régionaux. Nous sommes sur la bonne voie.» La fédération internationale envisage même d’intégrer bientôt la famille olympique. «À la fin de l’an dernier, une Coupe du monde a été organisée en Chine. Je sais qu’il y a eu des discussions pour être au programme de Pékin 2020, mais je pense plutôt que ce sera pour 2026.» À Sion? Pour la Genevoise, ce serait un rêve.

Spécialiste du sprint

En attendant, le ski-alpinisme sera, pour la première fois, au programme des Jeux de la jeunesse en 2020 à Villars. «Je serai malheureusement trop âgée pour y participer, regrette Déborah. En revanche, il y aura aussi des Mondiaux dans la station vaudoise l’an prochain et là, à la maison, ce sera aussi un gros objectif.» Elle s’est déjà réglée sur l’or d’hiver en sprint, c’est sa spécialité. «On est six sur une ligne. Il y a du plat, de la montée, de la conversion, du portage, des changements de peaux et des descentes. C’est trois à quatre minutes très spectaculaires.» Comme à la Patrouille, elle ira pour déplacer des montagnes. Il y a aussi beaucoup de conviction dans sa voix…

Créé: 16.04.2018, 21h37

Carte d'identité

Nom:
Chiarello
Prénom: Déborah
Née le
19 octobre 1995 à Genève
Club:
Club alpin suisse
Domiciliée à
Guttet (VS)
Palmarès
Championne suisse de sprint.
Victorieuse de la 70e édition des Trophées du Muveran.
Cette saison
Victorieuse de la Patrouille de la Maya, Italie.
2e (1re en M23) du sprint
du Rosa Ski Raid (Italie).
4e (2e M23) individuel du Rosa Ski Raid (Italie).
9e (5e M23) à Madonna (Italie/Coupe du monde).

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