Spectaculaires, innovants ou futuristes, les sols intelligents stimulent l’imaginaire

TechnologieDu marquage distinctif à la vidéo, les salles de sport s’animent et promettent un avenir ultraconnecté.

Des sols connectés comme il en existe en Allemagne ou aux États-Unis pourraient se démocratiser en Suisse dans les 10 à 15 ans.

Des sols connectés comme il en existe en Allemagne ou aux États-Unis pourraient se démocratiser en Suisse dans les 10 à 15 ans. Image: ASB GLASSFLOOR

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Bientôt, vous ne regarderez plus le sol de votre salle de sport de la même façon. Les lignes multicolores de basket, de volley, de handball, ou de badminton qui se croisent, semant parfois la confusion, pourraient disparaître dans les dix à quinze prochaines années. Car l’avenir appartient aux salles intelligentes. Dans certaines d’entre elles aux États-Unis et en Allemagne, il est déjà possible de déterminer quelles lignes distinctives doivent s’illuminer.

En équipant les sols de capteurs et de LED, de nombreuses applications sont ainsi réalisables. Comme le calcul des pressions au sol ou de la vitesse. Des indications intéressantes en premier lieu pour les entraîneurs. Mais les progrès dans ce domaine sont tels que certains sports pourraient même être entièrement arbitrés de façon autonome grâce à cette technologie. Sans parler des projections spectaculaires qui animent les sols des arènes nord-américaines. Nos salles de gym sont sur le point de vivre une vraie révolution.


Le court de tennis de demain

Imaginez un court de tennis, entièrement connecté, où chaque impact laisse l’espace de quelques secondes une trace lumineuse au sol. La balle est-elle sur la ligne ou est-elle sortie? La question des points litigieux ne se pose plus, puisque la réponse apparaît en temps réel, directement sur le terrain. Mieux, chaque point inscrit est simultanément comptabilisé sur un écran géant. La présence d’un arbitre devient alors superflue, puisque le système distingue quel joueur a marqué le point. Cette vision, l’entreprise Technis a tenté de la concrétiser pendant un an. «Nous n’avons finalement pas abouti, regrette Wiktor Bourée, CEO de la société basée à Lausanne, dans le cadre du congrès SportCity. Car connecter un court de tennis signifie équiper entre 200 m2 et 660 m2, ce qui est très compliqué pour une start-up.» Désormais, Technis se concentre sur des tapis qui comptabilisent les flux humains en temps réel. Un exemple? «Après 100 passages devant les sanitaires, l’agent de propreté reçoit une notification», explique le CEO de Technis. Le produit peut également s’appliquer dans le secteur de la santé. Notamment avec les aînés, puisque les sols connectés peuvent distinguer une chute et avertir le personnel soignant.

Concernant les terrains de sport, Wiktor Bourée estime que ces technologies ont un réel potentiel. «Nous avons réalisé un sondage qui montre que les joueurs de tennis sont prêts à payer 80 francs l’heure sur un terrain connecté au lieu de 30 francs sur un court conventionnel.»


Technologie sur toute la ligne

Si les courts connectés ne sont pas encore une réalité, des salles de gymnastique en Allemagne et outre-Atlantique sont équipées d’un système assez séduisant. Celui des sols en verre, sous lesquels sont tirés des tubes en LED, permettant de marquer les terrains de différents sports. Le système est pratique. Il suffit de sélectionner une activité sur un tableau pour que les lignes s’illuminent.

Ingénieux, mais qu’en est-il de la rigidité de la structure? Selon le fabricant allemand ASB, la souplesse de ces sols est plus élevée que la plupart des revêtements en bois. «Il s’agit effectivement d’une surface en verre déposée sur un plancher souple, atteste Jonathan Burgy, directeur commercial de Realsport, société spécialisée dans les terrains sportifs. Je l’ai testée et je trouve le revêtement plus abrasif qu’un sol en parquet ou en résine.» L’aspect visuel novateur et le côté high-tech du système se heurtent pourtant à un argument couperet: le prix. «L’investissement est conséquent, estime Olivier Swysen, architecte et responsable des équipements sportifs à l’État de Vaud. Pour une salle triple, un sol traditionnel haut de gamme coûte environ 150 000 francs. Alors qu’il faut débourser 750 000 francs pour un sol intelligent.»


La Suisse n’est pas prête

En Suisse, les salles de gym sont généralement financées par les communes ou par les cantons. Les utilisateurs principaux sont les écoles et les sociétés locales, dont les budgets sont limités. Ce n’est donc pas demain que l’on verra ce type de terrains à lignes variables. À moins que les prix ne se démocratisent de façon spectaculaire. «J’adore tout ce qui est connecté, mais il faut qu’il y ait un gain au bout du compte, estime Jonathan Burgy. Actuellement, les seuls bénéficiaires sont la télévision et le public pour lesquels le confort visuel est avéré. Un joueur de basket ou de handball connaît parfaitement les dimensions de son terrain. Les lignes des autres sports ne le gênent donc pas. Sans compter que le système Glassfloor d’ASB comporte des jointures (ndlr: sur chaque rectangle de verre de 2 x 3 m, formant la surface) bien visibles.»


Le show pour attirer les foules

Pour imaginer ce que seront les terrains connectés de demain, il convient de diriger le regard vers les États-Unis. Les franchises de NBA (basket) ou de NHL (hockey) assurent le spectacle avant, pendant et après les matches, grâce au «video mapping». Le concept consiste à projeter des images sur le terrain. Ce dernier devient alors un véritable écran géant horizontal. Chaque projecteur (certains shows en utilisent douze) produit 26 000 lumens. Soit la puissance de 2600 ampoules à incandescence. À Cleveland (Ohio), le spectacle des Cavaliers (NBA) nécessite 500 heures de travail. Les équipes dépensent ainsi jusqu’à 1 million de dollars en light show et effets spéciaux, chaque saison. À ce tarif, les clubs pourraient disposer de leur propre installation, selon le site athleticbusiness.com. Il faut dire que les coûts diminuent drastiquement.

«Certaines technologies sont aujourd’hui 20 fois, voire 100 fois moins onéreuses qu’il y a quinze ans», observe Wiktor Bourée. Pour Olivier Swysen, les possibilités sont énormes en termes de développement dans ce domaine. «Nous n’en sommes qu’aux balbutiements, assure l’architecte. Je vois l’avenir des salles avec des sols entièrement en LED. La technologie existe, mais les coûts sont là aussi encore trop élevés. Pour l’instant, ce type d’installations se destine uniquement au sport spectacle.» (TDG)

Créé: 13.03.2018, 22h29

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