Yassin Maouche adore tant ce ballon devenu l’amour de sa vie

Football Le jeune Servettien s’affirme à chacune de ses apparitions dans un groupe aussi ambitieux que lui et qui rêve d’exploit, dimanche contre Zurich.

Yassin Maouche, 19 ans, prend ses marques et poursuit sa progression avec Servette.

Yassin Maouche, 19 ans, prend ses marques et poursuit sa progression avec Servette. Image: KEYSTONE

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

La première fois qu’il l’a serré fort contre lui, son cœur s’est mis à battre la chamade. Alors qu’il savait à peine marcher, le petit garçon a su tout de suite que ce cadeau-là, son plus beau jouet, ce serait «l’amour de sa vie». D’autres rêvaient de garage avec des voitures, de petits soldats ou d’un fusil laser pour anéantir les aliens, lui, c’était ce ballon qu’il voulait. Yassin Maouche a 19 ans aujourd’hui et c’est toujours l’objet qui le rend si épanoui.

Quand il se retrouve sur un terrain, avec son «doudou» dans les pieds, son visage s’illumine. Fan de Zidane, il rayonne. Il bourdonne même lorsqu’il s’envole vers la cage avec l’intention de tuer cette araignée logée dans la lucarne. Titularisé à neuf reprises avec Servette depuis le début de la saison, ce Franco-Algérien, issu des juniors du club, s’affirme à chacune de ses apparitions. «Il nous apporte sa jeunesse, avec surtout des bonnes choses ces derniers temps», se réjouit son entraîneur. Anthony Braizat apprécie son volume de jeu et sa grosse agressivité assortie d’une belle débauche d’énergie.

Droit au but

«Il a surtout progressé quand il entre en possession du ballon, renchérit le coach. Même s’il le porte parfois un peu trop, quand il l’a dans les pieds il sait toujours en faire un bon usage. Qu’il continue ainsi, en prenant de plus de plus de responsabilités.» Son «boss» ne cache pas aussi qu’il aime quand Yassin part plein d’abnégation, droit au but, «qu’il arrive, par un dribble ou deux, à éliminer deux à trois joueurs, à gagner une ligne et qu’il tire après 20-25 m de conduite».

C’est Zinedine Zidane, son modèle, qui l’a inspiré. «J’ai regardé des vidéos de lui sur Internet et j’ai été attiré par son élégance, son aisance technique.» Mais c’est surtout son père, Abdelhadi, qui l’a plongé dans le bain. «Je suis issu d’une famille où tout le monde jouait, raconte le frère de Mohamed, lequel évolue à Tours, en L2 française. C’est notre père qui nous a inculqué cette culture. Après, cela m’a paru une évidence.»

Toujours souriant, ce jeune homme talentueux, joyeux et ambitieux, est en train de vivre un rêve de gosse: devenir footballeur. «J’ai fait le maximum pour que cela se concrétise», précise le citoyen de Collonges-sous-Salève, qui a fini son bac, en France, avant de signer un contrat avec les pros. «Durant ma période de formation, j’ai connu des moments difficiles, mais je ne me suis jamais plaint, confie Yassin. Comme j’habite du côté français, les journées étaient bien longues entre les cours au lycée et les entraînements à Balexert. Mais au final, j’ai atteint mon objectif.»

Quand il veut quelque chose, ce Servettien sérieux et déterminé ne lâche rien. Volontaire, ce lion né un 23 juillet est très reconnaissant des valeurs transmises dans son enfance. «Je pars à la conquête de la fierté de mes parents, sourit celui pour qui la famille est primordiale. Il ne faut jamais oublier d’où on vient, renchérit Yassin. Je veux leur rendre ce qu’ils m’ont donné.» Il tient à ajouter ses entraîneurs, Massimo Lombardo qu’il a côtoyé en M18 lors du titre de champion de Suisse et son coach actuel qui lui fait confiance.

Repousser les limites

«Mon côté caractériel me joue parfois des tours mais il m’a aussi aidé à avancer, sourit ce milieu entier qui abhorre tellement la défaite. A vrai dire, mon but est de repousser constamment mes limites afin d’atteindre le meilleur niveau.» Face à un FC Zurich toujours invaincu, c’est un Maouche costaud qu’il faudra ce dimanche au Stade de Genève pour que Servette relève le défi. «Même si on affronte une équipe quasi de Super League, on possède aussi un bon groupe. A nous de prendre un maximum de plaisir sur le terrain comme lors de nos dernières sorties avec l’ambition de réussir un bon résultat.»

Ce sera aussi l’occasion pour lui, qui rêve un jour «d’évoluer le plus haut possible dans de gros matches», de se mettre en vitrine. «Je suis conscient que des gens me regardent mais je dois surtout penser à ce que je fais sur le terrain pour être régulier dans mes performances. Je veux m’installer durablement dans l’équipe tout en essayant d’être décisif par un but ou une passe.» A lui de rendre encore plus beau ce ballon, l’amour de sa vie…

(TDG)

Créé: 19.11.2016, 11h59

Articles en relation

Le Servette FC veut faire tomber le leader

Football Le FC Zurich, invaincu en quatorze matches, débarque dimanche après-midi au Stade de Genève. Les Genevois rêvent d'un exploit. Plus...

Aeby: «Un entraîneur doit accepter de s’exposer»

Football L’actuel coach du Lancy FC connaît de nouveaux succès, mais plus que jamais il prône l’humilité. Plus...

L’Argentine a trouvé son Messi(e)

Au cœur de l’actualité Football: l'international argentin s'est illustré sur le terrain face à la Colombie avant de s'en prendre à la presse de son pays. Plus...

Derdiyok marque des points et maintient la Suisse au sommet

Football La sélection nationale a poursuivi son sans-faute en battant les îles Féroé, hier soir à Lucerne (2-0) Plus...

En direct des vestiaires

L’affiche Servette (4e/20 points) reçoit le FC Zurich (1er/36 points), qui en quatorze parties de Challenge League n’a toujours pas connu la défaite. Coup d’envoi dimanche au Stade de Genève à 15 heures.

L’effectif Si Miguel Rodrigues est bientôt à disposition d’Anthony Braizat, le coach sera aussi privé de Marco Delley, de William Le Pogam (il devrait retrouver le groupe dimanche prochain à Baulmes pour affronter Le Mont) et de Liassine Cadamuro (suspendu). Il enregistre le retour d’Hugo Fargues.

Le mot d’Anthony Braizat «La dernière fois qu’on pensait mettre Zurich en difficulté, on en avait pris trois. Alors on avance avec beaucoup d’humilité!»

Le mot d’Uli Forte (Zurich) «J’ai rappelé à mes joueurs que lorsque j’étais entraîneur de Grasshopper, en 2012, nous étions en tête avec huit victoires de suite et nous avions perdu 2-0 contre Servette qui était dernier de Super League. Alors prudence!» C.MA.





Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Brexit: Theresa May à Bruxelles
Plus...