Xamax et Servette face à la loi du dernier quart d’heure

FootballLes Neuchâtelois sont intenables dans le «money time». Servette en sait quelque chose. À méditer avant le choc de lundi soir.

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À force, la curiosité n’en est plus une et la pirouette qui balaie toute analyse est un tropisme trompeur: non, il ne suffit pas de dire que Xamax est verni, qu’il ne doit son rang de leader qu’à une chance insolente qui lui permet de faire tourner les matches dans le dernier quart d’heure, voire dans les ultimes secondes. Pour répéter la performance depuis le début de la saison, pour avoir justement par deux fois déjà fait la démonstration de cet art-là face à Servette, les Neuchâtelois ont surtout des ressources qui font cruellement défaut aux Genevois. Jusque-là.

C’est de cette force mentale qu’il a été question dans les rangs grenat lors de la préparation hivernale. De ce supplément d’âme indispensable quand on vise haut. Une promotion, c’est une aventure collective et c’est en équipe que Servette doit apprendre à répondre présent.

«C’est capital, explique Alexandre Rey, qui a joué dans les deux clubs. Et c’est un cercle vertueux: avec un mental fort, tu y crois jusqu’au bout et tu t’offres la possibilité de l’exploit. Qui te conforte et te renforce dans ta force mentale.» Ici, pas tant de chance ou de hasard que ça. Les statistiques racontent une vérité qui se trame derrière ces victoires.

Des stats édifiantes

Si l’on fait un gros plan sur tous les derniers quarts d’heure disputés par Xamax et Servette depuis le début de la saison, le résultat est édifiant.

Xamax a inscrit au total 13 buts dans le «money time» (de la 75e aux arrêts de jeu), il n’en a encaissé que 2 seulement. Et au total, les Neuchâtelois ont gagné 14 points dans le dernier quart d’heure.

Servette a marqué seulement 6 buts durant l’ultime quart d’heure de ses matches et il en a concédé 9. Au total des points gagnés et égarés pendant les quinze dernières minutes, les Grenat ont perdu 4 points.

Il n’y a pas photo entre les performances des deux équipes dans ces moments de vérité que sont les fins de rencontre. À l’image des deux derbies qui ont déjà eu lieu, Xamax est fort là où Servette est fébrile. Et cela tient sans doute moins au physique qu’au mental. Nonobstant la dose de réussite.

Un manque de leadership

«Mais au-delà de la chance, de la tactique, du physique, de la technique, le mental est bien sûr essentiel, assure Eddy Barea, un autre joueur à avoir connu les deux clubs. C’est certainement ce qui porte Xamax. Et par expérience, les meilleures saisons sont souvent celles où l’ambiance dans le groupe est excellente. Après, c’est toujours l’histoire de la poule et de l’œuf: l’ambiance est-elle excellente parce que les résultats sont là, ou est-ce parce qu’elle est bonne que les résultats suivent…? Mais au fond, la force de Xamax est là, dans un groupe qui se connaît depuis longtemps. A contrario, j’ai été frappé par le manque de leadership à Servette. J’ai l’impression qu’il n’y a pas de chef sur le terrain, ou pas d’épine dorsale. Pas de reprise en main quand les choses commencent à tourner mal. Par exemple, un Sébastien Fournier ne permettait à personne de se relâcher. Or, actuellement, je ne vois pas de taulier à Servette. Ce qui explique peut-être la fébrilité que l’on observe parfois.»

Ce déficit, Servette semble le payer cash. Une fatalité? Ou les Grenat peuvent-ils se réveiller en prédateurs, avec des leaders et un moral d’acier? «J’ai plutôt le sentiment que le leadership, c’est quelque chose d’inné, lance Barea. Mais il faut faire corps, oui.» «Il faut que les joueurs se montrent réceptifs, solidaires, dit Rey. Pour former un groupe homogène.»

Servette est au pied du mur. L’exemple à suivre, mentalement, c’est Xamax. Un modèle à dépasser, en vrai. La victoire arrachée lundi soir à Schaffhouse (0-1, 85e), «à la neuchâteloise», lui rappelle les bienfaits des vertus mentales. Les Grenat ont encore quelques jours, avant ce lundi soir si décisif à Neuchâtel. L’écart entre les deux clubs tient peut-être à peu de chose au regard de l’infographie ci-dessus. Mais comme on dit, si près, si loin…

Aux Servettiens de faire mentir l’adage. Cela passe bien sûr par un succès contre Xamax. Pour commencer. (nxp)

Créé: 15.02.2018, 17h15

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