«On vise deux jeunes par an intégrés chez les pros»

FootballRencontre avec Laurent Papillon, le nouveau directeur technique du centre de formation du Servette FC. Projets, perspectives…

Laurent Papillon a beaucoup voyagé dans sur la planète foot. Il est désormais à la tête de l’académie grenat.

Laurent Papillon a beaucoup voyagé dans sur la planète foot. Il est désormais à la tête de l’académie grenat. Image: Steeve Iuncker-Gomez

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La pépinière du Servette FC est un lieu important. Genève a appris à travailler intelligemment, partant de la base pour arriver au sommet sur un schéma pyramidal, dont l’apex doit justement être Servette et son équipe professionnelle. Alors oui, le centre de formation grenat doit être performant. Il l’est d’ailleurs: l’académie genevoise rivalise avec Bâle notamment dans le nombre de jeunes footballeurs fournis aux sélections suisses juniors. Mais dans un souci de progression continue, Servette veut s’améliorer encore. Et c’est dans cet objectif qu’il a embauché un nouveau directeur technique.

Thierry Cotting, remercié fin septembre, n’a pas à rougir du travail accompli. Au contraire: sous sa houlette, la formation «à la genevoise» a prospéré et beaucoup de cantons sont jaloux de cette santé-là. Mais il a néanmoins été remplacé par Laurent Papillon, pour mettre encore plus l’accent sur la post-formation. Un Français qui a beaucoup bourlingué et qui doit maintenant apporter son expérience au Servette FC et à ses footballeurs en herbe. C’est au Stade de Genève qu’on l’a rencontré.

Laurent Papillon, comment vous retrouvez-vous aujourd’hui à la tête du centre de formation de Servette?

J’ai été contacté par Constantin Georges (ndlr: le directeur général du club). Je connaissais déjà très bien le Servette FC pour être originaire d’Annecy. Je venais déjà voir les Grenat jouer aux Charmilles, avant le Stade de Genève. La proposition m’a tout de suite intéressé.

Quel a été votre cursus jusque-là?

Je suis donc d’Annecy, où j’ai joué jusqu’en troisième division. En parallèle, j’ai passé mes diplômes jusqu’à obtenir la licence UEFA pro. J’ai intégré la Direction Technique Nationale (DTN), avec pour mission de m’occuper de la région. Cela m’a amené à collaborer avec Genève, dans le cadre d’échanges franco-genevois. J’ai pu rencontrer Michel Ritschard, Claude Mariétan, Michel Pont. J’ai beaucoup travaillé dans la formation. Puis j’ai quitté la DTN, pour plusieurs mandats avec l’UEFA ou la FIFA. Je me suis aussi occupé de la création du centre de formation de l’ETG. Et puis je me suis aussi spécialisé dans le coaching mental. Pour les joueurs, les entraîneurs et autres.

Par quoi avez-vous été séduit dans le projet servettien?

D’abord, que Servette pense à un technicien étranger pour diriger son académie est une preuve d’ouverture. Même si je connais très bien le canton et le foot suisse. Je ne suis pas parachuté. En revanche, je ne connaissais pas les dirigeants. Mais ils avaient des attentes auxquelles je pouvais répondre. Je ne suis pas là pour un coup d’essai, mais pour le long terme en m’adaptant à un nouveau milieu, ce que je sais faire. Je veux servir le football d’élite de ce canton. On veut que ça change pour être encore plus performant? Je fais partie du changement.

Quels vont être vos axes de travail, ici désormais, à Servette?

Ce club a très bien bossé avec les jeunes. L’académie produit beaucoup de joueurs intéressants. Il y a un vivier énorme ici, un potentiel de joueurs pour l’élite remarquable. Le système en place est performant jusqu’en M21. Mais c’est la post-formation qui pose problème. Dès 18 ans, beaucoup de joueurs partent. Quand on demande à un M15 grenat où il se voit dans trois ans, 100% ou presque des interrogés répondent ailleurs, pas au Servette FC. Ça m’interpelle, Je ne veux plus entendre cette réponse. Servette doit redevenir une place forte que les jeunes doivent avoir pour objectif. On vise deux jeunes par an intégrés dans le groupe pro. Pour y jouer.

Avec un Servette en Super League, ce serait déjà plus simple, non?

Oui, bien sûr. Mais en attendant, il y a quatre fondamentaux qui permettent de pérenniser une structure de fonctionnement. 1. Le bassin de population pour l’élite. 2. Une structure forte en hommes pour gérer cela. 3. De bonnes infrastructures. 4. Des moyens financiers. Tout n’est pas forcément réuni actuellement. Je pense en premier lieu aux infrastructures. Je sais que le nouveau centre de formation au Grand-Saconnex est prévu. J’espère que cela se fera vite.

D’autres points essentiels à développer?

L’amélioration générale de l’académie pour plus d’efficience. Si l’on veut les meilleurs joueurs, il faut les meilleurs formateurs. Et il faut donc préparer les staffs qui s’occupent des jeunes, parce que c’est eux qui doivent transmettre la philosophie de travail. Il faut également de la compétitivité accrue en post-formation. C’est là que j’intègre la performance mentale. Cela se travaillera avec les formateurs comme avec les joueurs. (TDG)

Créé: 27.10.2017, 17h12

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Repères

Laurent Papillon a 51 ans.

- Il a passé 16 ans à la DTN française, dans la formation des cadres, la détection et la formation des jeunes joueurs et joueuses.

- Des mandats avec la FIFA pour le développement du football l’ont envoyé en tant qu’expert aux Iles Salomon (dont il sera un moment le sélectionneur national), en Afrique (Rwanda, Madagascar, Red Bull Ghana West Africa) et aux Etats-Unis. Il a aussi travaillé en Chine auprès de l’équipe nationale féminine.

- Il a également été manager pour Intemo Sports, une société de coaching de performances pour des sportifs, des entraîneurs, des chefs d’entreprises.

- Il est un technicien qui a beaucoup bourlingué et qui a décidé de se poser à Servette, à la tête de l’académie.

- Sur un profil professionnel, il se dit «créateur de résultats et trouveur de solutions». D.V.

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