But valable annulé, penalty douteux: horreur pour Servette

FootballLes Grenat devaient mener 2-0? Ils s’inclinent dans les arrêts de jeu et se retrouvent relégués à 8 points de Ne/Xamax.

Frick (à gauche) et Lang (à droite) sont atterrés. Les Neuchâtelois ont arraché les trois points dans les arrêts de jeu.

Frick (à gauche) et Lang (à droite) sont atterrés. Les Neuchâtelois ont arraché les trois points dans les arrêts de jeu. Image: ERIC LAFARGUE

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

L’infini sentiment de tristesse va profondément marquer Servette. Au lendemain d’une défaite ahurissante dans son scénario, il faudra aussi se poser les bonnes questions. Pas pour expliquer l’inexplicable: le trio arbitral articulé autour de l’ineffable Adrien Jaccottet, en annulant le 2-0 parfaitement valable de Vitkieviez (hors-jeu imaginaire) et en donnant un penalty plus que douteux pour un Nuzzolo si prompt à se rouler au sol dos au but et sans ballon…, a pesé de tout son poids sur ce match. Parce que bien sûr, comme par une affreuse fatalité, Servette devait en plus de l’égalisation transformée par Nuzzolo à la 88e, vivre le pire à la 95e minute, avec ce but de Corbaz qui crucifiait une fois de plus les Grenat, comme en septembre. Mais aussi indigne qu’il fut, cet arbitrage ne cristallise pas à lui seul toutes les frustrations qui se nouent autour de cette terrible défaite. Un écueil qui relègue les Genevois à huit longueurs des Neuchâtelois au classement. Rien n’est encore joué, mais Xamax a pris une option sérieuse pour la promotion, par-delà les iniques circonstances.

Errements arbitraux

L’entraîneur de Servette n’y est sans doute pour rien dans les errements arbitraux de Jaccottet et de ses acolytes. Mais même si Servette s’était imposé 1-0, score qu’il tenait toujours jusqu’à la 87e minute de jeu…, il faudra bien s’interroger sur ce qui est advenu des intentions initiales. On parle de cette seconde période où Servette a disparu, laissant toute l’initiative à Xamax. Au début, il y a pourtant eu de l’audace. Dans le mouvement. Avec un Micha Stevanovic placé en soutien d’Alphonse, dans l’axe, comme à Schaffhouse. Son sens du jeu, sa propension à «dézoner», ses fulgurances dans les passes ont été les premiers ingrédients de ce derby pour Servette. De quoi déstabiliser des Neuchâtelois qui se méfiaient pourtant de ce poison-là.

Voilà pour le premier schéma de jeu de ce Servette-Xamax si important. Il y en aura d’autres, malheureusement. Mais c’est bien dans cette configuration, avec un Micha Stevanovic très libre, qui permutait tantôt avec Vitkieviez, tantôt avec Lang, que les Grenat ont pris confiance. Autrement dit: c’est en prenant des risques qu’ils ont fait reculer Xamax et qu’ils ont surtout trouvé des espaces. C’est d’ailleurs sur une récupération haute de Vitkieviez que tout s’est éclairé: un décalage du valeureux Matias pour Lang, un centre parfait et Nathan, qui avait judicieusement décidé de traîner un peu dans les seize mètres adverses après le corner qui avait précédé, ce Nathan si dangereux dans le jeu de tête plaçait la sienne avant Gomes pour le 1-0.

Changement de visage

Dans la foulée de ce premier enthousiasme, il y aura donc le fait de match de cette première période, cette décision injuste qui voyait Vitkieviez être privé du 2-0. Sur un centre de Sauthier, la tête d’Alphonse avait contraint Walthert à une parade désespérée que «Mati» avait suivi pour conclure. Et pour voir le juge de touche s’égarer bêtement en levant son drapeau pour signaler un hors-jeu inexistant. Vilain coup du sort pour les Grenat. Un coup d’œil à une assistance vidéo aurait réglé le problème en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire et cela aurait eu le mérite d’être juste.

Mais allez chercher la justesse dans ce match-là. Ce Servette, qui ne tremblait que sur des coups francs concédés sur son flanc gauche, a pourtant revisité son plan de jeu. Il menait au score, il flirtait avec le 2-0 avec des opportunités à la clé, mais soudain, Micha Stevanovic a arrêté de virevolter vers la trentième minute, se replaçant sur son flanc droit, Vitkieviez passant à gauche. Tout cela s’est confirmé et s’est figé après la pause. En face, Decastel avait fait entrer Karlen pour Tréand (blessé), positionnant Nuzzolo sur la droite, là où Servette avait des difficultés. Mais après la pause, sans plus chercher à prendre les devants, Servette avait définitivement changé de visage. Et Kodro, frileux ou alors plus assez audacieux, sortait même Vitkieviez pour faire entrer Fabry (58e déjà). Pour subir, donc…

Les Neuchâtelois ont passé le plus clair de la seconde période dans le camp grenat, à multiplier les tentatives pour revenir au score. On sait maintenant le triste et injuste épilogue pour les Servettiens, volés. Mais on sait aussi qu’à abandonner ainsi le jeu et la possession à l’adversaire, on s’expose à l’injustice de cette fin de rencontre, même si elle est imméritée. Xamax était-il si fort que les Genevois ne pouvaient que subir pareillement, sans tenter de continuer à dicter le rythme? On ne le saura sans doute jamais et c’est dommage.


«On ne peut pas gagner quand on se fait voler…»

Il a crié si fort sa colère dans ce couloir que les murs vont s’en souvenir. La porte qu’il a frappée comme un sourd aussi. Christopher Mfuyi s’est mis ensuite à tourner comme un lion dans une cage, à la recherche de l’arbitre. Il a fallu le retenir. Fou de rage, le défenseur servettien voulait expliquer à M. Jacottet qu’il n’y avait pas de penalty sur Nuzzolo, que cette décision de grande conséquence, il ne pouvait pas l’accepter. Le défenseur des Grenat fusillait aussi Christian Binggeli du regard. Le président neuchâtelois avait eu le tort de remuer le couteau dans la plaie, de hurler sa joie légitime à ses hommes et son entraîneur. «Alors, celle-là, elle est belle! On a trois orteils en super-League!» s’est-il exclamé, félicitant tous ses héros.

De l’autre côté, alors que Matias Vitkieviez cherchait aussi le directeur de jeu pour lui signifier que son but aurait dû être accordé en première période (22e), ce qui aurait tout changé, Alphonse en voulait plutôt à ses coéquipiers: «On ne peut pas jouer qu’une mi-temps!» Il est vrai qu’en reculant ce Servette trop prudent a fini par exploser, provoquant cette grosse frustration.

Président du Servette FC, Didier Fischer n’a pas caché son immense déception. «Il y aurait dû y avoir 2-0 à la pause, quant au penalty, il faut qu’on m’explique les règles. C’est le troisième match où on nous siffle un penalty dans les deux dernières minutes. On ne peut pas gagner un match quand on se fait voler deux fois, c’est compliqué. Je ne dis pas qu’on a été top, mais le jour où les arbitres arrêteront de penser que ce sont eux qui font le championnat, ça ira mieux!» Et d’ajouter: «Là on va devoir remonter le moral des troupes, se reconcentrer sur l’essentiel, pas sur le corps arbitral, la frustration est grande. Il faut aller jouer plus loin, plus haut, plus fort, c’est toujours compliqué de dire à quelqu’un tu t’es fait voler mais ta vie continue normalement…»

Avec désormais huit points de retard sur Neuchâtel Xamax au classement, plus dure est la chute pour les Servettiens. «Ces huit points de retard ce soir ne comptent même pas, soupire le président. Ce n’est pas ça qui frustre tout le monde. Maintenant, relever un défi on sait le faire, on a les joueurs pour le faire, on a les moyens de le faire, un staff qui a du caractère. Mais il y a des faits qui montrent qu’on n’est pas maîtres, c’est ça qui est le plus difficile.» Et qui a aussi rendu fou Mfuyi…
Christian Maillard (TDG)

Créé: 04.12.2017, 23h31

Servette - Neuchâtel Xamax 1-2 (1-0)

Stade de Genève, 6235 spectateurs.
Arbitre: M. Jaccottet.
Buts: 19e Nathan 1-0; 88e pen. Nuzzolo 1-1; 95e Corbaz 1-2.
Servette: Frick; Sauthier, Mfuyi, Nathan, Le Pogam;
D. Stevanovic (82e Imeri), Hasanovic (77e Malonga); Vitkieviez (58e Fabry), M. Stevanovic, Lang; Alphonse.
Ne/Xamax: Walthert; Lawson, Gomes, Djuric, Kamber; Veloso, Di Nardo (71e Corbaz); Ramizi (80e Mulaj), Doudin, Tréand (45e Karlen); Nuzzolo.
Avertissements: 44e Veloso (antijeu), 63e Fabry (jeu dur), 77e Karlen (antijeu), 89e Sauthier (réclamation), 93e Mulaj (jeu dur), 94e Alphonse (jeu dur), 95e Corbaz (antijeu).

Challenge League

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Russiagate: y a-il eu collusion entre Trump et Poutine?
Plus...