St-Gall - Servette, deux bonheurs face à face

FootballLes deux équipes les plus en forme du moment et les plus rafraîchissantes, vont confronter leurs idées.

Geiger qui conseille Cespedes. Le Genevois est appelé à remplacer Ondoua, suspendu dimanche à Saint-Gall.

Geiger qui conseille Cespedes. Le Genevois est appelé à remplacer Ondoua, suspendu dimanche à Saint-Gall. Image: Eric Lafargue

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Tout cela n’aurait peut-être pas dû arriver. Saint-Gall et sa bande de jeunes devrait lutter cahin-caha pour gagner en maturité et Servette, néo-promu prudent, serait surtout concentré à grappiller quelques points en regardant derrière, avec pour seul horizon son seul objectif de maintien. Cette sage logique s’est pourtant tordue dans un soubresaut improbable. Voilà Saint-Gall en leader qui accueille un Servette magnifique quatrième. Deux bonheurs pour le prix d’un, deux bonheurs qui se feront face au kybunpark ce dimanche.

Tous les regards se tournent vers cette affiche pour plusieurs raisons. La première, c’est ce projet de jeu que ces deux formations incarnent, différemment. Le pressing intense pour des Brodeurs qui ne tricotent pas, avec leur jeu si vertical. L’idée d’un jeu plus construit mais qui regarde de plus en plus vers l’avant aussi, pour des Grenat qui font de leur retour dans l’élite une cinglante réussite.

Attaque contre défense

Saint-Gall – Servette, c’est les deux meilleures équipes du moment qui s’affrontent. C’est le choc de la meilleure attaque du pays, 47 buts marqués par les hommes de Zeidler jusque-là (2,35 buts par match) et de la meilleure défense de la ligue (0,95 but concédé par journée). L’une des deux verra ses statistiques mentir, c’est ce qui est intéressant.

Comment Servette va-t-il s’y prendre pour enrayer la belle machine à presser des Saint-Gallois? C’est toute la question. Zeidler et les siens ont fait de leur fuite en avant une arme redoutable: un pressing très haut donc, dans le camp adverse, intense, pour provoquer la faute et partir aussitôt en rupture. C’est une prise de risque rafraîchissante sur laquelle, évidemment, Alain Geiger et son staff se sont penchés.

Le plan de Geiger

«Oui, parce que cela nous donne des possibilités, argumente-t-il. Contre Saint-Gall, il ne faut pas trop de passes vers l’arrière ou latérales, puisqu’ils pressent très fort. Il faut au contraire réussir ses deux premières passes vers l’avant. Pour casser ce pressing et alors s’offrir des opportunités. Pour cela, il faut oser jouer haut et le faire à haute intensité et avec précision. Sinon, comme les Saint-Gallois défendent en avançant, ils obtiennent des contre favorables, c’est la logique de leur système et c’est pour cela qu’ils ont déjà marqué 47 buts. Nous en sommes loin avec nos 32 réussites.»

Oui, Servette n’a pas cette aisance à la finition. Sur ces 32 buts inscrits, il y a de plus deux cartons, l’un à Thoune (0-4) et l’autre à Zurich (0-5). Cela rappelle que les Grenat doivent aussi progresser devant, en efficacité. «La meilleure défense, c’est très bien, souligne Geiger. Mais ce n’est plus la meilleure défense qui gagne un championnat. C’est l’attaque qui permet aussi de gagner, les victoires à trois points veulent ça.»

Pour avoir une chance de l’emporter, Servette devra donc faire tout juste. S’extirper des tenailles saint-galloises, jouer juste et vite, se montrer efficace devant. Le point faible des Brodeurs, c’est peut-être justement cette défense «protégée» par le pressing intense dans le camp opposé. Comme Ondoua ne sera pas là (suspendu) pour faire valoir l’impact physique au milieu, Geiger fait contre mauvaise fortune bon cœur. Il devrait lancer Boris Cespedes. Plus encore que le Camerounais, il possède cette qualité et cette justesse technique qui ne sont pas étrangères à sa prolongation de contrat, d’ailleurs (jusqu’en 2022).

De son aptitude à combiner avec Cognat pour trouver des portes de sorties au pressing adverse dépend une partie du plan grenat. Il faudra aussi que Servette sache combattre. Parce que si Saint-Gall ne parvient pas à récupérer la balle en pressant, il a tôt fait de batailler pour le reprendre via le deuxième ballon, celui que l’on conteste après de longues balles vers l’avant.

Deux hommes qui osent

Peter Zeidler se méfie de ce Servette en confiance. Il l’a même caressé dans le sens du poil, assurant qu’il ne le faisait pas pour la forme. Alain Geiger se méfie de ce Saint-Gall si conquérant et agressif. Il a bien sûr rappelé le classement pour dire qui était favori, surtout à domicile.Ils sont malins, les deux entraîneurs.

L’un le sera peut-être un peu plus que l’autre dimanche. Mais chacun va jouer pour gagner en osant prendre des risques. «Si nous nous imposons, nous revenons à cinq points de Saint-Gall,» assure fièrement Geiger. C’est pour cela que ces deux équipes sont déjà le bol d’air de la saison. Deux bonheurs face à face.


Un péché mignon à bannir

Servette a la meilleure défense de Super League. Ce n’est pas une fin en soi. Une statistique raconte une curiosité. Sur les 19 buts concédés par les Grenat, la grande majorité intervient dans les sept minutes qui précèdent la pause et dans les sept premières de la seconde période.

Au total, neuf buts ont été encaissés dans ces 14 minutes-là. Près de la moitié. Boris Cespedes prend acte. «C’est impressionnant, oui, je ne savais pas, s’étonne-t-il. On ne choisit pas le moment pour prendre un but, bien sûr, mais la statistique montre peut-être un relâchement ou une peine à rentrer dans la partie après la pause.»

Alain Geiger a déjà pensé à une parade qui pourrait voir le jour dimanche. «De retour du vestiaire pour la seconde période, l’équipe va peut-être faire un peu de remise en jambes, j’y pensais depuis un petit moment.» Une mobilisation physique qui doit d’accompagner d’une rigueur dans la concentration aussi, la première pouvant favoriser la seconde. Lors du Servette - Saint-Gall d’octobre, c’est justement avec un but inscrit à la 47e minute que les Brodeurs avaient assis leur succès 1-2. À Lugano, c’était la défaite pour un but concédé à la 48e. Contre Thoune avant la trêve et à Xamax, c’était des frayeurs pour des buts tombés à la 51e et à la 47e. «On va y travailler», assure Geiger. D.V.

Créé: 07.02.2020, 16h48

En direct du vestiaire

Le match Saint-Gall - Servette, dimanche, kybunpark, coup d'envoi à 16 heures.

Les absents Servette fera sans Ondoua, suspendu et sans Schalk, blessé. Frick (tomate à la cuisse) est incertain. Wüthrich, pas convoqué. À Saint-Gall, Alves, Lüchinger, Nuhu et Strübi, sont blessés. Muheim est suspendu.

Le contexte Saint-Gall est leader depuis la semaine passée. Servette a conforté sa quatrième place et talonne Bâle désormais.

Les deux potes Pour Boris Cespedes et Jérémy Guillemenot, deux potes, le match a déjà commencé. Sur PlayStation, en ligne, le premier à Genève et l’autre à Saint-Gall. «On a fait une partie jeudi soir, sourit Boris. On en a profité pour se brancher en vue de dimanche.» Cespedes devrait remplacer Ondoua et se retrouver nez à nez avec son copain, dans le même rayon d’action. Un match dans le match.

Le mot de Geiger «Nous allons à Saint-Gall pour gagner.» D.V.

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