Steve Rouiller: «Je n'avais pourtant rien en commun avec Genève»

FootballÉlément le plus utilisé par Alain Geiger en 2019, le défenseur valaisan est l'un des leaders de ce rafraîchissant Servette FC. «Je grandis avec», dit-il.

Steve Rouiller et Servette, ça match!

Steve Rouiller et Servette, ça match! Image: Jean-Luc Auboeuf

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Steve Rouiller n'a que 29 ans, mais il parle déjà de lui comme d'un ancien. Discret et abordable, le défenseur n'en fait pourtant pas trop. Mais c'est vrai, c'est comme s'il avait toujours été là, dans ce Servette que rien n'arrête et dont les qualités sont louées de partout (en Suisse romande en tout cas). Parce que si le SFC n'a pas attendu l'arrivée du Valaisan pour entamer son renouveau, le terrain montre une autre réalité. Celle qui dit que Steve Rouiller fait partie des éléments déclencheurs de l'ascension servettienne, de cette Challenge League devenue un purgatoire à cette glorieuse 5e place en Super League. qui lui ouvrirait presque les portes de l'Europe.

À deux jours de la reprise à la Maladière face à Xamax, il raconte sa vie - heureuse - en grenat.

Steve, vous avez disputé en entier 52 de vos 54 matches de championnat depuis votre arrivée. C'est quoi, la «méthode Rouiller» pour tenir le coup?

Ça ne fait pas tout mais, dans ma conception du foot, c'est en enchaînant les rencontres qu'on s'en sort le mieux. J'ai souvent des petits bobos çà et là, mais je sais serrer les dents quand c'est important, et ça finit par passer. Je profite sûrement aussi d'une part de chance que beaucoup n'ont pas. Sinon, je pratique énormément de sport depuis tout petit. C'est peut-être ça, la clef.

Cette statistique, elle veut quand même dire quelque chose. Non?

Sûrement, oui. Cette confiance qu'on m'accorde, ça change tout. Il y a un an et demi, Lugano ne voulait plus de moi. Aujourd'hui, Servette me montre que j'ai de l'importance à ses yeux. Ça fait toute une différence, et c'est évidemment réciproque.

Ce transfert du Tessin à Genève, de la Super League à la Challenge League, vous l'aviez vécu comme un pas de retrait?

Je n'ai jamais pensé ça. Déjà, il faut bien se rendre compte que Lugano, ce n'est pas forcément un exemple en matière de professionnalisme en Super League. À cette époque, beaucoup de choses étaient en train de se mettre en place à Servette. On m'a montré que je ne mettais pas les pieds n'importe où.

Ce n'étaient pas des mensonges...

Bien sûr que non. On a parcouru un immense chemin ensemble, vécu des moments très forts. Cette dernière victoire à la Praille face à Lausanne en fait partie. Le club grandit et je cherche à grandir encore avec lui. Le processus recommence dès samedi à Neuchâtel.

L'idée que vous vous faisiez du Servette avant d'y mettre les pieds correspond avec la réalité que vous y avez trouvé?

C'est drôle parce qu'en fait, je n'avais rien en commun avec Genève. Je n'y mettais jamais les pieds, à part lorsqu'il s'agissait de venir jouer ici, où dans les clubs alentours quand j'étais plus jeune. Du coup, la réflexion ne s'était jamais vraiment faite.

Vos performances ont été particulièrement remarquées ces derniers mois. Où est-ce que vous vous situez par rapport à vos capacités?

Je pense qu'il existe toujours de la place pour s'améliorer, dans tous les domaines. J'estime être devenu un peu plus calme, serein avec les années. Mais mes prestations, c'est un tout. On a mis beaucoup de choses en place avec le groupe depuis mon arrivée. Petit à petit, elles se sont imbriquées. Si cela fonctionne aussi bien pour nous défensivement, c'est parce que l'équipe s'est trouvée. Pas seulement quatre joueurs. Pas seulement moi.

Les awards de la Swiss Football League ont été distribués lundi. Vous estimiez mériter une récompense?

Ce que je peux dire, c'est qu'on a l'impression de ne pas tout à fait faire partie du même monde que les autres équipes. Sur l'ensemble de la cérémonie, je crois que Servette est passé en tout et pour tout deux secondes à l'écran. Vu qu'on a été conviés à l'événement, on a fait bonne figure. Mais entre nous, on n'en pensait pas moins...

On en revient à notre question...

Moi, un autre, peu importe. Pour ce qu'Alain a accompli, il aurait assurément mérité une mention. Mais je suis surtout déçu pour Jérémy (ndlr: Frick). L'été dernier, les gens se demandaient s'il avait vraiment le niveau d'un gardien de Super League. Je crois qu'il ne pouvait pas mieux répondre que par son premier tour. Une récompense aurait été un juste retour des choses.

Samedi face à Xamax, les choses sérieuses reprennent.

Qui plus est contre un adversaire qu'on n'a plus battu depuis longtemps (ndlr: six matches nuls et quatre défaites depuis le retour des deux clubs en ligue nationale). Comme je l'ai dit, Servette a encore beaucoup de grandes choses à accomplir. Et ce dès ce week-end.


«L'équipe de Suisse? J'ai glissé un mot à Tami»

Tout le gratin du football suisse était réuni à Berne, lundi, à l'occasion de la SFL Award Night. Le sélectionneur de l'équipe nationale Vladimir Petkovic, mais aussi bon nombre d'anciens et de futurs éléments de la Nati avaient fait le déplacement du Kurssal. De quoi faire naître chez Steve Rouiller, assurément devenu l'un des défenseurs centraux les plus en vue du championnat suisse, des espoirs de sélection? «C'est dans un coin de ma tête, quelque part. J'y pense toujours un peu. Mais je crois qu'il faut savoir rester à sa place. Il existe tellement de concurrence, de centraux qui évoluent dans des divisions plus huppées et plus médiatisées que la Super League.»

Reste que s'il n'a été nominé dans aucune catégorie, Steve Rouiller n'a pas perdu sa soirée. «Je n'ai pas croisé Petkovic, mais Pierruigi Tami, le directeur des équipes nationales, oui. Alors je lui ai quand même glissé un mot quant à cette histoire de sélection», se marre le Valaisan du SFC, qui n'a pas laissé son sens de l'humour outre-Sarine.

Créé: 22.01.2020, 14h26

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