Le Stade de Genève dispose de la Rolls-Royce des pelouses

Football Un gazon hybride, drainé et chauffé: dernier cri en matière de terrains, il fait aussi le bonheur du Real Madrid.

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Après deux mois de travaux, la nouvelle pelouse du Stade de Genève est prête. Ou presque. Quelques jours encore pour peaufiner les derniers détails, mais le gros œuvre est terminé et le gazon déjà posé depuis quelques jours. Le gazon? C’est tout simplement le meilleur du monde, le même qui existe au Santiago Bernabéu du Real Madrid. Il est impossible de l’arracher, plus jamais vous ne verrez un footballeur ou un rugbyman prendre un morceau du terrain qui se serait détaché pour le remettre en place.

Supporter le foot et rugby

C’est la présence de ces deux sports à Genève qui a conduit au choix de cette pelouse hybride. Cela signifie qu’un tapis d’herbe synthétique constitue le lit de cette pelouse, mais qu’à l’intérieur, où une forme de sable et de compost existe, du gazon naturel a été semé et s’entremêle donc avec le «faux». Le tout offre une résistance sans précédent: sous la poussée d’une mêlée de rugby, rien ne bouge. C’est le système Mixto, de l’entreprise italienne qui est à son origine avec les spécialistes de Limonta.

Michel Lemarin, de l’entreprise Jacquet, qui a supervisé les travaux, raconte dans le détail. «Nous avons enlevé tout ce qui existait, réparé tous les drainages, perfectionné les arrosages et nous avons aussi installé des tubes de chauffage de deux centimètres de diamètre, qui serpentent sur tout le terrain. Cela représente 27 kilomètres de tubes.»

La surface a été préparée au laser. Pour assurer une évacuation optimale de l’eau par le drainage, il y a toujours une pente. Là elle est de 1%, partant du milieu et déclinant sur les quatre côtés. Par comparaison, une route n’est jamais plate non plus, sa pente est au minimum de 3%.

Une fois que tout a été préparé, avec pour terminer le sable de quartz (90%) et le compost nourri d’éléments organiques (10%), c’est le gazon qui est arrivé précultivé d’Italie. Autrement dit en rouleaux, comprenant déjà l’alliage de fibres synthétiques et d’herbe naturelle. Cela représente 21 semi-remorques, avec à l’intérieur à chaque fois 38 rouleaux. De quoi couvrir les quelque 8000 mètres carrés.

La Fondation Hans Wilsdorf

Bref, Genève a donc la meilleure surface de jeu de Suisse, ce qui se fait de mieux au monde ou presque, la Rolls-Royce des pelouses. Cela suppose un coût. Heureusement, la bienveillance de la Fondation Hans Wilsdorf, qui a déjà sauvé le club du pire il y a un an, opère encore.

On estime à près de cinq millions l’investissement total. Il comprend aussi la mise en place d’une chaufferie (à venir) à même d’injecter l’eau chaude dans le «radiateur» sous la pelouse.

Le Servette FC et le Servette RC n’ont maintenant plus d’excuse: sur un tel terrain, il faudra briller.

(TDG)

Créé: 25.07.2016, 20h30

Le spécialiste de l’ASF décortique

Pierre-Yves Bovigny est «Monsieur pelouses» à l’ASF, le responsable de la construction et de la qualité dans ce domaine. Il regarde donc d’un œil attentif ce qui se passe en Suisse et la nouvelle surface de jeu du Stade de Genève a retenu toute son attention, puisqu’il a coordonné les travaux.

«Après Bâle, Zurich, Saint-Gall, Lucerne et Berne, Genève aura le sixième terrain chauffant de Suisse, explique-t-il. Mais la pelouse hybride genevoise est unique en Swiss Football League et même rare en Europe. Cela dit, nous sommes là dans un haut degré de technologie et cela suppose un coût d’entretien deux fois plus élevé que pour une pelouse normale. En gros, cela représente au minimum 150 000 francs par année pour s’occuper du terrain. On parle de l’aérer régulièrement, de «scalper» le gazon naturel pour le ressemer ou de le piquer pour apporter de la matière organique au-dessus du sable de quartz, afin que ce gazon naturel trouve ses nutriments.»

Contractuellement, un bail de trois ans d’entretien a déjà été signé avec une société de la place. C’est Patrice Robin, l’ex-jardinier de la Praille, qui connaît déjà les lieux, qui sera en charge au quotidien de la fameuse pelouse. «Cette pelouse hybride permet au foot et au rugby de cohabiter», précise enfin Pierre-Yves Bovigny.
D.V.

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