Ce Servette-là est prêt pour l’épreuve du feu

FootballVainqueurs de Thoune, les Grenat peuvent penser au gros choc de dimanche prochain, à Saint-Gall

Park a tiré, Ondoua, sur la trajectoire, dévie subtilement pour le 1-0.

Park a tiré, Ondoua, sur la trajectoire, dévie subtilement pour le 1-0. Image: Eric Lafargue

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Il faudrait croire – et au fond c’est bien légitime – que Saint-Gall est la meilleure équipe du pays, pour figurer tout en haut du classement de Super League après avoir terrassé Bâle. Il s’agirait aussi de relativiser le bonheur grenat, ce Servette FC qui n’en finit pourtant plus de surprendre, ce néo-promu qui s’affranchit dans la joie de son objectif de maintien pour regarder plus loin, plus haut, plus fort en talonnant Bâle. Et puis il y a les circonstances, les coïncidences, ce calendrier qui envoie les Grenat chez les Brodeurs, justement dimanche prochain. Un clin d’œil du destin qui cache d’autres vérités.

Oui, Saint-Gall pointe à un premier rang bien mérité. Mais Servette, qui vient de balayer facilement un Thoune moribond, vaut peut-être, actuellement, plus que son quatrième rang.

Meilleur que Saint-Gall

Les chiffres parlent. Depuis sa défaite – imméritée il faut s’en souvenir – face aux Saint-Gallois à Genève le 20 octobre (1-2), neuf matches ont été disputés. Ces neuf rencontres ont permis aux hommes de Zeidler de dépasser Bâle et Young Boys. Mais à vouloir considérer qui a été la meilleure équipe de la ligue durant cette période, on pourrait se tromper. Les chiffres donc. Sur les neuf dernières journées, Servette en est à 7 victoires, 1 nul (à Sion) et une défaite (à Lugano), soit 22 points engrangés. Eh bien personne n’a fait mieux, pas même Saint-Gall. Les Brodeurs, les seuls à également totaliser sept succès, ont concédé deux défaites, pour un total de 21 points inscrits durant ces neuf matches.

Ici, aucune conclusion hâtive. Saint-Gall a la taille patron, il sera le favori, à domicile, du choc contre Servette dimanche prochain. Mais voir les Grenat faire mieux que les euphoriques Saint-Gallois sur cette période significative est le signe tangible des progrès grenat.

La sérénité du groupe

Cela s’apercevait déjà avant la pause hivernale. Le reste se lit sur le terrain depuis la reprise. Sans Wüthrich maintenant? Avec d’autres solutions. Bien sûr que le meneur de jeu manque en certaines circonstances. Évidemment que tout ne fut pas simple pour Tasar, propulsé à ce poste axial presque contre nature, pour qui n’aime rien tant que dévorer des espaces balle au pied, sur un côté. Mais tout s’organise sans panique. Servette jongle entre un 4-2-3-1 et un 4-4-2. Sereinement.

Contre Thoune, alors que les Servettiens séchaient sur leur copie en première période, Geiger a interverti Park et Tasar. Le Coréen reprenait l’axe près de Kone vers la 30e minute. Tasar retrouvait le flanc gauche et tout est allé mieux dans une sorte de 4-4-2 à géométrie variable. Park a été à l’origine du 1-0 (son tir est dévié intentionnellement et astucieusement par Ondoua) et il s’est chargé du 2-0 sur un centre de Stevanovic.

Le groupe grenat transpire la confiance. Mais Geiger est là pour garder les pieds sur terre. «Je n’oublie pas une chose: Servette vient de Challenge League et n’a que 20 matches de Super League dans les jambes. Les beaux résultats qui s’enchaînent nous permettent de jouer sans pression. Une place européenne n’a jamais été notre objectif, c’est toujours le maintien. Mais nous allons continuer à jouer et nous verrons bien où cela nous mène.» La sagesse du Valaisan au service de la famille grenat.

Cela mènera donc Servette au kybunpark dimanche prochain, pour une explication grandeur nature avec ce Saint-Gall qu’il devance en termes de performances sur les neuf derniers matches. Geiger sera privé d’Ondoua (suspendu), peut-être de Frick aussi, sorti dimanche après un choc avec Rapp. Le portier genevois souffre d’une «tomate», façon cœur de bœuf plutôt que tomate-cerise. Mais rien ne semble devoir perturber le groupe. Cespedes a fait une brillante entrée. Kyei aussi, en étant plus dangereux que Kone.

Progresser encore

Cela ne veut pas dire que les Grenat pourront gêner Zeidler et sa bande. Mais qu’ils ont des arguments solides et une vraie cohésion de groupe pour tenter le coup. Contrer le pressing adverse, s’offrir des opportunités en rupture, en jouant vite et dans la verticalité: des points à travailler. «Nous devons encore progresser, notamment sur le plan de l’efficacité, à la finition», assure Geiger.

Il faudra aussi être intraitable défensivement. Cela tombe bien, c’est un domaine où Servette est le premier de la classe. Avec seulement 19 buts encaissés en 20 journées, les Grenat possèdent la meilleure défense de Super League. Et Saint-Gall a l’attaque la plus prolifique, avec 47 réussites (seulement 32 pour Servette). Oui, ce Saint-Gall – Servette de dimanche prochain vaudra le détour.


«La pelouse synthétique, ce n’est pas défintif»

Le temps des remerciements, qui se conjuguent avec une belle victoire, et Didier Fischer à le sourire. Le club a voulu remercié celui qui a été le président du Servette FC de 2015 à 2020, il a passé la main à Pascal Besnard depuis le 1er janvier. Passé l’émotion, celui qui reste le grand président de la Fondation 1890 (qui détient le SFC et le GSHC notamment), a voulu préciser une ou deux choses concernant la pelouse du Stade de Genève. Ou son futur au moins.

La volonté affirmée par le club de se tourner vers un gazon synthétique a interpellé bien du monde, dont les supporters qui se sont interrogés sur la question via une banderole. Didier Fischer a tenu a s’exprimer sur la question.

«Il faut comprendre que ce synthétique, nous en avons besoin pour les trois ou quatre ans qui viennent, explique-t-il. Après, quand les infrastructures espérées seront en passe d’exister, nous pourrons revenir à du gazon. Mais actuellement, ce n’est plus viable. Jeudi, la première ne savait même pas où elle allait s’entraîner. Les Cherpines, c’était non, il a fallu jongler pour trouver un terrain. Ce n’est plus possible.»

Le futur? Il se décline comme suit pour Didier Fischer. «D’abord un synthétique à la Praille, dit-il. Pour permettre à la première, aux M21 et aux filles de s’entraîner tous les jours. Ensuite, l’académie aux Evaux. Et après, bien sûr, des infrastructures dignes de ce nom, avec un vrai centre de formation. Avec cinq terrains et tout ce qu’il faut, on pourra reparler du gazon. Le synthétique, ce n’est pas définitif.» D.V.

Créé: 02.02.2020, 21h59

Servette - Thoune 2-0 (0-0)

Stade de Genève, 4862 spectateurs.

Arbitre: M. Schärer.

Buts: 53e Ondoua 1-0; 79e Park 2-0.

Servette: Frick (23e Kiassumbua); Sauthier, Rouiller, Sasso, Iapichino; Stevanovic, Ondoua, Cognat, Park; Tasar (78e Cespedes), Kone (64e Kyei).

Thoune: Faivre; Glarner, Stillhart, Sutter, Hefti; Bertone; Tosetti (57e Ahmed), Castroman, Hasler, Salanovic (70e Bandé); Rapp.

Avertissements: 42e Ondoua (jeu dur), 61e Castroman (jeu dur).

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