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FootballServette veut se mettre au synthétique

Afin de régler un problème d’engorgement récurrent, le club «grenat» entend abandonner sa pelouse en herbe pour un terrain artificiel.

Keystone

Au moment où la pelouse de la Praille donne régulièrement d’inquiétants signes d’usure, Servette évoluera-t-il bientôt sur un terrain synthétique dans son stade? La question n’a plus rien d’utopique; elle s’est même invitée lors d'une séance de travail qui, en marge de la cérémonie des oscars du football helvétique, a récemment réuni à Berne les dirigeants des clubs de la Swiss Football League.

A cette occasion, le club «grenat» a très clairement exposé son intention d’évoluer sous peu sur une moquette «verte», dont l’entretien est dix fois moins élevé que celui d’une pelouse traditionnelle. Un choix également étudié par le FC Lugano.

La conséquence d'un refus dans les urnes

Si elle ne fera sans doute pas le bonheur des joueurs, généralement réfractaires à ce type de surface, la pose d’un revêtement synthétique permettrait surtout de régler à Genève l’insoluble problème des conditions d’entraînement, Servette en étant toujours réduit à trouver refuge sur d’autres terrains, disséminés à travers tout le canton. Ce qui est très loin du standing d’un club de Super League, chacun peut aisément en convenir. En novembre passé, le refus par le peuple – pour seulement neuf voix d’écart, après recomptage du scrutin - du projet de centre d’entraînement du Pré-du-Stand, qui, combiné à un projet immobilier, aurait dû voir le jour au Grand-Saconnex – n’a fait que donner un coup d’accélérateur à la volonté de changer de surface.

Directeur du SFC, Constantin Georges confirme la volonté de son club d’abandonner l'actuelle pelouse hybride, présentée pourtant comme la Rolls-Royce des terrains lors de son installation en 2016 (mais fréquemment victime de champignons et mal en point). «C’est même devenu une nécessité pour nous, explique le dirigeant. Le club est actuellement éclaté sur plusieurs sites disparates. Avec du synthétique, on se cale sur le bon sens et les m2 disponibles. Ce n’est pas de gaieté de cœur mais nous n’avons pas d’autres choix.» Avec l’idée de concentrer dans un avenir proche, si possible dès cet été, les professionnels, les espoirs et la LNA féminine à la Praille.

Du synthétique aussi à Lausanne

S’entraîner au quotidien là même où l’on joue le week-end, la solution existe déjà en Super League à Neuchâtel, Thoune et Berne, les clubs respectifs, à l’image de Xamax ou des Young Boys, ayant pris l’habitude de se préparer à longueur d’année sur du synthétique. En attendant la construction de son centre d’entraînement dans un lieu restant à définir, Lausanne-Sport a lui aussi opté pour un terrain synthétique dans son nouveau stade de la Tuilière, qu'il espère bien inaugurer dans l'élite helvétique dans quelques mois.

Patron de la SFL, Claudius Schäfer, informé des intentions du SFC, suit bien évidemment l’évolution du dossier. «Lorsque l’on considère le climat et le coût d’entretien d’une pelouse en herbe, concède-t-il, je peux comprendre pourquoi les Genevois veulent passer au synthétique. Même si cela aura inévitablement un impact sur le jeu...» Autre impact, plus concret encore: l’impossibilité d’organiser à l’avenir des matches amicaux de prestige, à l’image du Liverpool-Lyon de l’été dernier, ou, plus ennuyeux encore, d’accueillir l’équipe de Suisse.

A Genève, le sujet, comme on peut l’imaginer, est jugé hautement sensible. Contacté, la Fondation du Stade n’a ainsi pas souhaité prendre position ni commenter ce très probable changement de surface. En l’état, la décision finale dépend aussi du pouvoir politique. «Elle est entérinée à 95% mais encore non actée», glisse une autre source, préférant demeurer anonyme. Le changement pourrait intervenir pour la saison 2020-2021 déjà. Alors que les footballeurs et les rugbymen «grenat» devraient continuer de partager leur future pelouse, il s'agira aussi de trouver une solution pour... les lignes, différentes d'un sport à l'autre. Certes, des possibilités existent mais elles coûtent cher (plusieurs milliers de francs par match, avec l'usage d'une peinture spécifique).

Tandis que les surfaces de jeu synthétiques sont interdites en Angleterre (dans les quatre premières divisions), en Allemagne et en France, la Swiss Football League compte déjà près d’un tiers d’équipes évoluant sur un terrain artificiel. Avec tous les risques de blessures accrus que cela suppose.

N.JR

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