Servette ne veut pas d’un directeur sportif au rabais

FootballIl y a le présent, avec les points encore à faire pour valider le retour en Super League. Et il y a le futur, qui se prépare déjà en coulisses.

Alain Geiger, Gérard Bonneau et Lionel Pizzinat: en attendant l’arrivée d’un directeur sportif, ils se débrouillent très bien.

Alain Geiger, Gérard Bonneau et Lionel Pizzinat: en attendant l’arrivée d’un directeur sportif, ils se débrouillent très bien. Image: Eric Lafargue

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Parce que l’oiseau est rare, il ne court pas les rues. Cela fait un moment déjà que le Servette FC se promet de le dénicher, mais en réalité, ce directeur sportif qui fait encore défaut dans l’organigramme grenat ne manque pas au point de se jeter sur le premier venu. Au lendemain du succès à Lausanne et avant une fin de saison qui passe ce samedi par Wil et qui doit confirmer mathématiquement la promotion des Genevois, le sujet est d’actualité puisque les dirigeants anticipent l’avenir. Si diriger c’est prévoir, alors la présence d’un directeur sportif est logique.

Il y a un an, quand Meho Kodro a été remercié, Didier Fischer en avait fait sa priorité, avant même le remplacement de l’entraîneur. Depuis, les choses ont évolué. Servette s’est organisé différemment et les résultats des Grenat sont là aujourd’hui pour faire la démonstration d’une qualité au rendez-vous. Mais entre la situation actuelle et celle, idéale, vers laquelle tend le club, il y a encore des différences.

Une méthode intelligente

Au poste de directeur sportif vacant actuellement (Alain Studer l’a occupé avant d’intégrer d’autres fonctions), Servette substitue désormais une commission sportive. Le staff technique de Servette en fait partie, avec en premier lieu Alain Geiger.

Mais on peut ajouter Gérard Bonneau, l’ex de Lyon, chef de la cellule de recrutement (Carlos Varela et Yoan Loche la complètent), ainsi que Lionel Pizzinat, le Team manager. Entre Geiger, Bonneau et Pizzinat, il y a de l’expérience et la connaissance de la chose foot. C’est tout ce qui était nécessaire: des hommes du milieu qui apportent leurs compétences conjointement pour définir les axes de travail.

Quand Alain Geiger veut avec raison plus d’attaquants, l’évaluation se fait au sein de cette commission qui existe par nécessité, même si elle n’est pas visible dans l’organigramme. Ensuite, la direction du club à proprement parler, qui valide cette volonté, dégage des moyens pour la faire vivre. C’est la venue de Schalk dans un premier temps. C’est, parce que Geiger insiste, l’arrivée de Koro Kone en août, même s’il faut payer à l’US Boulogne la clause de libération prévue. C’est convaincre Varol Tasar (Aarau), de s’engager avec les Grenat, au nez et à la barbe de certains clubs déjà en Super League.

La méthode est intelligente, maintenant que des hommes d’expérience et de terrain sont là pour définir les manques ou les orientations. À vrai dire, Servette pourrait même continuer ainsi sans que cela ne lui porte forcément préjudice. Vraiment?

Un Spycher ou un Gerber

La solution idéale fonctionne avec un homme fort, un vrai directeur sportif. Cela n’interdit pas une commission sportive, au contraire. Mais la présence d’un «DS» a bien des avantages. On parle ici d’un technicien à la manière d’Andres Gerber à Thoune ou de Christoph Spycher à Young Boys. Autrement dit des hommes qui définissent la politique sportive en accord avec la direction et les moyens à disposition. Ces techniciens auraient dans l’absolu leur mot à dire sur le choix de l’entraîneur, en fonction de la philosophie visée par le club dans son ensemble, en intégrant l’académie.

Quand Meho Kodro a voulu se lancer pour viser la promotion la saison passée sans attaquants ou presque, sans faire du remplacement de Nsame la priorité absolue une fois le départ du buteur acquis, un directeur sportif connaissant le foot suisse, la Challenge League et ses particularités, serait sans doute intervenu. Il se serait peut-être même questionné en amont sur la venue même de Kodro, un entraîneur sans expérience dans le coaching professionnel ou presque, sans connaissance précise du football suisse, qui ne parlait pas français et dont le système, passé l’euphorie du début, n’a pas évolué.

C’est un homme du calibre de Spycher ou de Gerber que Servette se cherche. Pas simple. Mais indispensable puisque c’est un critère fixé par la Swiss Football League. «C’est toujours un thème, mais il n’y a pas d’urgence, explique Didier Fischer. On pourrait toujours coucher un nom, mais ce n’est pas le but. Nous sommes en contact avec des personnes. On parle là d’un poste stratégique clé, c’est vrai, mais n’oublions pas que l’on n’attire pas les mouches avec du vinaigre. Servette a dû d’abord montrer sa qualité, son sérieux. On pourrait choisir Gérard Bonneau, c’est juste. Il a toutes les qualités. Mais alors je me priverais de ses compétences pour la cellule de recrutement où il fait un travail formidable. Nous avons une cellule sportive. Mais nous cherchons effectivement la bonne personne pour le poste de directeur sportif. Bien sûr, la connaissance du football suisse est un critère capital. Je dois dire que Young Boys, en termes de structures sportives, est un exemple.» Il y a pire comme exemple à suivre.

Créé: 05.04.2019, 18h22

En direct du vestiaire

Le match Wil - Servette, IGP Arena, ce samedi, coup d’envoi à 17 h 30.

Le contingent Servette est privé d’Alphonse, Sarr, Antunes et Lang, blessés. Maccoppi est malade, il ne sera pas non plus du voyage. Iapichino est suspendu. Cespedes et Séverin devraient les remplacer.

Le contexte Après le succès à Lausanne, Servette peut boucler sa semaine anglaise en faisant un carton plein avec une nouvelle victoire. Attention à rester concentré: les Grenat sont encore dans l’euphorie d’un derby qui leur a ouvert tout grand les portes de la Super League, mais ils doivent se garder de toute suffisance. Ce serait ballot de trébucher à Wil après avoir fait le plus dur à Lausanne, même si cela ne remettrait fondamentalement rien en question.

Sforza en face A Wil, Ciriaco Sforza a remplacé Fünfstück, viré. Attention: les Saint-Gallois jouent désormais une sorte de 4-1-4-1. Et plus ce schéma variant entre 3 et 5 défenseurs.

Imeri le buteur Il a inscrit son premier but avec la première équipe vendredi passé contre Winterthour. Il se souviendra aussi du deuxième. C’était le 2-0 mercredi à la Pontaise contre Lausanne. «C’est sûr que cela fait plaisir, sourit-il. Pour l’équipe surtout. Nous sommes idéalement placés, mais nous gardons tous les pieds sur terre. Les joueurs plus expérimentés se chargent de nous rappeler que rien n’est encore fait.»

Départ ce vendredi Avec un match à 17 h 30 dans la banlieue de Saint-Gall, Servette ne fignole pas: l’équipe a pris la route ce vendredi déjà. La preuve que le club ne prend rien à la légère.

Le mot de Geiger «Il faudrait une catastrophe pour que Servette rate la promotion directe? Justement: évitons ça, il faudra être autant concentré à Wil que contre Lausanne.» D.V.

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