Servette est rentré de Kriens en leader, un miracle à cultiver

FootballDeux buts de Chagas à la 91e et à la 94e ont propulsé des Grenat à la première place du classement. Fou et fragile à la fois.

Entré à la 62e minute, Chagas a marqué deux fois dans les arrêts de jeu pour offrir une victoire inespérée à Servette.

Entré à la 62e minute, Chagas a marqué deux fois dans les arrêts de jeu pour offrir une victoire inespérée à Servette. Image: Éric Lafargue

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Vertigineuse, la mise en abyme raconte tout et son contraire. Il faut faire le tri avec ce Servette-là, désormais leader de Challenge League par la grâce d’un miracle, battu 2-1 à la 90e minute par un Kriens qui n’avait rien volé, mais vainqueur 2-3 240 secondes d’arrêts de jeu plus tard.

On ne sait plus quoi penser, tout est vrai et faux à la fois: cette première période boursoufflée de suffisance, ces variations tactiques qui ruinent les automatismes, cette fébrilité individuelle, chez certains, qui gagne le collectif; mais aussi cette incroyable volonté, cette soudaine prise de risque, cette solidarité qui emporte tout alors même que la cause semble perdue. On ne sait plus si Servette a trop de caractère ou pas assez, selon les circonstances, mais on se dit surtout que si tout est toujours possible, le meilleur comme le pire, il faudra bien soigner cette personnalité schizophrène pour grandir.

Garder les têtes froides

Ici, pas question de faire la fine bouche. Cela fait trop longtemps que Servette n’avait plus trôné en haut d’un classement pour bouder sa joie. Après tout, si les Grenat ont fait le malheur de Kriens dans cet épilogue fou, c’est qu’ils se sont donné les moyens de s’asseoir à la première place. Mais à l’image d’un Alain Geiger qui a toujours répété qu’il faudrait du temps, les têtes grenat doivent rester froides.

D’abord, quatre équipes collent à Servette, en tête à la différence de buts: Lausanne, Winterthour et Wil ont eux aussi 21 points, rappelant qu’aucune hiérarchie ne se dégage. Ensuite, Servette doit son miracle à ses individualités. La poussée est sans aucun doute collective, mais il y a toujours Micha Stevanovic pour éclairer le chemin. Et à Kriens, Mychell Chagas pour l’emprunter dans le bonheur, avec ses réussites de la 91e et de la 94e. C’est réjouissant, mais presque inquiétant à la fois.

Parce que c’est à l’énergie, celle du désespoir, que les Servettiens ont forgé leur exploit dans les ultimes secondes. C’est remarquable, mais l’exercice reste bien aléatoire et, pour tout dire, les Grenat n’avaient pas le droit d’être menés 2-1 à la 90e sur le terrain du néo-promu, fût-il petit et artificiel (le terrain bien sûr). Surtout: on était en droit d’attendre autre chose de cette première période affreuse qui a surtout permis à Kriens de placer ses banderilles, d’ouvrir presque logiquement le score (corner, tête d’Elvedi qui devance des Grenat passifs), avant que, déjà, un premier mystère ne permette à Servette de revenir à 1-1 sans même le mériter (arrêts de jeu de la première période, tir dévié de Stevanovic).

Laisser Stevanovic à droite

Organisé jusque-là dans une sorte de 4-1-3-2 qui avait porté ses fruits contre Aarau, Servette avait surtout déjoué pendant 45 minutes. Sans Alphonse, blessé, Geiger avait placé Stevanovic devant à côté de Schalk. Et c’est Imeri qui était à droite, au milieu. Pas concluant. Il y a sûrement des certitudes qui se dégagent désormais et laisser Stevanovic sur son flanc droit, quitte à lui permettre de dézoner plus souvent, en fait partie. C’est la seule façon de profiter des deux attaquants que veut Geiger. C’est d’ailleurs en seconde période, quand le Bosnien retrouvait plus souvent son jardin, à droite, que l’esquisse d’un jeu plus réfléchi prenait forme.

On doit également tirer le chapeau à Chagas. Il entre contre Aarau la semaine précédente et se fait l’auteur d’une déviation géniale pour le 2-1 de Séverin. Il débarque à la 62e sur le synthétique de Kriens et surgit comme Zorro par deux fois dans les arrêts de jeu. Bien plus efficace que le besogneux Schalk, dans un registre différent.

Servette cherche encore la solution stable aux multiples schémas de jeu qu’il explore, souvent par nécessité (Sauthier et Alphonse blessés samedi). Nul doute que Stevanovic doit jouer sur le flanc droit le plus souvent, Wüthrich en No 10. Il faut aussi choisir le bon libero du milieu. Idem pour le flanc gauche, avec un Séverin si souvent en difficulté sur cette position (il est central de formation) et qui reste le point faible de Servette. Devant lui? Duah, qui a enfin joué ses premières minutes, pourrait être une option, mais avec Cognat (un ton en dessous samedi), Servette a une solution percutante. Le 4-1-3-2 pourrait alors être vraiment intéressant, avec un choix à opérer devant, deux places pour quatre entre Schalk, Chagas, Alphonse et Kone, qui est plus que jamais attendu. Des soucis de riche, qu’il faudra gérer. (TDG)

Créé: 29.10.2018, 08h40

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