Servette et ces questions autour de ses buteurs

FootballKoro Kone n’en est qu’à trois réussites. Cela n’empêche pas les Grenat de marquer, mais ça complique les choses.

Le blues du buteur en mal de réussite? Koro Kone n'en est qu'à trois buts inscrits jusque-là.

Le blues du buteur en mal de réussite? Koro Kone n'en est qu'à trois buts inscrits jusque-là. Image: Eric Lafargue

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Un bonheur et un drame pour un même vertige: s’offrir des chances de marquer en se créant des occasions; les rater, même les plus simples, surtout les plus simples. Le buteur est parfois enfermé dans un tropisme vicieux et au Servette FC, il en est un qui vit le moment comme une douleur.

On aurait tort de pointer du doigt Koro Kone comme seul responsable des soucis de finition grenat. L’affaire est collective, beaucoup l’ont accompagné dans la maladresse à Saint-Gall. On aurait tort aussi de croire que Servette est imprécis depuis le début de la saison. En réalité, les statistiques démontrent le contraire: les Grenat convertissent plus de buts qu’ils ne le devraient (en termes de pourcentages de chances d’inscrire un but) et les ratés de dimanche passé ne devraient alors être considérés que comme un retour à l’équilibre. En fait, c’est comme si Servette inscrivait souvent des buts compliqués et manquait les plus évidents. Pourquoi pas? Sauf que cela n’aide ni Koro Kone, l’attaquant titulaire des Servettiens, ni Grejohn Kyei, son remplaçant actuel, ni Alex Schalk, qui bataille pour revenir de blessure.

La réalité chiffrée

Servette n’est pas sur une mauvaise pente. Il se crée des occasions, manque souvent les plus évidentes pour trouver la faille sur des exploits individuels. Mais la réalité chiffrée rattrape les buteurs. Kone, c’est 945 minutes depuis le début de la saison, en 14 matches (11 fois titulaire), pour trois minuscules buts et aucun assist. Il lui faut donc trois rencontres et demi pour faire trembler les filets. Dans une équipe qui pratique un foot offensif, c’est insuffisant.

Kyei en est à 640 minutes disputées (7 fois titulaire) pour un seul but: cela fait un but tous les sept matches, avec un assist en prime. Schalk, le troisième attaquant nominal est blessé. Il lui faut encore deux semaines avant de retrouver le terrain. Une solution de moins pour Geiger. Le Néerlandais, avec 758 minutes jouées et 4 buts (un tous les deux matches) a de plus trois asssists à son actif.

Servette a donc compté donc davantage sur Tasar (6 buts, 2 assists), Park (4 buts, 2 asssits, alors qu’il n’était pas là au début du championnat), Wüthrich (4 buts, 4 asssits, plus convoqué désormais), voire Stevanovic (3 buts et 8 asssits). Ce n’est pas un problème en soi, mais cela pourrait en devenir un pour les buteurs attitrés qui sont à la peine. Koro Kone le premier.

Kone reste concentré

L’Ivoirien est sans doute précieux dans le jeu, mais pas assez efficace devant le but, loin s’en faut. De quoi virer à l’obsession pour lui, auteur de 11 buts et 4 assists la saison passée? Il n’a pas souhaité s’exprimer sur la question, préférant se concentrer sur le terrain. Grejohn Kyei, a répondu. «Nous parlons en général de cela avec Koro, avec le staff aussi, notamment après le match de Saint-Gall et les occasions que nous avons manquées, explique-t-il. Il y a une frustration, oui. Nous essayons de rester positifs, ce serait pire si nous n’avions pas eu de chances de marquer. Mais il ne faut pas tomber dans le piège de ne penser qu’à ça. Il faut travailler pour réussir à s’en libérer. Quand un buteur manque une grosse opportunité, il est la cible des critiques. Il faut l’accepter parce qu’il est aussi le héros quand il marque. Alors il faut être fort, assumer, se relever et aller de l’avant.»

Pour cela, Kone et Kyei peuvent compter sur leurs coéquipiers et sur le staff. Alain Geiger transmet sa sérénité. «Je ne pense pas que Koro ait perdu confiance, assure-t-il. Pas plus qu’un autre. Il faut seulement travailler et progresser, se montrer encore plus exigeant envers soi-même. Nous les entourons, tout se passera bien.»

Pour cela, il faudra que Kone et Kyei trouvent le détachement nécessaire devant la cage, au moment de conclure. Le geste le plus simple et le plus compliqué. «Je leur en demande beaucoup, tempère Geiger. Le pressing, l’engagement, les courses: ce n’est pas simple, encore moins quand nous évoluons avec un seul attaquant.» L’homme est protecteur. Il s’est quand même pris la tête à plusieurs reprises, depuis la touche, à Saint-Gall quand les maladresses se multipliaient devant.

Kone a encore quinze matches pour montrer qu’il peut être l’homme de la situation. Moins, si Geiger décide de donner plus souvent sa chance à Kyei ou à Schalk, quand ce dernier sera à nouveau opérationnel.


Les conseils d’un expert «JP» Nsame

Vingt matches jusque-là pour lui, 17 buts déjà à son actif. Jean-Pierre Nsame caracole en tête du classement des buteurs de Super League. Il avait fait le bonheur de Servette, de YB maintenant, d’un club étranger bientôt.

Mais il a gardé en tête ces moments plus compliqués, déjà survenus dans sa carrière, quand le ballon ne voulait pas rentrer. Exactement ce que traverse Koro Kone actuellement. «Au début, c’est dur de vivre avec ce sentiment, lance-t-il. Pourtant, il faut l’accepter. Accepter de rater et ne pas douter. Se persuader que cela arrive également aux meilleurs. C’est un travail mental qui commence sur le terrain, à l’entraînement.»

Sur ce plan, Nsame est un monstre de boulot. Parfois, il arrive avant les autres, Sans gardien, il cherche un angle dans la cage, une zone de frappe. Méticuleusement il recommence. Et puis combien de temps passé, en marge de l’entraînement collectif, à fusiller le pauvre Cyril Dumont pour parfaire son geste, lorsqu’il menait l’attaque de Servette en Challenge League?

«Je recommençais des dizaines de fois, jusqu’à ne plus rater, explique le buteur. Pour que le mouvement soit totalement intégré, naturel, réflexe. Je ne m’entraînais pas pour m’améliorer, mais pour ne plus rater. »

Et pour la tête? Koro Kone préfère ne pas parler, à la presse en tout cas. «Ce n’est pas une bonne chose, je l’ai aussi fait à l’époque, pensant que me refermer sur moi était bien, lance-t-il. Sauf que tu finis par n’avoir plus que ça en tête. Il aurait dû en profiter pour en discuter. Pour mettre des mots sur sa situation, pour s’exprimer. Cela permet d’extérioriser. Dire les choses, c’est aussi exprimer des intentions et ça aide. D.V.

Créé: 13.02.2020, 17h03

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