Servette sera face à Sion, mais aussi face à lui-même

FootballLes deux frères ennemis sont en mal de points. Le derby de ce samedi soir, à Tourbillon, promet d’être chaud. Les Grenat le savent

Opérer le bon choix, trouver le bon geste. C’est sur ce terrain-là qu’on attend les Servettiens, et notamment l’attaquant Alex Schalk.

Opérer le bon choix, trouver le bon geste. C’est sur ce terrain-là qu’on attend les Servettiens, et notamment l’attaquant Alex Schalk. Image: Lafargue

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«On n’est pas loin… Il ne manque que peu de chose, d’ailleurs aucune équipe ne nous a déclassés.»

Avec une foi de charbonnier, Alain Geiger assène ses vérités. Il n’a pas tort: «son» Servette FC n’est jamais très loin de son adversaire, les nuls et les défaites qui se succèdent inexorablement depuis six matches laissent toujours les Grenat sur leur faim, avec ce sentiment frustrant qu’ils auraient pu mieux faire, ici l’emporter, là inscrire un point. Pourquoi pas, oui. Sauf qu’à la veille du Sion-Servette de ce samedi soir, le temps n’est plus aux sophismes.

Ce derby des frères ennemis, c’est l’occasion de faire face à Sion, mais aussi, pour Servette, de se faire face. Dans le miroir, les Grenat peuvent se bercer du reflet idyllique qui leur a été renvoyé à l’aube de la saison. Ou ouvrir les yeux sur ces images moins glamours qui forment aussi son visage, en creux.

Ce n’est sans doute pas le musée des horreurs, mais c’est déjà celui des malheurs. Ce derby est une occasion à saisir pour les Grenat de corriger le tir. Petit tour d’horizon de ces détails qui n’en sont pas et qui plombent le rendement des Servettiens.

Les erreurs individuelles

Comme elles ne prêtaient pas à conséquence en Challenge League, les erreurs individuelles étaient diluées dans ces victoires qui s’enchaînaient. «Timo» Cognat aurait pu s’essayer au dribble en étant le dernier défenseur, que les Grenat auraient inscrit trois buts dans la foulée. Sauf qu’en Super League, ce n’est plus la même musique. La bourde du Français contre Saint-Gall, c’est l’exemple du travers à gommer. «C’est fait, c’est une grosse erreur de ma part, je n’aurais même pas dû contrôler, explique Cognat. Je retiens la leçon.»

Par extension, les erreurs individuelles, c’est aussi le repli défensif qui est oublié (Tasar, même s’il progresse dans ce domaine). Mais cela concerne aussi l’attaque: c’est le manque de précision à la finition. On attend bien plus de Kyei, on aurait souhaité qu’au moins une des deux têtes (Sasso et Rouiller) contre Saint-Gall fasse mouche. Ce sont toutes ces scories à gommer, qui concernent tout le groupe.

L’impact physique collectif

Dans un fantasme presque entretenu par les Servettiens eux-mêmes, il y a cette idée du beau jeu érigé en dogme. C’est toujours mieux que de prôner le minimalisme, mais à l’exercice, Servette s’est bien rendu compte qu’il lui faut imprimer un impact physique, collectif, pour porter l’esthétisme voulu de son jeu.

Pour chacun des Grenat sur le terrain, cela suppose d’élever son niveau d’implication. Et, surtout. de mettre de l’intensité, du rythme. Cela vaut pour Ondoua, dont on attend toujours qu’il s’impose comme le patron en No 6. Et donc aussi pour Maccoppi et Cespedes. Cela vaut également pour Wüthrich, afin qu’un mouvement collectif soit perceptible. «C’est ce que j’appelle la puissance collective, lance Geiger. Mes joueurs doivent s’impliquer davantage. Mais ils savent se battre.» Pas d’autre horizon, de toute façon, face à un Sion qui reste sur quatre défaites consécutives et dont le défi physique sera un argument de poids.

L’intelligence de jeu

En football comme partout, tout est affaire de choix. Opérer les bons aux moments décisifs et une partie du chemin est fait. En matière de choix, ou d’intelligence de jeu, Servette souffle encore le chaud et le froid. Il est capable de s’inventer une action de rêve, mais de trébucher sur la dernière passe. Ou de ne pas sentir le tempo ou l’orientation d’une action de rupture.

Il est vrai que sans Iapichino jusqu’à dimanche dernier (il était blessé depuis avril), Geiger n’avait pas de bonne solution sur le côté gauche. Corollaire: le jeu penchait à droite et les adversaires le savaient. Mais c’est dans la justesse des ruptures, dans le timing de la dernière passe que Servette a encore une grosse marge de progression. Stevanovic est attendu pour faire valoir son sens de la passe, Wüthrich aussi, Cognat encore, qui a retrouvé des couleurs contre Saint-Gall, mis à part sa bourde. Mais Rouiller aussi, première rampe de lancement. Ou Tasar, qui doit prendre les bonnes décisions après ses premières fulgurances. Tout comme Schalk d’ailleurs. Et puis l’intelligence, c’est aussi le bon geste pour conclure. Il y a encore du boulot à ce niveau.

Une dynamique à relancer

Servette se cherche encore une identité. Geiger a exploré plusieurs systèmes, avec quatre défenseurs, un seul ou deux No 6, un ou deux attaquants, trois défenseurs dernièrement. Au-delà des schémas que des professionnels doivent maîtriser, il y a surtout une dynamique commune à relancer. Ce derby est là pour ça: Servette doit faire face à Sion, mais plus que jamais à lui-même.

Créé: 26.10.2019, 09h11

En direct du vestiaire

Le match Sion-Servette, Tourbillon ce samedi, coup d’envoi à 19 h.

Le contingent Servette doit composer sans Koro Kone, blessé. Sinon, Geiger a tout le monde à disposition. À Sion, Adão, Buchard, Fickentscher, Khasa, Kouassi, Nsakala et Raphael sont annoncés blessés.

Le contexte Il est tendu pour les deux équipes. Sion reste sur quatre défaites consécutives. Servette alterne les nuls et les défaites sans avancer ou presque depuis sa dernière victoire, qui remonte au 25 août. C’était en déplacement, à Thoune, avec une belle victoire 4-0. De quoi donner des idées aux Grenat? À noter: Constantin a précisé qu’Henchoz n’était pas menacé.

La visite Le vrai derby, c’est entre Sion et Servette. Afin que personne ne l’oublie, des représentants de la Section Grenat, les plus fidèles parmi les fidèles, ont rendu une visite (organisée à cet effet) aux joueurs. «Oui, ils sont venus nous voir, explique Cognat. C’est bien, un bon échange. Ils nous ont rappelé ce que ce match représentait. Cela m’a fait penser aux derbies entre Lyon et Saint-Étienne. Bien sûr que nous voulons tous la même chose, une victoire de Servette à Sion.»

Le mot de Geiger «J’ai un peu piqué mes joueurs. Je leur ai dit que c’était tout de même curieux de voir que Iapichino avait été le meilleur joueur contre Saint-Gall, alors qu’il revenait de six mois de blessure. Sinon, nous allons revenir sans doute à un 4-4-2, un attaquant et Wüthrich en soutien. Je ne crois pas qu’une défense à trois soit ce qui convient le mieux à l’extérieur, où on se retrouve souvent à cinq derrière si le bloc est bas. Je ne veux pas subir, mais avoir la possession.» D.V.

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