Servette doit trouver de nouveaux équilibres

FootballLes Grenat composeront dès samedi sans Wüthrich. Geiger n’est pas inquiet, mais il faudra s’adapter.

Le 8 décembre, avec un Park en feu et sans Wüthrich (suspendu), Servette fessait Zurich 5-0 au Letzigrund. Un match référence.

Le 8 décembre, avec un Park en feu et sans Wüthrich (suspendu), Servette fessait Zurich 5-0 au Letzigrund. Un match référence. Image: Eric Lafargue

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Pas de sentimentalisme. Sébastien Wüthrich a été un pion essentiel de Servette durant deux ans et demi, l’un des artisans majeurs de la promotion, un homme capital pour Geiger lors de la première partie de saison réussie des Grenat en Super League, mais Alain Geiger va devoir composer désormais sans son No 10, faute d’accord trouvé entre le joueur et le club pour une prolongation de contrat au-delà du mois de juin. Par-delà toutes les considérations, c’est la seule réalité gouvernante, on le sait. Ce qu’on mesure moins, ce sont les adaptations nécessaires et les nouveaux équilibres à trouver.

À l’aube de la reprise, pour un Servette FC qui a misé sur la stabilité sans s’activer sur le marché des transferts, le point d’interrogation courbe ses traits à l’envi: comment jouer sans celui qui avait pris une importance capitale dans le jeu grenat? Personne n’étant irremplaçable, il faut voir calmement ce que l’absence programmée de Wüthrich peut impliquer pour le groupe et surtout comment Geiger peut s’organiser sans lui sur le terrain.

Quel système?

Avec Wüthrich, Servette a toujours particulièrement affectionné le 4-2-3-1. Le No 10 grenat n’était pas Messi, mais son intelligence de jeu et sa technique supérieure offraient bien des solutions créatives. Ce système est-il toujours viable sans lui? Plusieurs solutions peuvent se dessiner. Le prometteur Ricardo Alves, qui vient d’intégrer le contingent pro, a toutes les qualités pour s’imposer. Cela demandera toutefois un apprentissage. Servette peut aussi jouer, poste pour poste toujours, avec Park, Cespedes, Tasar, voire Stevanovic. Bref, les solutions existent. Avec les mêmes équilibres? Peut-être pas. Mais le groupe sait s’adapter, il a souvent terminé des rencontres sans Wüthrich au premier tour, avec des remaniements.

Servette a aussi joué sans son meneur de jeu. Le match référence, c’est évidemment la gifle infligée à Zurich au Letzigrund le 8 décembre (5-0). Wüthrich était suspendu, les Grenat évoluaient alors dans un 4-4-2 tourné vers la rupture. Le FCZ avait explosé notamment avec trois buts de Park pour sa première titularisation. C’est entre ces deux systèmes, avec des adaptations tactiques selon les hommes choisis, que la vérité se trouve.

L’avis de Geiger: «J’ai pas mal de solutions, assure l’entraîneur. Il est clair que Wüthrich nous a beaucoup apporté depuis plus de deux ans. Mais la situation est ce qu’elle est, je fais avec. Nous avons la qualité. Bien sûr que l’on peut penser au match à Zurich. L’avenir pourrait ressembler, en termes de système, à ça, oui. Même si Park ne va pas marquer trois buts à chaque match. Cela dépend aussi des profils qui seront choisis. Autrement dit si l’on part sur un vrai 4-4-2 ou sur un neuf et demi autour d’un attaquant. Rien n’est acquis, nous allons nous adapter, sans doute en cours de match aussi, comme nous l’avons déjà fait. Stevanovic en 10? Je ne sais pas. Il est bien sur la droite, il s’y sent bien et n’a pas forcément envie de se recentrer. Il faut voir. Je ne suis pas du tout inquiet. Je perds un bon joueur, avec une superbe patte gauche, mais l’embêtant aurait été de me retrouver sans solution. Or, j’en ai.»

Quelle influence sur le groupe?

Wüthrich était titulaire et l’un des leaders du vestiaire, membre du comité des joueurs. Il n’est pas convoqué pour le match à Neuchâtel de ce samedi, contre Xamax. Ce changement de statut brutal d’un membre éminent du groupe et du terrain peut-il avoir une influence négative sur la vie de la famille grenat? Il faut espérer pour Servette que non. De toute façon ce n’est pas dans l’intérêt du joueur, qui peut actuellement s’entraîner avec ses coéquipiers, même s’il ne jouera plus, d’intriguer en coulisses. Ce n’est d’ailleurs pas son style. Et puis les choses sont claires. Comme aucun accord n’a été trouvé avec le club, Servette prépare l’avenir sans lui. Tout le monde s’en accommode, Wüthrich aussi.

L’avis de Geiger: «C’est moi qui ai décidé de continuer à travailler avec Sébastien, même si la situation est ce qu’elle est, explique Geiger. Il faisait partie des cadres, du comité d’équipe. J’ai demandé aux joueurs si cela posait problème maintenant. Ce n’est pas le cas. Il y a un respect mutuel, il fait toujours partie des cadres du groupe. Après, tout le monde savait que les choses seraient différentes dès la reprise. Pour l’instant, il est là et il n’y a pas le moindre souci avec lui. Mais pour son bien, je ne peux que souhaiter qu’il trouve une solution qui lui convienne et qu’il parte pour jouer. Il le mérite.»

Conséquences à court terme

Servette s’en va à Xamax samedi sans Sébastien Wüthrich. Mais sans inquiétudes particulières non plus. Il faudra peut-être trouver de nouveau repères, de nouveaux automatismes, la connexion Cognat-Wüthrich si naturelle n’existera plus, mais d’autres feront leur apparition. Le plus vite sera bien sûr le mieux, les premiers éléments de réponse interviendront samedi soir à la Maladière.

L’avis de Geiger: «Servette ne va pas changer son ADN parce que l’un de ses bons joueurs n’est plus sur le terrain, lance-t-il. Encore une fois, je ne suis pas démuni. Pour samedi, j’ai déjà plus ou moins le onze de départ en tête. Après, il s’agit de voir encore comment l’articuler.» Un 4-4-2 ou une sorte de 4-2-3-1 avec un élément qui tourne autour d’un attaquant nominal. À vérifier samedi.


Les solutions concrètes pour samedi

Pour la reprise du championnat samedi à Neuchâtel, Servette va composer sans Wüthrich. Alain Geiger a déjà une idée relativement précise du onze de départ. On peut imaginer quelque chose de logique. Frick dans les buts, bien sûr. Sauthier-Rouiller-Sasso-Iapichino pour la ligne défensive. Le duo Ondoua-Cognat au milieu dans l’axe. Stevanovic sur la droite, Park ou Tasar sur la gauche. Voilà pour les certitudes.

Pour le reste, cela dépend des choix de Geiger. Si Servette veut jouer avec deux attaquants en 4-4-2, ce devrait être avec Kyei et Kone, (Schalk est blessé). Mais les Grenat pourraient aussi se présenter avec un faux 9, plus en retrait. Cespedes a été testé à cette place, Park aussi. Tasar pourrait aussi jouer ce rôle de feu follet autour d’un seul point d’ancrage devant (Kyei ou Kone). Il y a sans doute de l’impatience dans les rangs grenat, surtout face à un Xamax plus battu par Servette à la Maladière depuis 2003!, mais «avant de vouloir en faire trop, il faut retrouver le rythme, cela suppose des réglages et de la vigilance», avertit Geiger. D.V.

Créé: 23.01.2020, 17h55

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