Servette doit se souvenir de ce qui le fait grandir

FootballPhysique, intensité, rythme, efficacité: la copie parfaite des Grenat, qui infligent au leader YB sa première défaite de la saison.

Tasar, homme du match avec deux buts, jubile avec Kyei, Sorensen est à terre. Le résumé en image de ce Servette-YB.

Tasar, homme du match avec deux buts, jubile avec Kyei, Sorensen est à terre. Le résumé en image de ce Servette-YB. Image: Eric Lafargue

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Dans ces regards fuyants et ces têtes basses, à la fois tout le désarroi des Bernois et, en creux, le triomphe de Servette. Arrivé en leader invaincu, Young Boys est reparti du Stade de Genève battu, étrillé par des Grenat impressionnants dans tous les secteurs de jeu. Il y a là une forme d’exploit indiscutable, l’idée d’une réponse solaire à cette grisaille pluvieuse qui s’installait depuis trop longtemps dans le ciel grenat.

Les vérités étant souvent éphémères, on attendra de trouver la multitude de confirmations espérées après ce 3-0 sans appel, mais enfin, ce Servette conquérant a cette fois livré une prestation pleine, complète dans la durée et dans l’intensité. Il lui faudra s’en souvenir, puisque c’est exactement ce qui doit lui permettre de grandir. On pourra toujours dire que le 4-4-2 du Young Boys de Seoane, relativement ouvert au milieu, a facilité la recherche des espaces. Ce serait réducteur. Le Servette de dimanche, qui courrait après une victoire depuis le 25 août, a tout simplement hissé son niveau dans bien des domaines de jeu.

Intensité et rythme

Le potentiel des Grenat est chose acquise. Sans intensité collective, sans rythme imprimé dans les gestes, l’esthétisme supposé ne sert pourtant à rien. Dans une sorte de 4-4-1-1 qui se transforme volontiers dans un 4-2-3-1 qu’il connaît, Servette a compris que par-delà les schémas, il lui fallait justement ces ingrédients physiques. Qu’il ait réussi à imposer cela face au double champion en titre n’est pas anodin et doit servir de point de repère pour l’avenir.

Ce magnifique succès a aussi coïncidé avec un contingent au complet, ou presque. Il manquait Schalk (suspendu), Imeri et Koné (blessés), mais Alain Geiger avait tout son monde à disposition, au milieu notamment. Cela rappelle le tribut payé par les Grenat aux blessures (Cognat, Ondoua notamment). «Timo» Cognat est aussi essentiel dans ses liaisons avec Wüthrich et son retour en forme n’est pas étranger à la performance dominicale aboutie. Ondoua est capable de peser physiquement sur l’adversaire médian: quand il n’évolue pas dans un faux rythme, il est un bon complément à l’indispensable Français.

«Oui, Wüthrich est le chef d’orchestre, celui qui peut faire jouer les autres, souriait Geiger. Chacun a son rôle. Tasar, c’était celui qui a enfoncé le clou. Mais il y a eu une performance collective, dans les duels, sur les deuxièmes ballons, avec cette fois, enfin, la concrétisation des occasions. Nous étions moins naïfs. Je sens dans les comportements des uns et des autres que l’équipe gagne en maturité.»

Tout cela a payé en deux minutes. Jusqu’à ce dimanche, Servette n’avait pas encore marqué dans le jeu au Stade de Genève. Après la pause, les Grenat allaient passer trois buts à YB. Ondoua qui sert Tasar, lequel trouve Wüthrich: le centre écrasé du meneur de jeu retrouvait justement Tasar pour le 1-0. Deux minutes plus tard, l’ex-Argovien doublait la mise sur une frappe sourde qui provoquait une faute de main de Von Ballmoos. Avant un bijou de centre de Cognat pour la tête de Wüthrich et le 3-0. YB aura bien tenté de réagir. mais à part une volée de Nsame sur le poteau, rarement les Bernois auront eu leur mot à dire.

Comme un déclic?

Ce match comme un déclic, enfin, pour un Servette trop souvent habitué à l’inconstance? «Un tel match peut opérer comme un déclic, oui, lançait Geiger. On en avait besoin, mais il faut continuer à travailler dans cette voie.»

Samedi, c’est à Lucerne que les Servettiens vont mesurer les vertus de leur prise de conscience. Rien de comparable à ce YB qui laisse des espaces. Une raison de plus pour une nouvelle mobilisation collective. En plus de son beau succès, Servette s’est offert de nouvelles responsabilités. De celles qui font avancer.


Tasar: «On n’a rien lâché»

Avec ses deux buts qui ont sonné Young Boys en deux minutes, Varol Tasar incarne le bonheur grenat. «On voulait tous montrer de quoi nous étions capables, souriait-il. Nous étions à 0-0 à la pause, mais nous n’avons pas douté. Nous sommes simplement revenus sur la pelouse pour marquer et gagner.»

Marquer et gagner: tout semble si simple que l’on en oublierait la réalité. Qui veut que ce dimanche, Servette a inscrit à domicile ses premiers buts dans le jeu (pas suite à des balles arrêtées). «Nous savons jouer, nous savons aussi nous battre, tout était parfait, résumait Tasar. On n’a rien lâché. Maintenant, on peut aller dormir tranquille.»

Avec le sentiment du devoir accompli, oui. L’équilibre retrouvé entre le côté droit et le côté gauche de Servette a bien sûr aidé aussi. Avec Iapichino, qui combine avec Cognat, Servette peut se montrer dangereux à bâbord, tandis qu’à tribord Stevanovic et Sauthier s’y entendent pour partir à l’abordage. Les relations triangulaires entre Wüthrich, Cognat et Tasar sont également précieuses, avec Ondoua en couverture. Enfin, si Kyei reste parfois brouillon devant, sa présence physique a gêné les Bernois. Derrière? Une frayeur pour Sasso et une pour Iapichino, sans conséquence, le minimum dans un tel match.

L’ex-Grenat d’YB, Jean-Pierre Nsame, pestait peut-être sur la pelouse grasse, mais relevait l’essentiel: «Servette a fait tout juste.» Si c’est lui qui le dit. D.V.

Créé: 03.11.2019, 21h30

Servette - Young Boys 3-0 (0-0)

Stade de Genève, 8065 spectateurs.

Arbitre: M. Fähndrich.

Buts: 61e Tasar 1-0; 63e Tasar 2-0; 73e Wüthrich 3-0.

Servette: Frick; Sauthier, Rouiller, Sasso, Iapichino; Stevanovic, Ondoua (86e Chagas), Cognat, Tasar (80e Cespedes); Wüthrich (75e Azevedo); Kyei.

Young Boys: Von Ballmoos; Janko (66e Spielmann), Zesiger, Sorensen, Lotomba; Fassnacht, Aebischer, Gaudino (37e Bürgy), Ngamaleu; Assalé (80e Mambimbi), Nsame.

Avertissements: 32e Ondoua (jeu dur), 35e Gaudino (antijeu), 45e Nsame (réclamation), 70e Cognat (antijeu), 71e Zesiger (antijeu).

Notes: SFC sans Schalk (suspendu, sans Imeri et Kone (blessés).

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Hong Kong: un pays, deux systèmes
Plus...