Servette a deux semaines pour retrouver sa verve

FootballRevenus de 0-2 à 2-2 face à Xamax, les Grenat se sont tirés d’un mauvais pas à l’énergie. La pause internationale est la bienvenue

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À tordre la réalité pour sculpter des formes convenues d’avance, on avait oublié l’essentiel: le réel dépasse la fiction. Servette et Xamax l’ont rappelé dans un derby joué à l’envers, loin de tout bon sens. Il fallait s’attendre à des Neuchâtelois fébriles face à des Genevois gonflés de toutes les assurances? C’est une image en creux qui s’est dessinée sur la «pelouse» ravagée du Stade de Genève (un champignon a «mangé» et jauni le gazon). Xamax s’est surpris à surprendre un Servette qui s’est surpris à se surprendre lui-même de sa suffisance initiale. Avant que tout ne s’inverse après la pause. Destins croisés qui voyaient Xamax perdre l’avantage mérité qu’il s’était bâti (2-0) quand Servette avait enfin retrouvé ses esprits pour réduire le score, avant d’égaliser. Ce 2-2 dit beaucoup de choses.

Pour Servette davantage encore que pour Xamax. Les Neuchâtelois savent bien qu’ils sont promis à la lutte au maintien. Ils pourraient sans doute espérer un peu mieux, un supplément d’oxygène, s’ils savaient gagner. Manifestement, la crispation qui a contaminé le groupe de Joël Magnin après la pause, alors qu’il y avait 2-0 pour le visiteur, a permis à un Servette enfin réveillé de refaire surface. «Il faut retenir la deuxième période et oublier la première», soufflait Steve Rouiller. Non. Il faut plus sûrement relativiser ce retour de flamme favorisé par le recul de Xamax et ouvrir les yeux sur ce qui s’est passé avant, dans une première mi-temps affreuse.

Rien n’allait plus

Le musée des horreurs pour commencer. Si Servette a porté un vent de fraîcheur depuis le début de la saison, il s’est étouffé dans ses propres lourdeurs durant 45 minutes. Autrement plus agressifs et organisés, les Neuchâtelois ont d’abord fait tout juste au Stade de Genève, dribblant les Grenat et les champignons qui avaient rongé la pelouse. Par un curieux mimétisme, ce Servette jaunâtre était très loin de son potentiel et il l’a payé cher.

«Certains joueurs n’étaient pas dedans», résumait Alain Geiger. Pas qu’un peu. Sur le premier but de Xamax, Séverin s’oubliait complètement, laissant Nuzzolo frapper une volée parfaite. Sur le second, Sasso (déjà absent face à Ramizi après six minutes), ne pouvait que constater les dégâts: l’ouverture de Nuzzolo pour Karlen, qui devançait facilement le Français. Mais c’est tout Servette qui n’y était pas.

Une faillite collective

C’est Tasar sans percussion et avec des replis défensifs hasardeux, c’est Séverin dépassé sur le flanc gauche, c’est Schalk et Chagas (à la sortie de Cognat, blessé à la cheville dès la 25e) qui ont bien de la peine en Super League face à une défense intelligemment regroupée, c’est Wüthrich sans idées et sans relais au milieu, c’est Gonçalves qui ne fait pas oublier un Sauthier blessé. Avec Cespedes qui tentait de s’accrocher et Stevanovic esseulé sur la droite (qui a même tenté d’inverser avec Tasar), c’était trop peu. Le premier réglage, ce passage à un 4-4-2 en losange, au milieu de la première période, n’aura rien réglé face à ce 5-3-2 compact de Xamax.

Il aura fallu attendre la pause et le coup de gueule de Geiger pour que les Grenat reprennent un peu leurs esprits. Ce Xamax rattrapé par la fébrilité à l’idée de remporter son premier match de la saison a reculé après la pause sous la pression désordonnée des Servettiens. Ce n’est pas vraiment par le jeu, cette fois, que Servette s’est tiré d’un mauvais pas. C’est grâce à deux balles arrêtées, une nouvelle arme précieuse. Sur un corner de la 35e, Chagas avait touché la latte. Après la pause, c’est avec deux assists d’Imeri, sur deux corners, que les Grenat ont égalisé. Avec une superbe tête d’un Sasso retrouvé et avec l’aide de Djuric (autobut), poussé à la faute par Schalk. En passant à une défense à trois pour forcer le destin. Mérité, à la vue de la réaction servettienne. Mais au moins aussi fragile que ce Xamax gagné par le doute.

Des solutions à travailler

Servette a mérité son point. Xamax aussi. Cela ne remet pas en cause le très bon début de saison des Grenat, mais ils auraient tort de fermer les yeux sur les difficultés rencontrées, eux qui n’ont pas pu passer par les côtés comme à leur habitude. Eux qui auraient dû battre Xamax à domicile, eu égard aux potentiels en présence. Le retour de Kone, bien plus précieux devant que Chagas ou Schalk, est attendu. L’arrivée de Kyei aussi, un attaquant puissant pour offrir des solutions. Et il faudra composer sans doute quelque temps sans Cognat (cheville touchée).

Passé l’effet de surprise, Servette est attendu, les adversaires trouvent des parades toujours plus pertinentes pour gêner les Grenat, notamment sur les côtés (le droit principalement pour boucler Stevanovic). Le potentiel technique est là pour libérer des solutions, le cœur aussi et c’est sans doute l’essentiel, mais c’est déjà le nouveau défi de Servette qui commence. Il a la pause internationale pour y travailler.

Créé: 02.09.2019, 13h52

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