Quand Servette se déplace, c'est pour gagner. Même à Bâle...

FootballLes Genevois ont concédé, samedi à Saint-Jacques, leur première défaite de la saison. Mais ils ont envoyé un signal fort.

Coemert, Campo, Xhaka et Widmer ont souvent regardé Cognat et les Servettiens faire le jeu samedi à Bâle. Mais à la fin, c’est Bâle qui a gagné…

Coemert, Campo, Xhaka et Widmer ont souvent regardé Cognat et les Servettiens faire le jeu samedi à Bâle. Mais à la fin, c’est Bâle qui a gagné… Image: ERIC LAFARGUE

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

S’il devait être concevable de s’incliner avec la manière, alors la défaite de Servette à Bâle samedi soir ferait figure d’archétype. Que l’injustice du score est douce lorsqu’elle se savoure sans regret. Certes, Koro Koné a raté deux montagnes. Certes encore, les deux premiers buts bâlois – un autogoal et un rebond chanceux – étaient largement évitables. Certes toujours, Taulant Xhaka aurait mérité d’être expulsé après son agression sur Sébastien Wüthrich et Timothé Cognat (25e). Pour autant, ces trois coups du «sort», aux conséquences comptables indéniables, n’ont jamais détourné les Grenat des rails qui les ont menés dans l’élite. Servette a perdu pour la première fois de la saison, mais il a encore grandi dans ses certitudes: le jeu est sa planche de salut.

Deux chiffres pour illustrer l’emprise des hommes d’Alain Geiger au Parc Saint-Jacques: ils ont plus fait vivre le ballon que le grand FCB (52% de possession) tout en commettant moins de fautes (9 contre 13). Pas de quoi rougir pour un néo-promu. Mieux – et c’est difficilement quantifiable statistiquement – ils ont été à la hauteur du défi physique imposé par les Bâlois. Que de duels gagnés dans l’entrejeu, que de seconds ballons récupérés, le tout sans jamais sombrer dans le brouillon. Tête froide, orienté solution, le SFC a impressionné.

«Rien à leur reprocher»

«Je n’ai rien à reprocher à mes joueurs, confirmait Alain Geiger au terme de la rencontre. On a joué face à un FC Bâle qui possède des hommes de grande expérience, qui ont joué la Ligue des champions, qui sont internationaux pour certains. Nous, on n’a pas ça; nous, on apprend. On a essayé de se mettre à leur niveau et ça a plutôt bien fonctionné. Ensuite, on a péché par naïveté. Mais voilà, le haut niveau, ça ne s’apprend que par le vécu, pas par la théorie. Je suis content parce qu’on a joué crânement notre chance, on a essayé de faire un truc. On a perdu ce soir (ndlr: samedi), mais on a appris pour la suite.»

Le danger est pourtant immanent, il guette au tournant. Et si, à force de se casser les dents sur le pragmatisme adverse, le SFC revoyait ses ambitions footballistiques à la baisse, pour garer son autocar défensif devant Jérémy Frick, le trouillomètre en bandoulière? «Où qu’on aille, que ce soit à Bâle à Berne ou à domicile, on essayera toujours de proposer du jeu, (r)assure Vincent Sasso, encore excellent samedi soir dans à peu près toutes ses intentions. C’est notre identité et c’est aussi ce qui fait notre force. On ne va pas commencer à jouer contre nature, en balançant des longs ballons.»

Ouf, car Dieu que Servette joue bien, quand il combine au sol en première intention pour encore et toujours créer des espaces et trouver un électron libre de tout marquage. Sur la pelouse du Parc Saint-Jacques, on en arrivait presque à se demander laquelle des deux formations défendrait le mieux les couleurs helvétiques sur la scène européenne (lire encadré).

Changement culotté

Samedi soir, Alain Geiger s’est même permis le luxe de changer de système à la mi-temps. De son 4-2-3-1 pourtant établi, il a sorti l’hyperactif Varol Tasar pour introduire une seconde pointe en la personne d’Alex Schalk et installer un 4-4-2 qui délaissera les ailes pour densifier le milieu. «Fallait bien tenter un truc», justifiera le coach. Le «truc» est néanmoins audacieux. Changer de système, alors que Servette était bien dans son match, qu’il pouvait encore rêver à l’exploit (ndlr: 2-1 à la mi-temps), c’était culotté et ça a longtemps permis à Servette d’y croire encore. Le résultat n’a pas suivi? Peu importe. Alain Geiger avait d’abord un message à faire passer à toute la Super League: quand Servette se déplace, c’est pour gagner.

Après Young Boys en ouverture (1-1) et Bâle samedi soir, les deux premiers voyages à l’extérieur du Servette dans l’élite, les plus périlleux sur le papier, ne lui ont rapporté qu’un petit point. Vrai. Dans les deux cas pourtant, le club de la Praille, à quelques détails près, aurait pu s’imposer. Le genre de certitude qui permet de voyager.


Bâle n’est pas d’attaque

Le FC Bâle nous avait habitués à des offensives bien plus tranchantes que celles qu’il a proposées samedi soir face à Servette. C’est qu’en l’espace d’une petite semaine, le club rhénan s’est vu amputé de deux de ses pointes. Albian Ajeti d’abord, transféré en Angleterre du côté de West Ham en début de semaine passée, et Ricky Van Wolfswinkel ensuite, victime d’une commotion et indisponible.

Avant d’affronter le LASK Linz mardi soir pour une place en barrage de la Ligue des champions (défaite 1-2 à l’aller), un match hautement important pour toute la Suisse du football (coefficient UEFA et retombées économiques pour les clubs de Super League), le FC Bâle se repose sur sa seule pointe valide: l’ancien Xamaxien Kemal Ademi, qui n’a pas été maladroit il est vrai, mais pas transcendant non plus.

«C’étaient ses premières nonante minutes pleines depuis qu’il est avec nous, expliquait le coach bâlois Marcel Koller. Il est grand, il est technique, il est capable de garder le ballon, à l’avenir il nous sera très utile.» L’entraîneur en est convaincu. Sauf que l’avenir immédiat, c’est déjà demain. Et qu’on est en droit de douter. F.M.

Créé: 11.08.2019, 21h47

Bâle - Servette 3-1 (2-1)

Parc Saint-Jacques, 21 532 spectateurs.

Arbitre: M. Dudic.

Buts:

4e Rouiller 1-0 (csc),
19e Wüthrich 1-1, 41e Ademi 2-1,
81e Bua 3-1.

Bâle: Omlin; Widmer, Cömert, Alderete, Petretta (77e Zuffi); Xhaka (46e Frei), Balanta; Stocker, Campo, Okafor (70e Bua); Ademi.

Servette: Frick; Sauthier, Rouiller, Sasso, Séverin; Cespedes, Cognat; Stevanovic, Wüthrich (76e Imeri), Tasar (46e Schalk); Koné (66e Chagas)
.
Avertissements: 31e Ademi, 43e Tasar, 87e Imeri.

Notes: Bâle sans Kuzmanovic, Tushi et Van Wolfswinkel (blessés). Servette sans Busset, Iapichino, Lang, Mfuyi, Ondoua et Lang (blessés).

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Budget 2020: 590 mio de déficit prévus
Plus...