Servette chute à Vaduz et il lui sera très dur de s’en relever

FootballBattus 2-1, les Grenat ratent une nouvelle occasion de reprendre des points à Xamax, revenu de 4-1 à 4-4 à Winterthour.

La soirée avait mal commencé pour Servette avec la blessure de De Ceglie, ci-dessus face à Brunner, remplacé après 15 minutes de jeu.

La soirée avait mal commencé pour Servette avec la blessure de De Ceglie, ci-dessus face à Brunner, remplacé après 15 minutes de jeu. Image: FRESHFOCUS

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Au bal des occasions manquées, Servette offre des danses gratuites. Mais, à distance, c’est Xamax qui dicte le rythme, toujours porté par cette baraka qui lui permet de retourner toutes les situations. La comparaison est cruelle, mais elle dit la vérité: pendant que Servette s’échinait à battre Vaduz sans y parvenir, revenant à 1-1 avant de s’incliner, les Neuchâtelois menés 4-1 arrachaient un point à Winterthour. Il est des moments qui disent un élan et cet élan-là porte plus que jamais Xamax, qui possède désormais douze points d’avance sur Servette. Parce qu’on ne sait pas si les Grenat s’en relèveront, eux qui sont toujours dans l’inconstance.

À trop se prendre pour Janus, Servette s’y perd d’ailleurs lui-même. Où est la vérité entre ces Grenat miséreux en première période, ragaillardis après la pause pour une égalisation qui devait les emporter vers l’exploit mais qui est demeurée espoir? Seulement espoir, avant que la froide réalité ne vienne à nouveau les frapper? On ne sait pas, on ne sait plus.

Comme un feu de paille

Avec les intentions désastreuses du début et ce sursaut étonnant d’après le thé, Servette reste surtout enfermé dans un schéma d’inconstance dont il ne s’est jamais extirpé cette saison. Et puis si Vaduz a sans doute marqué le 2-1 au moment même où les Grenat donnaient l’impression de pouvoir forcer le destin, il faut bien reconnaître que le bref élan aura brûlé comme un feu de paille. Jouer 20 minutes vraiment, cela ne suffit pas pour gagner un match, même si le sursaut d’orgueil existe.

Non, pour Servette tout semble aller de travers. Comme avec la sortie de De Ceglie à la 15e minute déjà, à nouveau blessé: l’Italien s’est tenu la cuisse. Après avoir si peu joué durant les deux dernières saisons, le pari était audacieux de compter sur lui. On ne sait pas si cela a crispé toute l’équipe, mais en tout cas, il aura fallu attendre la seconde période pour voir des Grenat enfin entreprenants, eux qui auraient pu être menés 2-0 si Devic n’avait pas allumé le poteau sur un penalty concédé par Mfuyi.

Alors oui, bien sûr, Vaduz n’est pas cet Aarau souffreteux qui a fait le lit des envolées servettiennes. Loin de là. Pour comparer avec ce qui est comparable, il suffit de se rappeler le début de match des Grenat à Neuchâtel: un vrai pressing, un bloc haut, une volonté dans les duels. Et il faut peut-être marier les deux pour avoir une idée de ce qui était attendu: ce souci de la verticalité vu contre les Argoviens, cette obsession de la mise en panique pratiqué chez les Neuchâtelois. Or, au Rheinpark, rien de tout cela. Rien. Pas un tir cadré durant la première période.

Un espoir qui s’enfuit

Méconnaissables, les Servettiens cherchaient moins la solution au blocage qu’à se cacher, qu’à craindre, qu’à multiplier les passes alibi. Pas de quoi faire trembler le 4-4-2 des Liechtensteinois. Eux, quand on leur laisse le contrôle du ballon sans pression, ils donnent dans la simplicité et l’efficacité. Ce qui devait arriver arriva à celui qui avait peur de subir et qui, à force, subissait: un coup franc concédé par Fabry, mal renvoyé, laissait Muntwiler trouver la faille. On sait la suite. Malgré les entrées de «Micha» Stevanovic et d’Alphonse dès la 46e (pour Chagas et Lang, avec un 4-4-2 à la clé), cela n’a pas suffi.

Il va falloir infiniment de foi aux Servettiens maintenant pour croire encore que tout reste possible. Les mathématiques indiquent évidemment que rien n’est définitif, que le match en retard à Wohlen peut réduire l’écart à neuf points, qu’il y a toujours une chance. Mais comment la saisir sans être capable de l’étreindre durant nonante minutes? C’est tout le drame grenat qui s’est joué au Liechtenstein. Avec une défaite qui fait mal et qui ne laisse pas d’interroger sur les ressorts qui peuvent encore être activés pour entretenir un espoir qui s’enfuit.


Sauthier: «On est inconstants, c’est frustrant»

Les mines graves, les Grenat ont quitté la pelouse du Rheinpark en se posant des questions. Il faut bien sûr toujours y croire, puisque c’est le mot d’ordre grenat. Mais au sortir de cette défaite, les têtes sont aussi lourdes que les jambes. Et le capitaine le sait. «Oui, Xamax, on m’a dit: de 4-1 à 4-4, souffle Sauthier. Ouais… Nous, nous sommes frustrés. Vaduz met le 2-1 contre le cours du jeu, mais c’est vrai que nous sommes inconstants et que c’est frustrant. Quand c’est comme ça, surtout ici, si on ne gagne pas, il ne faut pas perdre. Or là…»

La douleur est partagée par Alphonse. «On n’est pas bons en première période, on revient dans le match et on prend le 2e but… lançait-il. On est brouillon, je crois. On manque cruellement de constance, on n’est pas capables d’être réguliers sur un match entier. Et pendant ce temps, Xamax a ce truc en plus. Avec tant de points d’avance, c’est plus simple…»

C’est plus facile, sans doute. Mais c’est aussi le signe de la santé morale de ce Xamax qui ne baisse jamais les bras. On ne fera pas de faux procès aux Servettiens: ils cultivent eux aussi la même envie. Mais pas avec les mêmes armes collectives. Wüthrich cherche encore son meilleur niveau, comme d’autres, et la somme de plusieurs fragilités ne favorise pas l’homogénéité.

On ne sait pas si Servette a vraiment encore une chance de revenir sur Xamax. Ce qui est sûr, c’est que cela se complique furieusement. Et que le chemin ramenant les Grenat de Vaduz à Genève a dû être bien long. D.V.

(TDG)

Créé: 05.03.2018, 23h33

Vaduz - Servette 2-1 (1-0)

Rheinpark Stadion,
1484 spectateurs.
Arbitre: M. Gut.
Buts: 18e Muntwiler 1-0; 50e M. Stevanovic 1-1; 69e Borgmann 2-1.
Vaduz: Jehle; Borgmann, Konrad (89e Bühler), Puljic, Göppel; Brunner (92e Ciccone), Gajic, Muntwiler, Mathys; Coulibaly, Devic (57e Schirinzi).
Servette: Gonzalez; Sauthier, Mfuyi, Nathan, De Ceglie (15e Sarr); Fabry, Cespedes; Imeri, Wüthrich, Lang (46e M. Stevanovic); Chagas (46e Alphonse).
Avertissements: 40e Mfuyi (jeu dur), 41e Puiljic (jeu dangereux), 43e Coulibaly (antijeu), 58e Muntwiler (jeu dur), 78e Sauthier (antijeu).
Notes: Willie en tribunes, 41e Devic rate un penalty.

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