Servette accuse le coup, en attendant la solution

FootballLe club genevois, muet de colère suite à l’échec du projet du Pré-du-Stand, a besoin d’une alternative.

Servette, qui est appelé à devoir quitter Balexert, espérait pouvoir bénéficier de nouvelles installations au Pré-du-Stand.

Servette, qui est appelé à devoir quitter Balexert, espérait pouvoir bénéficier de nouvelles installations au Pré-du-Stand. Image: Georges Cabrera / Archives

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Un silence, qu’il soit d’or ou de plomb, peut dire beaucoup. Celui dans lequel le Servette FC a choisi de se murer, depuis le renversant verdict de la votation du Pré-du-Stand, exprime une colère sourde. Une déception glaciale. Les Grenat, qui avaient ardemment milité en faveur de la construction de ce qui devait être leur centre d’entraînement (cinq terrains assortis de 90 000 m2 de bureaux), ont pu rêver à la victoire dimanche (à quinze voix près). Un recomptage plus tard, c’était la catastrophe pour neuf bulletins. Un coup de massue que le président Didier Fischer préfère pour l’heure ne pas commenter.

«Quoi, neuf voix?! Non mais p... Genève, c’est pas possible!», tonne Jacky Barlie avec beaucoup moins de réserve. Joint par téléphone au Sénégal, l’ancien gardien de légende pousse tout haut le cri que d’autres ravalent: «On est le seul club de Suisse à ne pas avoir de terrains pour s’entraîner. Pour Servette, pour le foot genevois en général, pour tous les jeunes, ce résultat est dramatique. À mon époque déjà, quand j’entraînais les juniors, on devait mendier aux quatre coins du canton pour trouver de l’espace. C’est grave, impensable, incroyable, on ne trouve plus les mots.»

Un serpent de mer

Le centre de formation servettien est un serpent de mer presque aussi long que la traversée de la rade. «Cet outil est indispensable pour le club, sinon, la formation, tu oublies», tranche Gérard Castella, l’entraîneur du dernier titre national en 1999, qui avait rejoint un groupe de soutien au projet, dans la dernière ligne droite de la campagne. «Si j’étais un entraîneur après une telle défaite, malgré la déception, je dirais qu’on a quand même vu beaucoup de positif, poursuit le Genevois. Il faut accepter le verdict, mais cela doit déboucher sur un autre projet. Les gens ont donné un signal en votant du 50-50, les politiciens vont quand même devoir se bouger.»

Pascal Chobaz, président de l’Association cantonale genevoise de football (ACGF), rejoint cet avis en rappelant la construction future du nouveau Cycle du Renard sur les terrains de Balexert. «Je n’imagine pas qu’on puisse traiter le Servette FC autrement qu’un locataire qu’on expulse et à qui on se doit de proposer une solution de relogement, estime le dirigeant. C’est dommage, on se retrouve dans un statu quo embarrassant après avoir manqué une opportunité qui semblait pertinente. Comme il n’y a pas de plan B, il va falloir passer au plan C. Mais pour trouver la surface nécessaire sur le canton, bonne chance, sans compter les nouvelles oppositions et contraintes qui se présenteront à coup sûr»

Sami Kanaan, en charge du Département des sports entre 2011 et 2018, connaît bien l’ampleur du problème. Il déplore, lui aussi, le résultat tombé lundi. «C’est un coup dur pour le sport genevois, qui ressort grand perdant de ce scrutin, dit le maire sortant. Le foot a été pris en otage par un débat qui a glissé sur d’autres enjeux. Cela me désole pour tous les gamins et gamines. La formation des jeunes, en un sens, fait partie de notre terroir. Maintenant, Thierry Apothéloz, dont je ne critique pas du tout le travail, va devoir se pencher sur d’autres possibilités.» Avant de commenter la situation ou d’évoquer ce plan qui n’existe pas, ou alors tout au fond d’un tiroir, Thierry Apothéloz, conseiller d’État en charge des sports, souhaite d’abord «parler avec les autres membres du Conseil d’État, l’ACGF et le Servette FC», nous a fait savoir Henri Della Casa, un porte-parole qui se joint à l’avis général: «Trouver une alternative est devenu une évidence.»

De toute urgence

«Ce moment d’abattement passé, il faut repartir de l’avant, ne rien lâcher pour que le foot ne soit pas, au final, le grand tondu de cette histoire», exhorte Pascal Chobaz. Il faut faire vite, mais où? Le centre sportif des Evaux, où la première équipe du Servette FC a longtemps eu ses quartiers? «Il y a d’autres clubs concernés et le site est très protégé», observe Sami Kanaan, sceptique. Le stade des Cherpines, à Plan-les-Ouates, où les Grenat d’Alain Geiger s’entraînent cette saison - tout en utilisant les vestiaires du Stade de Genève? Là aussi, l’espace est déjà très sollicité.

Dossier à suivre mais surtout à régler, de toute urgence. «La leçon de tout ça, c’est que les partenariats public-privé sont très compliqués. Dès le moment où il faut dix minutes pour essayer de faire comprendre aux gens le montage d’un projet, c’est qu’il va être dur à faire passer», lâche Pascal Chobaz. Voilà toujours une piste de réflexion.

Créé: 27.11.2019, 07h27

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