Les secrets de Jeremy Frick, gardien serein du Servette FC

FootballLe portier grenat est statistiquement à quasi-égalité avec le Bâlois Omlin. Rencontre avant le match à Xamax.

Jeremy Frick, concentré, serein, confiant. Le meilleur portier de Suisse avec Omlin lors du premier tour.

Jeremy Frick, concentré, serein, confiant. Le meilleur portier de Suisse avec Omlin lors du premier tour. Image: Eric Lafargue

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Avec Steve Rouiller, il est l’un des grands oubliés de la soirée de lundi, la SFL Award Night, où l’équipe type retenue se résume à célébrer trois clubs, YB, Bâle et Saint-Gall. Fussent-ils les trois premiers du classement, c’est fermer les yeux sur les performances servettiennes par exemple. Celles du patron de la défense, Rouiller donc, et celles du dernier rempart grenat, Jeremy Frick. À la veille de la reprise contre Xamax, à la Maladière, le portier servettien est serein, pas revanchard, seulement porté par une confiance qu’il a construite notamment lors de la première phase de la saison en Super League.

Aucune statistique n’a jamais détourné un tir qui filait dans la lucarne, aucun pourcentage d’arrêt n’a sauvé un gardien seul face à un attaquant, mais les chiffres disent tout de même quelque chose. Ils racontent que jusqu’à présent, les deux meilleurs gardiens de Super League sont Jonas Omlin (FC Bâle) et Jeremy Frick. Mis à part Da Costa (Lugano) qui n’a joué que 45 minutes (2 tirs, 2 arrêts, pas significatif).

La preuve par les chiffres

Les chiffres justement: 79% d’arrêts pour Omlin, 78% d’arrêts pour Frick. Sauf que le portier Bâlois n’a été sollicité qu’à 67 reprises (53 arrêts), tandis que le Servettien a dû faire face à 84 tirs (66 sauvetages, le plus grand nombre de la ligue), personne n’a été plus mis à contribution que lui. De plus, Frick a joué 1620 minutes, il est le gardien le plus utilisé avec Müller (Lucerne) et Stojanovic (St-Gall), Omlin étant à 1530 minutes de jeu.

Bref, on peut toujours se dire qu’être sous pression, comme l’a été Frick, donne l’occasion de se mettre en valeur. C’est aussi le risque de commettre plus d’erreurs. Fair-play, il dit ses préférences. «J’aime bien avoir du travail, ça me convient bien, sourit-il. Cela me permet de rester dans le match. Avoir moins à faire, c’est parfois dangereux pour moi. C’était mon plus grand défaut pendant longtemps. Parce qu’au fond, un gardien, c’est comme un attaquant. Si un buteur a déjà scoré deux fois, il marquera sa troisième occasion même si elle est plus compliquée, parce qu’il sera en confiance. Idem pour un gardien avec les sauvetages.»

Un travail personnalisé

Après Bâle (17 buts concédés), Servette est la deuxième défense de Super League (18 buts reçus). La confiance n’habite pas que Frick. Mais toute la ligne de défense. «Cette défense dégage de la sérénité, assure le portier. C’est notre force. Sauthier est un malin, il fait en sorte qu’un gros lien existe entre nous, défenseurs et gardiens. Et puis le fait d’avoir plusieurs cadres de l’équipe dans ce groupe, comme Sauthier justement, Rouiller, Sasso ou moi, renforce cette assise.»

Ce que ne dit pas Jeremy Frick, c’est la somme de travail individuel. Pas pour faire taire les sceptiques, ceux qui ne l’envisageaient pas comme un gage de sécurité dans la cage. Non, Frick ne pense pas comme ça. «Mais je regarde les statistiques avec plaisir, puisqu’elles sont disponibles, sourit-il. Mathieu Feigean, notre analyste, en a des personnalisées sur moi, c’est intéressant de s’y confronter. Je bosse beaucoup avec notre excellent entraîneur des gardiens, Dani Blanco. Et je fais aussi quelque chose de mon côté.»

Rien n’est laissé au hasard. Deux fois par mois, sans compter les «devoirs» à la maison, Frick file à Lausanne trouver Romain Bordas. Au programme: proprioception, relation œil-main-bras, rapidité d’acquisition des informations, vision périphérique. «Je fais des exercices face à un écran avec des balles numérotées qui s’allument et que je dois retrouver ensuite, on mesure le temps de réaction entre une information et le mouvement d’une main. Ou alors on propose dans mon champ de vision une information, mais sur un laps de temps infinitésimal: je dois la capter et la comprendre. Je fais ça vraiment depuis cette année. Cela m’aide. Être gardien, ce n’est pas que faire un arrêt. C’est saisir ce qui se passe, savoir où le ballon va aller et, en même temps, comprendre la course des attaquants pour anticiper leur position finale.»

Un passé oublié

Jeremy Frick est sûr de lui. Il n’est plus ce jeune gardien qui était revenu de Lyon sans y avoir fait vraiment son trou. «J’ai eu l’occasion à l’OL de me confronter à des joueurs très forts. Avec des vitesse d’exécution contrôle-tir déstabilisantes. C’est vrai qu’en revenant en Suisse, d’abord à Servette mais ensuite à Bienne, je me suis posé des questions. J’ai eu à Bienne l’impression d’avoir fait un pas en retrait. Mais ça, c’est le passé.»

Le présent, c’est ce match à Neuchâtel, ce samedi, contre Xamax. «Je suis en confiance, l’équipe est en confiance», lance le grand Jeremy.


Geiger veut des joueurs qui osent

Les absents Servette doit composer sans Alex Schalk, blessé au bas du bassin. Les Grenat devront aussi faire sans Sébastien Wüthrich pour cette deuxième partie de saison (pas d’accord contractuel pour le futur). Sasso, sorti samedi passé contre SLO en amical, devrait tenir sa place.

Le contexte Les Grenat retrouvent un adversaire qui ne leur convient guère. Les deux premiers matches se sont soldés pas un 2-2 où chaque équipe avait à chaque fois eu sa mi-temps. «C’est vrai que nous manquons souvent de constance contre Xamax, souligne Cognat. Mais nous avons appris de nos erreurs, on va corriger tout ça pour proposer un match complet.»

Le mot de Geiger «Je veux voir des joueurs en confiance, qui ont l’envie de se montrer. Je veux de la discipline, oui, mais pas que ça. En termes de cohérence de jeu, d’envie collective, nous pouvons encore progresser.» D.V.

Créé: 24.01.2020, 17h54

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