Sauvetage de la pelouse de la Praille: c’est compliqué…

Football Alors que le terrain est rongé par un champignon, les manifestations de la semaine passée ont fait des dégâts. Quel avenir?

Au lendemain de la première manifestation, mercredi passé, la pelouse avait déjà beaucoup souffert. Depuis, il y a eu un match de rugby qui a encore aggravé les dégâts

Au lendemain de la première manifestation, mercredi passé, la pelouse avait déjà beaucoup souffert. Depuis, il y a eu un match de rugby qui a encore aggravé les dégâts Image: Eric Lafargue

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Dimanche à 16 heures, le Stade de Genève sera le théâtre du choc au sommet de Challenge League. Servette accueille Schaffhouse, les Grenat sont troisièmes, les Schaffhousois premiers, les deux équipes sont invaincues. Une belle affiche pour l’enceinte de la Praille. Avec pourtant un bémol de taille: le match se disputera sur une pelouse ravagée, jaunie, en piteux état.

Des précédents existent…

Le vilain champignon à l’origine du mal a été identifié: pyricularia grisea. C’est la première fois qu’il attaque les pelouses helvétiques. Peut-être faut-il prendre ce malheur avec une part de fatalité. Sauf qu’à Genève, alors que des mesures de sauvegarde auraient pu être prises par le spécialiste mandaté par la Fondation du Stade, deux manifestations ont eu lieu coup sur coup, mercredi et vendredi passés. Sans que ledit responsable ne soit prévenu et donc sans qu’il ne puisse les interdire ou les reporter devant la gravité du problème!

Déjà fragilisée par l’attaque fongique et le traitement pour la juguler, la pelouse a presque rendu l’âme depuis. Et le pire est peut-être à venir…

Pierre-Yves Bovigny, le spécialiste gazon de l’ASF et consultant pour la Fondation du Stade de Genève, rappelle une vérité. «Il y a des précédents, explique-t-il. L’été dernier, après l’Euro, des pelouses françaises ont été touchées. L’Espagne et l’Italie aussi. On sait aujourd’hui qu’il s’agissait du même champignon. En France, l’état de certains terrains infectés était tel que plusieurs pelouses ont dû être totalement changées.»

C’est cette menace qui plane aujourd’hui au-dessus du Stade de Genève. Bien sûr, on n’en est pas encore là et tous les moyens sont mis en œuvre pour sauver ce qui peut encore l’être. Si possible. D’autant plus que, le cas échéant, un changement de pelouse coûterait les yeux de la tête.

Le Stade de Genève est un cas particulier: il abrite une pelouse hybride de dernière génération, qui a été posée il y a un an. Il s’agissait alors d’une nécessité pour pouvoir alterner football et rugby sur le même terrain de jeu. Le choix coûteux – plus de quatre millions – du généreux cadeau offert par la Fondation Hans Wilsdorf (Rolex), n’est pas en cause.

En revanche, la complexité de l’ensemble est synonyme de sérieuse inflation dans le prix pour changer entièrement une telle pelouse. On parle de ce gazon hybride, posé sur du sable, avec un fond artificiel et du vrai gazon qui passe au-dessus tout en ancrant ses racines dans le sable. On ne peut pas enlever seulement la couche verte (gazon réel et artificiel) sans arracher ce qu’il y a dessus (sable et compost). Autrement dit, c’est un chantier considérable.

Tout changer coûterait cher

Le Parc Saint-Jacques, à Bâle, a subi les assauts du même champignon il y a un mois. Les Bâlois ont dû changer leur revêtement naturel (pas hybride donc) intégralement, pour un prix estimé à 300 000 francs. Au Stade de Genève, il se murmure que cela pourrait coûter près du double, en tout cas plus d’un demi-million de francs. Ouille! Une tuile de plus pour la Fondation du Stade…

Peut-on jouer sur une pelouse ainsi rongée et jaunie? En théorie oui, même si l’on devine qu’un gazon sain est plus «moelleux» pour restituer les rebonds d’un ballon. L’opération sauvetage de la pelouse demeure donc compliquée.

Et en attendant, Servette accueillera Schaffhouse dimanche dans ces conditions. Mais l’aspect purement esthétique ne manque pas non plus de retenir l’attention de la Fondation du Stade. Parce que le 14 octobre, l’US Oyonnax sera à la Praille afin de recevoir les Irlandais de Connacht, dans le cadre de la Challenge Cup européenne. Un match retransmis à la télévision en France.

Le caractère hideux du terrain, s’il n’est pas miraculeusement guéri d’ici là (ou peint en vert?), ne sera pas du plus bel effet…

(TDG)

Créé: 05.09.2017, 22h08

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