Roux raconte les déboires du FC Wil, qui va affronter Servette

Football Le Genevois a «tiré la fiche» et récemment quitté son club, toujours menacé de faillite. Il sera spectateur dimanche à la Praille.

L’été passé, Roux avait battu Servette 2-0. Depuis, tout est différent, il a quitté un club qui se meurt et les Grenat vont bien mieux.

L’été passé, Roux avait battu Servette 2-0. Depuis, tout est différent, il a quitté un club qui se meurt et les Grenat vont bien mieux. Image: ERIC LAFARGUE

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Dimanche, il sera au Stade de Genève. Dans les tribunes, pas sur le terrain. Depuis quelques jours déjà, Jocelyn Roux a quitté un FC Wil asphyxié par les problèmes financiers, en sursis de faillite, affreux tropisme qui frappe la Challenge League avec une fatale régularité. Sur la pelouse genevoise, il y aura donc ses ex-coéquipiers saint-gallois, certains de ses anciens camarades grenat aussi, pour un match qu’il regardera en simple spectateur.

Le buteur genevois a «tiré la fiche», pour l’instant. Si le fragile plan de sauvetage qui se met en place à Wil ne se confirme pas, autrement dit en cas de faillite confirmée, Roux aura le droit de rejouer cette saison encore. Sinon il devra attendre la prochaine, lui qui demeure motivé à poursuivre sa carrière.

Mégalomanie de Günal

La motivation? C’est justement tout ce qu’il reste aux joueurs depuis que Mehmet Günal a fermé le robinet et quitté le navire. Le richissime Turc s’était offert le FC Wil en 2015, gonflé de rêves de grandeur. Rien n’a jamais fonctionné comme l’éphémère président le souhaitait, il fallait s’y attendre. En plus des échecs sportifs, la Ville a refusé le projet de nouveau stade que Günal voulait financer. Clap de fin abrupt, retour sur terre pour un club qui n’en est pas à son coup d’essai en matière de chienlit: un ancien président avait déjà défrayé la chronique en 2006 en puisant dans la caisse de l’UBS où il travaillait pour financer le club. D’autres soucis avaient en outre précédé en 2004…

«Le club se bat maintenant pour trouver des solutions, sans savoir si cela suffira, soupire Jocelyn Roux. Ce qui s’est passé n’est même pas une surprise. En décembre déjà, certains joueurs ont été mis à l’écart, puis on a appris qu’il n’y aurait pas de camp d’entraînement. Il y avait des signes avant-coureurs. Enfin, la Ville a refusé le projet de stade et de centre de formation, cela a été le couperet.»

Sans argent, un noyau dur de proches du club s’est constitué pour tenter d’éviter le pire. «Ils nous ont parlé de réductions de salaire qui pouvaient aller jusqu’à 80%, explique Roux. Après, il y a eu des négociations. Personnellement, j’ai préféré abréger notre relation. Je suis parti avec une partie de ce que Wil aurait dû me payer si j’étais resté.»

Lundi, des fonds ont été réunis pour permettre de payer les salaires de janvier, mais cela n’a pas évité la sèche défaite le soir même contre Aarau (0-3). «Ils ont reçu une paye, mais cela ne signifie pas que le club est sauvé», tempère Roux. Non, tout est encore très fragile. Le club est sous respirateur artificiel et le pronostic vital reste engagé.

«J’avais déjà connu ce genre de problèmes avec Servette, reprend le Genevois, mais c’était différent. On luttait pour la promotion, il y avait une possibilité de reprise. A Wil, il n’y avait plus rien à jouer sportivement. Et j’étais loin de ma famille…»

Roux avait quitté Lausanne pour la région saint-galloise à la pause hivernale 2015, attiré notamment par une offre qui ne se refusait pas. «A l’époque, c’était un bon choix, financièrement et sportivement, avec les ambitions qui existaient. Mais on en est là maintenant. Je m’y attendais avec ces derniers mois très compliqués. Cela pose des questions. Après Xamax, Servette, Bienne, c’est aujourd’hui Wil, pour ne parler que des dernières années, qui a de gros soucis. Un problème global. Avec la sensation, en tant que joueur, d’être un peu livré à soi-même, la Swiss Football League ne faisant pas grand-chose pour les joueurs touchés.»

S’entraîner avec Servette?

Jocelyn, 30 ans, ne compte cependant pas jeter l’éponge. La motivation est encore là. Alors il va garder la forme. En s’entraînant avec Servette, si son ancien club l’accepte. «J’ai encore envie de jouer, assure-t-il. Comme mon cas s’est réglé avec Wil juste après la fin des transferts nationaux, je ne peux pas rejouer à moins que Wil ne soit déclaré en faillite. Il faut donc que je m’entraîne pour rester d’attaque. On verra si une opportunité se présente cet été. Je dois m’organiser. Je vais faire une demande à Servette. Le niveau est excellent, je verrai si le club est d’accord.»

En attendant encore les cartons de son déménagement, Jocelyn Roux est à Genève. Et il sera donc un observateur attentif, dimanche, de Servette-Wil (15 h). «D’un côté mes coéquipiers de galère, de l’autre quelques anciens compagnons servettiens: sans prendre parti, je dirais que cela risque d’être un peu difficile pour Wil, surtout avec le Servette actuel.»

(TDG)

Créé: 08.03.2017, 20h20

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