Les quatre clubs romands de SFL ne font déjà plus cause commune

FootballEdmond Isoz, l’ex-directeur de la Swiss Football League, défendait les intérêts romands. Pas du goût de tout le monde…

Edmond Isoz ne conseille désormais que Sion, mais plus Servette, Lausanne et Xamax.

Edmond Isoz ne conseille désormais que Sion, mais plus Servette, Lausanne et Xamax. Image: Keystone

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C’était une idée forte. Trop peut-être. Il y a deux ans, les clubs romands de Swiss Football League (Sion, Servette, Lausanne, Xamax et même Le Mont au début) avaient répondu favorablement à l’initiative d’Edmond Isoz. L’ex-directeur de la SFL, fort de ses contacts et de ses connaissances du milieu, avait proposé ses services aux présidents. Il y avait là une volonté commune de défendre ses intérêts et d’être représenté et défendu par quelqu’un qui connaît les arcanes et les coulisses comme sa poche. L’union fait la force. Deux ans plus tard, cette philosophie s’est déjà évanouie.

C’est d’abord Servette qui n’y a plus trouvé son compte l’année dernière déjà. C’est ensuite Xamax qui a jeté l’éponge l’été passé, en même temps que les nouveaux propriétaires de Lausanne. Il ne reste plus que Sion pour collaborer encore avec Isoz. Autant dire que la belle entente, cette volonté de tirer à la même corde, n’existe plus. Comment, pourquoi?

Les explications d’Isoz

Edmond Isoz a sa réponse. «Cela déplaisait à certaines personnes à la Ligue, assure l’ex-directeur. Elles ont fait plus ou moins clairement pression. Sans doute que mes connaissances semblaient empiéter sur leur travail. C’est dommage.» Il est certain qu’Edmond Isoz connaît le sujet foot sur le bout des doigts. Il a aussi son franc-parler et quand il faut prendre la parole pour le bien des Romands face à Claudius Schäfer, son successeur à la SFL, il ne mâche pas ses mots.

Suffisant pour que Schäfer laisse entendre son mécontentement auprès des clubs représentés par Isoz?

Alain Joseph confirme

Alain Joseph, l’ex-président de Lausanne-Sport, fait état de ce qu’il a vécu de l’intérieur. «Disons que les dirigeants de la SFL n’étaient pas très heureux d’avoir pour représentant des clubs romands l’ex-directeur, explique-t-il. Ce n’était pas bien vu, ils nous ont fait comprendre qu’ils n’y étaient pas favorables, qu’ils n’appréciaient pas. Ce que je peux entendre, au fond.» Une parole libérée puisqu’elle émane d’un homme qui n’est plus président aujourd’hui et donc plus en relation avec la Ligue.

Pour saisir le divorce, il faut aussi comprendre le phénomène dans son ensemble. Isoz s’adressait à des clubs dont les présidents n’étaient pas issus du milieu footballistique, des dirigeants qui, en dépit de leur bonne volonté, ne maîtrisaient peut-être pas toute la «chose» foot et ses particularités. C’était vrai pour Xamax, Servette et Lausanne. Pas pour Sion. Avec Christian Constantin, connaisseur émérite du milieu, l’aventure continue, d’ailleurs. Le message sans détour ou des vérités dites aux présidents ont-ils eu raison du lien de confiance avec certains d’entre eux?

Peut-être à en croire Christian Binggeli, le boss de Xamax. «Au départ, nous étions d’accord de collaborer avec M. Isoz, mais les choses évoluent, lance-t-il. Nous n’avons pas reçu de pression de la Ligue, même s’il a sans doute des visions plus développées que les dirigeants en place à la SFL. Mais je n’avais pas plusieurs heures à lui consacrer, entre mon entreprise et le club.»

À Servette, le président, Didier Fischer, est plus pragmatique. «On a eu besoin de M. Isoz à un moment, car on manquait d’expérience, pour mieux comprendre le fonctionnement de la Ligue. Nous ne voyions ensuite plus d’apport dans l’absolu. Pour le reste, que cela ait pu déplaire à la Ligue ou pas, ce n’était pas mon souci, je travaille avec qui je veux.»

Constantin voit son intérêt

Ne reste paradoxalement que le Sion de Christian Constantin à profiter encore des conseils d’Edmond Isoz. Un paradoxe de taille quand on se rappelle les divers bras de fer qui ont opposé les deux hommes quand l’actuel conseiller était directeur de la Ligue. «Peut-être que ça gêne Claudius, mais Edmond, je le garde, assène le président du FC Sion. Il y a sans doute une querelle d’ego entre eux, mais je suis au-dessus de ça. Moi, j’y vois mon intérêt et au-delà de nos relations passées, Edmond est un bon pro, qui s’implique et qui m’est utile.» Et si Constantin était le plus sage? (nxp)

Créé: 29.11.2018, 15h44

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