Avec moins de points, ce Servette-là est plus fort

FootballIl y a un an les Grenat avaient deux points de plus au classement. Mais ils sont aujourd’hui dans une bien meilleure posture.

Après avoir rongé son frein durant trois mois, Koro Kone a enfin son permis de travail.

Après avoir rongé son frein durant trois mois, Koro Kone a enfin son permis de travail. Image: Eric Lafargue

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Arrêt sur image pour une comparaison basique. Il y a un an, après quinze journées, Servette comptait 32 points et avait marqué 27 buts pour 12 encaissés. Cette saison au même moment, soit après 15 matches, les Grenat n’ont «que» 30 points, 29 buts inscrits pour 12 reçus. L’analyse froide devrait conclure que le Servette d’hier était meilleur que celui d’aujourd’hui. Sauf que c’est faux. Il y a un an, il y avait un Xamax qui caracolait en tête au même moment (avec 37 points), reléguant les Genevois au rôle de dauphins. Alors qu’ils sont seuls en tête désormais. Mais au-delà de cette lecture, il y a une multitude d’éléments qui parle en faveur du Servette d’Alain Geiger.

Il y a d’abord une série en cours de six victoires consécutives, qui a porté les Servettiens au sommet. C’est exactement ce que les Grenat n’arrivaient pas à faire réellement la saison passée. Au jeu de la comparaison, Kastriot Imeri raconte ce qui se passait dans le groupe à l’époque. «On avait l’objectif promotion en tête, mais on ne le mettait pas assez en valeur, explique-t-il. Cette année, c’est différent. Nous tirons tous à la même corde. Avant, avec les différentes langues parlées, il y avait des groupes. Ce n’est plus le cas maintenant. Nous sommes tous unis, c’est ce qui fait notre force.»

Une autre idée du jeu

La force du groupe de Geiger, c’est aussi cette idée de jeu qui s’est installée. Il y a eu les tâtonnements de l’avant-saison, ces matches amicaux balbutiés, ces craintes quant au championnat à venir. Jamais Alain Geiger ne s’est affolé, il a toujours affirmé qu’il faudrait un peu de temps. Le Valaisan, du haut de son expérience, est resté concentré sur ses objectifs et sa volonté de constituer un groupe homogène sur le terrain. Il a su s’attacher aux choses essentielles après quelques tests plus ou moins heureux: travailler un ou deux systèmes de jeu, une volonté de jouer offensivement, surtout avec le potentiel à disposition. Et sans s’inquiéter quand il a été privé de Koro Kone au moment même où il en avait le plus besoin (lire ci-contre). La patte Geiger, quitte à surprendre les sceptiques, c’est cette volonté de jeu.

Il y a un an, Meho Kodro, le prédécesseur du Valaisan, était lui aussi focalisé sur le jeu. Mais pas dans les mêmes orientations. C’est justement pour ne pas avoir voulu prendre le taureau par les cornes en faisant du remplacement de Jean-Pierre Nsamé une priorité que Kodro a eu des problèmes grandissants. Méconnaissance des réalités de la Challenge League, où l’on fait la différence devant? Obstination à vouloir six joueurs qui marquent quatre buts plutôt que seulement deux qui en inscrivent douze chacun? Alain Geiger, pragmatique, a vu qu’il fallait peser sur les défenses avec des attaquants pour fixer l’arrière-garde adverse. Il a dû composer avec la blessure de Schalk, celle longue durée de Lang, et l’absence durant trois mois de Koro Kone. Mais il ne s’est pas départi de sa philosophie offensive en trouvant des solutions, avec Wüthrich (lui aussi blessé un moment) et Alphonse en plus de Chagas.

De vrais leaders présents

La force du Servette d’aujourd’hui, c’est aussi la présence de Rouiller et de Routis en défense. Mais aussi dans le vestiaire: le manque de leadership qui minait le groupe il y a un an s’est transformé en une joyeuse rage de vaincre. Un onze de base s’est dégagé, les places sont chères, mais avec Geiger, plus de chouchou comme Fabry sous Kodro. La forme et la performance sont les critères, tout le monde y trouve son compte. L’équilibre, bien plus qu’il y a un an, est là. Une belle alchimie, avec la chance d’avoir un Wüthrich rétabli, des points d’ancrage devant, le tout porté par une ambiance qui se vérifie la semaine.

Servette en est là aujourd’hui. Avec deux points de moins qu’il y a un an, mais en solide leader. Cela raconte autant l’histoire d’une Challenge League qui se serait affaiblie, que renforcée, avec le retour en substance des Wil, Winterthour ou le réveil d’Aarau, même si Lausanne n’est pas encore à niveau. Ce Servette plus fort va devoir confirmer encore et encore. Ce dimanche contre Aarau. Et à la Pontaise la semaine prochaine contre le LS. C’est le devoir du leader.


Un cadeau pour une belle cause

Cela fait déjà cinq ans. Cinq ans de sourires anonymes que l’on veut bien deviner à la veille de Noël. Cinq ans d’une belle tradition, qui place l’enfant au cœur d’un geste solidaire: «Un enfant, un cadeau», c’est l’occasion fournie, en venant voir Servette-Chiasso, de faire un heureux. Ou plusieurs, pourquoi pas.

Le principe est simple. Il suffit de se munir d’un cadeau neuf, acheté sans avoir été emballé (pour le tri) et de se présenter au Stade de Genève dimanche. Un billet vous sera remis en échange pour une entrée gratuite.

«Oui cela fait cinq ans que nous faisons cette action grâce à Servette, explique le vice-président de l’organisation, Alexandre Madrigali, le vice-président de l’organisation. Cela marche toujours bien, il y a un vrai geste solidaire, il y a même des abonnés qui viennent avec un cadeau. L’année dernière, nous en avions récolté 373. Ils sont ensuite redistribués à des organisations partenaires qui les donnent aux enfants.»

Quoi? 373 cadeaux? Dimanche, il faut absolument passer la barre des 400, au moins. Voire des 500. «Un enfant, un cadeau», c’est l’occasion de donner un peu de bonheur à ceux qui en ont le plus besoin. C’est presque un cadeau que l’on se fait à soi-même, que d’offrir un sourire. D.V. (nxp)

Créé: 30.11.2018, 18h11

En direct du vestiaire

Le match Servette-Chiasso, Stade de Genève dimanche, coup d’envoi à 16 heures.

Les absents Servette fera sans Lang, Souare et Busset blessé. Sans Cespedes, suspendu. Et sans Sarr, convalescent. Mais Koro Kone est disponible maintenant.

Le contexte Servette leader accueille la lanterne rouge Chiasso: 18 points séparent les deux équipes. Les Grenat doivent dicter leur loi à la Praille face à la plus médiocre défense du championnat: les Tessinois ont déjà encaissé 34 buts!

Senderos en grenat Il s’entraîne avec Servette depuis cette semaine. Qui? Philippe Senderos. De retour de Houston, il ne compte pas rester inactif. «Je remercie le club et Alain Geiger qui acceptent ma présence, dit l’ex-grenat. Je suis là pour garder la forme, sans déranger la belle dynamique qui anime ce groupe. Après, on verra.»

Le mot de Geiger «Je ne pense pas au derby contre Lausanne, samedi prochain. Et les joueurs non plus. Nous avons trois points à viser contre Chiasso et c’est la seule chose qui doit nous occuper l’esprit.» D.V.

Fin du calvaire pour Koro Kone

Trois mois. C’est en durée la leçon infligée par l’OCIRT (Office cantonal de l’inspection et des relations du travail) aux dirigeants servettiens qui ont voulu braver leur son autorité. Trois mois, c’est le temps passé donc par Koro Kone en tribunes, lui qui avait été aligné deux fois par Servette sans permis de travail, fin août. Cela fait cher la leçon, mais le club était dans son tort.

Après un passage devant le Tribunal arbitral de première instance, Servette ayant fait recours contre la décision négative de l’OCIRT (à cause des deux rencontres jouées sans permis), les deux parties se sont revues. Le responsable de la communication de l’Office dit la teneur de cette mise à plat. «Les dirigeants du Servette FC ont fait amende honorable, explique Laurent Paolliello. Ils ont reconnu leur erreur et se sont engagés à respecter strictement les procédures désormais. C’était important pour nous d’entendre cela. Nous avons donc reconsidéré le cas Koro Kone et présenté le dossier à nouveau à la commission tripartite. Qui a donné un préavis favorable, que nous avons suivi. Le dossier a ensuite été envoyé au Service des étrangers à Berne, qui nous a indiqué que tout était en ordre pour le permis de travail du joueur. Koro Kone a donc le droit de jouer dimanche.» L’Ivoirien n’attend que ça! D.V.

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