Nuzzolo: «Pour Xamax, c’est maintenant l’heure de vérité»

FootballIl porte les espoirs neuchâtelois et parle de ce qui attend les siens dès la reprise contre Servette, samedi à la Maladière.

Rphaël Nuzzolo, «Monsieur Xamax», veut à nouveau mettre les siens sur le droit chemin.

Rphaël Nuzzolo, «Monsieur Xamax», veut à nouveau mettre les siens sur le droit chemin. Image: Keystone

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L’incarnation a valeur d’exemple. Imaginer Neuchâtel/Xamax sans Raphaël Nuzzolo, est chose impossible. Il est l’homme de la promotion, du maintien, l’alpha et l’omega des espoirs neuchâtelois hier comme aujourd’hui. Surtout aujourd’hui, à la veille de la reprise. «Le championnat ne commence vraiment que maintenant», assure-t-il.

À 36 ans, il a la sagesse des vieux lions, concernés par les vrais combats seulement. Celui qui attend Xamax dès samedi en est un, Nuzzolo est prêt. Cela commencera par la venue de Servette, mais c’est toute la deuxième phase de la saison qui s’inscrit dans son discours. Nuzzolo, on peut l’aimer ou pas. Mais il ne laisse pas indifférent.

Raphaël, avec Thoune, Xamax est la seule équipe de Super League à n’avoir pas effectué un stage de préparation sous des latitudes plus clémentes: handicapant?

Non, je crois que c’est bien comme cela. En fait, malgré le manque de moyens, nous avons fait tout juste. Les conditions étaient bonnes, il ne faisait pas trop froid. Et puis le groupe est uni. Ce n’est pas comme si un stage devait exister pour souder les joueurs entre eux. C’est déjà le cas. En plus, la météo était bonne ici. D’habitude, il y a le brouillard. Mais cette année, nous nous sommes entraînés au soleil.

Comment va l’équipe à quelques jours de la reprise?

Bien. On a repris sur de bonnes bases. Avec deux renforts, Serey Die et Yanis Tafer. Cela apporte du leadership au groupe. C’est important, parce que par expérience, je sais que tout se joue lors de la deuxième partie de la saison. On y est. On est prêt à se battre. Avec les moyens à disposition, Xamax c’est un peu un club de Challenge League qui est dans l’élite et c’est déjà miraculeux d’être là. Mais tout le monde en est conscient, depuis le début, et sait quels efforts cela suppose pour atteindre notre seul objectif, le maintien. Si nous finissons à la huitième place, ce serait comme un titre pour nous. C’est aussi ce qui fait notre force: nous savions ce qui se profilait pour nous et dès le début.

Il y a un nouveau patron au club, Jean-François Collet: cela apporte-t-il de nouveaux espoirs?

Sa priorité, c’est que Xamax se maintienne en Super League. Les deux renforts qui nous ont rejoints sont un signe. Après, il y a des structures à développer, notamment le rapprochement entre la première équipe et la Fondation Facchinetti, autrement dit le centre de formation. Il faut une même vision. Parce que jusqu’à présent, tout est allé très vite pour le club. Les promotions, le retour dans l’élite, sans que les structures suivent ce rythme.

On parle beaucoup de la Nuzzolo-dépendance de Xamax, sur le terrain: comment endossez-vous cette responsabilité?

Je le vis bien. On parle d’une petite équipe, dont je suis un leader. D’accord. Mais c’est avant tout un plaisir pour moi. Je suis attaquant, j’ai de l’expérience, je suis en vue: c’est pour cela qu’on parle de moi. Mais je ne suis le seul dans ce rôle, surtout avec le retour de Serey Die. J’aime m’investir dans ce domaine. Auprès des jeunes aussi. Mon rôle, c’est de tout faire pour qu’ils n’aient pas à supporter de poids. Chez nous, on ne met pas la pression sur le jeune. S’il y a une défaite, c’est de la faute des leaders. Pas des jeunes, qui doivent garder leur part d’insouciance. Je ne vais jamais les voir pour leur rappeler l’importance de tel ou tel match, ils n’ont pas à vivre la chose dans la peur de mal faire. Cela dit, ça ne m’empêche pas d’être exigeant avec eux.

Pourtant, le premier tour n’est pas à la hauteur de ce que vous attendiez, non?

Je dirais qu’il a été moyen. Il manquait toujours quelque chose. Nous sommes à la position du barragiste, avec une petite marge sur la dernière équipe, Thoune. Nous avons besoin d’une série positive. Ce qui nous a fait défaut au premier tour, c’est justement la constance. Ou le fait de ne pas savoir tenir un score. Nous avons montré de bonnes choses, mais en les oubliant aussitôt, d’une mi-temps à l’autre, ou parfois en quelques minutes.

Ce Xamax qui s’est longtemps cherché s’est-il trouvé durant la pause?

La question ne se pose plus: nous n’en avons plus le temps. L’adaptation, tout cela, c’est le passé. Maintenant, il faut se mobiliser pour ce qui nous attend. Cela passe par des transitions rapides. Peu importe comment, en fait. Et il faut vite trouver une assise défensive. Franchement: nous avons encaissé 11 buts sur des balles arrêtées, un tiers des buts concédés. C’est évidemment trop. Il va falloir corriger tout ça. Le groupe est sain, préparé pour faire face aux échéances qui vont s’enchaîner dès samedi prochain. Pour Xamax, c’est maintenant l’heure de vérité. Il reste 18 matches, c’est tout: j’aime ces moments-là aussi.


«Ça fait un moment que Servette ne nous bat plus»

Samedi, c’est la reprise, contre Servette à la Maladière. À quoi vous attendez-vous?

Il n’y a pas de rivalité ancestrale entre nos deux clubs. Disons que nous sommes un peu les meilleurs ennemis le temps d’un match, c’est tout. Franchement, j’ai beaucoup d’affection pour Servette, un club qui a une histoire et les moyens aujourd’hui pour la vivre en Super League. Il y a toujours beaucoup d’émotions lors de nos affrontements et c’est vrai que ça fait un moment que Servette ne nous bat plus. Je me réjouis en pensant à ce derby romand.

Que vous inspire le parcours des Grenat pour leur retour dans l’élite, jusque-là?

Sincèrement, je suis heureux de voir Servette qui joue bien. Tout spécialement avec Alain Geiger à la barre: c’est lui qui m’a lancé en Super League. Il était venu me chercher à Bienne pour me donner ma chance. Quand il a été nommé à Genève, il y a eu des doutes, certains se sont interrogés sur ses capacités. Moi, j’ai toujours dit qu’il fallait y croire, qu’il ferait du bon boulot. Et que ce «risque» pris par les dirigeants servettiens serait payant. On voit le résultat.

Vous aimez bien Servette, mais certains supporters grenat vous détestent, pour ces penalties que vous obtenez souvent avec des chutes dans les seize mètres, ou ce côté un peu provocateur aussi: comment vivez-vous avec cette image?

Je suis sur un terrain pour défendre mes couleurs. Et je le fais peut-être plus que d’autres, d’autant plus à Xamax, «mon» club. Je parle d’un petit club, avec moins de moyens et de structures que d’autres. Mais je me nourris de ça pour défier les plus forts. Après, il peut y avoir un côté provoc, pourquoi pas… En tout cas, il y a des émotions. Je veux bien être celui que l’on hait, ça fait partie du jeu, je prends ce qui va avec. Mais si les supporters adverses ont le droit de me siffler du début à la fin, quand je touche le ballon, alors je me dis que j’ai le droit, de mon côté, de chambrer un peu quand je marque un but. D.V.

Créé: 20.01.2020, 15h16

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