Servette reste au large, toujours incapable de s’imposer

FootballPas de vainqueur dans le match au sommet. Les Grenat restent à 11 points et les Neuchâtelois gardent le sourire. Pas Meho Kodro.

Servette a entamé le match à 100 à l’heure. Dès la 3e minute de jeu, ce coup de tête de Nathan s’écrasait sur le poteau. Image: ERIC LAFARGUE

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Il y a certaines émotions froides qui trahissent la douleur sans dire un mot. Des visages qui se ferment, des grimaces qui se figent. Ne pas perdre, ce n’est pas suffisant quand on doit gagner. C’est tout ce désarroi-là que portaient tous les Servettiens à la Maladière, une fois la rencontre terminée. Le 1-1 a plus sûrement ravi les Neuchâtelois: il laisse les Grenat à onze points, encore et toujours. Le match en retard contre Wohlen pourrait évidemment ramener les Servettiens à huit longueurs, mais enfin, à traîner ces onze points actuels comme un boulet, ils se fatiguent.

Cette lourdeur morale n’était pas visible au début du choc au sommet. Non, comme d’habitude, c’est Servette qui allait imposer ses envies initiales. Copie conforme, copie troublante. Cette saison, le scénario de ces chocs-là veut un Servette d’abord entreprenant, voire inspiré. Comme lors des deux premiers affrontements, les Grenat ont commencé par s’installer dans le camp de Xamax pour jouer haut, presser, dicter le rythme. Un poteau d’abord, dès la 3e minute (tête de Nathan), avait sonné la charge. Elle sera héroïque trois minutes plus tard, sur une nouvelle balle arrêtée de Micha Stevanovic. La petite perle servettienne trouvait la tête de De Ceglie pour le 0-1. Et dans la foulée, quelques opportunités se dessinaient. Ces belles intentions auront duré une vingtaine de minutes. Le temps pour Xamax de reprendre ses esprits et pour Servette de baisser un peu d’un ton.

Gestion des temps forts, gestion des temps faibles: le problème grenat cette saison. Alors? Alors les Neuchâtelois ont repris des couleurs. À ce petit jeu du chat et de la souris, la proie n’est pas toujours l’équipe menée au score et Xamax le sait mieux que personne, d’autant plus contre Servette. Surtout: il ne faut pas lui donner du mou… Et c’est pourtant ce qui s’est passé quand Nathan a relancé si mollement un centre raté dans les pieds de Lawson. Passe directe de ce dernier pour Doudin, centre parfait pour Tréand et Servette en était quitte pour tout recommencer.

Mais comment? Et avec qui? C’est là où tous les questionnements cernent Meho Kodro. Pousser à l’énergie durant un quart d’heure ou vingt minutes, c’est une chose. Asseoir cette volonté d’emprise sur la longueur, en maîtrisant le ballon, c’en est une autre. Comme à Schaffhouse une semaine plus tôt, Kodro a titularisé dans l’axe, au milieu, Dalibor Stevanovic et Fabry. À force, on connaît les limites de l’exercice. Il y a là le placide et le hargneux, le doux ou le sévère comme dirait l’autre. Mais en matière de football, l’un est à la peine en vitesse et l’autre en moyens. L’obstination de Kodro à associer ces deux mêmes profils est surprenante.

Servette a sans doute posé des problèmes à Xamax. Mais pas assez. Et au fond, une réalité s’installe: mathématiquement tout est encore possible, mais pour qui ne parvient jamais à battre son adversaire direct, la marge de manœuvre est plus ténue que jamais.


Les choix de Kodro en question

La surprise a précédé la rencontre. Comme nous l’annoncions sur notre site avant la partie, Sébastien Wüthrich n’était pas retenu par Meho Kodro avant ce match.

«Je l’ai appris à la théorie d’avant-match, explique le No 10. Je n’ai pas vu mon nom dans le groupe et j’ai cru que Kodro s’était trompé. Mais non… Je devrais avoir des explications ce mardi. Bien sûr que cela m’a surpris. Je savais que je pouvais être remplaçant. Mais là…»

Frick avait déjà vécu la même situation, propulsé sur le banc sans explication juste avant Servette-Chiasso. Les joueurs sont professionnels et doivent accepter les choix, c’est vrai. Ils veulent tous être toujours titulaires aussi. Mais le côté abrupt de Kodro dans ces décisions ne contribue pas à la sérénité interne. D’autant plus que certains choix tactiques frileux et récurrents font tiquer certains joueurs. L’inamovible duo Dalibor Stevanovic-Fabry au milieu, par exemple, même si le Slovène était cette fois plus haut dans le terrain, au début au moins. Certains choix de coaching douteux interpellent également: lors du dernier derby ou lundi soir encore quand, à 1-1, le buteur Chagas est remplacé. D.V.

(TDG)

Créé: 19.02.2018, 23h17

Xamax-Servette 1-1 (1-1)

Stade de la Maladière, 4741 spectateurs.
Arbitre: M. Hänni.
Buts: 6e De Ceglie 0-1; 29e Tréand 1-1.
Xamax: Walthert; Gomes, Sejmenovic (26e Lawson), Djuric, Kamber; Corbaz, Di Nardo (57e Veloso); Delley, Doudin, Tréand (78e Karlen); Nuzzolo.
Servette: Gonzalez; Sauthier, Sarr, Nathan, De Ceglie; Fabry, D. Stevanovic (76e Cespedes); Imeri, M. Stevanovic, Lang (65e Willie); Chagas (71e Alphonse).
Avertissements: 26e Kamber (jeu dur), 45e De Ceglie (jeu dur), 82e M. Stevanovic (antijeu), 84e Sarr (antijeu), 85e Lawson (antijeu).

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