Nsame quitte Servette pour Young Boys: épilogue logique d’un bras de fer

Football Le désormais ex-buteur de Servette rejoint la Super League. Un accord a été trouvé entre toutes les parties.

Jean-Pierre Nsame quitte Servette. C’était dans l’air depuis quelques temps. La fin d’une belle mais courte aventure.

Jean-Pierre Nsame quitte Servette. C’était dans l’air depuis quelques temps. La fin d’une belle mais courte aventure. Image: ERIC LAFARGUE

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Il aura fallu de longues semaines de crispations et un désagréable bras de fer avant que l’épilogue ne vienne clore l’«affaire»: Jean-Pierre Nsame voulait quitter Servette pour rejoindre Young Boys, qui voulait absolument le meilleur buteur de la saison passée de Challenge League. Servette, de son côté, ne voulait pas brader sa pépite, qui était sous contrat, et désirait une somme de transfert substantielle pour pouvoir se retourner. Alors entre propositions bernoises plusieurs fois refusées et mise à l’écart de Nsame du groupe grenat, tout s’enlisait.

Mais tout s’est débloqué mercredi en fin d’après-midi. La logique a pris le dessus sur les principes. On peut comprendre Servette qui faisait valoir ses intérêts. On peut aussi comprendre la position de Jean-Pierre Nsame, qui voyait là une opportunité peut-être unique dans une carrière de faire un bon en avant. Servette aurait souhaité que son joueur, à qui il avait tendu la main l’été dernier pour le relancer en dépit de problèmes personnels, lui rende sa confiance au-delà de la première saison. Le buteur, arrivé gratuit grâce aux contacts de Braizat, estimait avoir rendu cette confiance en devenant meilleur buteur et meilleur joueur de Challenge League, voyant là sa valeur prendre l’ascenseur, permettant justement à Servette de réaliser aujourd’hui une grande plus-value.

Un repas salvateur?

Les deux parties campant sur leurs positions, la situation était bloquée et tournait au vinaigre. Comment les choses ont-elles pu avancer? Selon nos informations, peut-être que ce repas, partagé entre Gérard Castella et Didier Fischer, il y a peu, a aidé. Le Genevois responsable de la formation à Young Boys et le président de Servette ont pu discuter calmement du dossier, permettant au bon sens de prévaloir aujourd’hui, évitant au passage un triple gâchis qui aurait affecté autant Servette, Nsame et YB.

«A un moment, il faut regarder les choses, en face, explique Didier Fischer. Nous avions espéré que Jean-Pierre puisse revenir à de meilleurs sentiments. Ce n’est pas le cas, il ne faisait plus partie du groupe et l’on voyait mal comment il aurait pu le réintégrer. Il a donc fallu se montrer pragmatique face à cette situation.»

Un joueur heureux

Selon ce que l’on peut imaginer, la dernière offre de Young Boys devrait tourner autour des 900 000 francs. Avec en plus un pourcentage sur le prochain transfert de Nsame, un bonus s’il finit meilleur buteur de Super League, ainsi qu’une prime s’il est sélectionné avec le Cameroun.

De son côté, Nsame est bien sûr heureux de ce dénouement. «Oui, c’est vrai, confirme-t-il. C’est une magnifique opportunité qui se concrétise pour moi, avec cette possibilité de rejoindre une grande équipe de Super League pour y poursuivre ma progression. Je tiens à remercier l’ex-staff de Servette, grâce à qui je suis arrivé à Genève avec une mention spéciale à Anthony Braizat. Le nouveau staff aussi, qui m’a permis de progresser encore. Les supporters grenat également. J’ai passé dix mois merveilleux. Et surtout, je veux dire merci à mes désormais ex-coéquipiers. Sans eux, jamais je n’aurais pu marquer autant de buts. Je leur souhaite d’être promus en Super League. Pour ma part, je vais me concentrer sur YB et regarder devant.»


Sauthier: «Un capitaine doit montrer l’exemple, sur le terrain et en dehors»

«Je ne sais pas si l’on est plus ou moins forts qu’il y a quelques mois. Je dirais qu’on est différents.» A quelques jours de la reprise du championnat de Challenge League (samedi 19 h contre Chiasso), Anthony Sauthier est un capitaine lucide. Servette aura-t-il dès le début du championnat le potentiel de ses ambitions de promotion?

A 33 ans, Dalibor Stevanovic est toujours aux abonnés absents: touché à l’entrejambe, il pourrait manquer les trois premiers matches et devra ensuite retrouver sa condition. Willie Barbosa s’entraîne, lui, mais est souvent ménagé (problème de rythme). Sally Sarr est solide mais a si peu joué les deux dernières saisons qu’il a lui aussi besoin de rythme. Enfin, Sébastien Wüthrich pourrait bien être le No 10 meneur de jeu attendu, mais il doit prendre ses marques dans ce nouveau rôle (moins d’implication défensive qu’à Aarau) et au sein du système de Meho Kodro. Bref, à quelques jours de la reprise, tout ne transpire pas la sérénité.

La crainte de rater un début de saison si important pour lancer une bonne dynamique existe-t-elle chez Sauthier? «On y pense parfois, admet-il. Surtout ceux qui ont vécu la saison dernière. Il ne faudrait pas que les vieux démons resurgissent. Il faut bien commencer, marquer des buts, gagner. La petite appréhension est normale, il s’agit simplement de la prendre du côté positif.»

«Marquer des buts», a souligné le capitaine des Grenat. Mais avec qui, suite au départ de Nsame? «Nous pouvons compter sur Alphonse, répond-il. Ou aussi sur Berisha. Bien sûr, cela change de Jean-Pierre… C’est sûr, nous avons besoin d’un buteur.Après, chacun son boulot. Trouver le bon renfort, c’est celui des dirigeants. Nous, c’est d’être performants sur le terrain.»

Sur ce plan, tout n’est pas sombre non plus. Steven Lang apporte de la fraîcheur sur le côté. Lungoyi aussi. Le jeune milieu offensif de 17 ans pourrait être une révélation cette saison. «Oui, c’est vrai, confirme Sauthier. Comme les autres, de Busset à Imeri en passant par Antunes. Ce sont des jeunes nés en 2000! Après le doublé de Zidane en finale du Mondial 1998. Après le dernier titre de Servette en 1999! Ils auront besoin de s’adapter, en musclant leur jeu, en se forgeant le caractère, mais il y a du talent.»

Il y aura aussi des adversaires sur le chemin de la promotion que Servette veut se tracer cette saison. «Notre premier adversaire, ce sera nous-mêmes, assure le capitaine servettien. Il faudra appliquer les consignes, rester concentré, parce que sinon tout se complique. Je me méfie de Xamax, bien sûr, très solide. De Vaduz également. Mais aussi du Schaffhouse de Murat Yakin. Comme toujours dans cette ligue, tout le monde peut battre tout le monde.»

Il ne faudra donc pas que Servette se prenne les pieds dans le tapis contre Chiasso, pour le premier match, samedi au Stade de Genève. Le nouveau capitaine de chef depuis le départ de Tibert Pont y veillera. «C’est un honneur de porter ce brassard, sourit-il. Il y a des responsabilités. Un capitaine doit montrer l’exemple. Sur le terrain et en dehors. La préparation a été bonne, certaines choses doivent encore se mettre en place, mais le potentiel est là. La promotion? Nous n’en parlons pas beaucoup entre nous. Parfois, mais peu. Une saison, c’est long.» D.V. (TDG)

Créé: 19.07.2017, 20h01

Vers une bataille à quatre?

L’incertitude est de mise dans l’antichambre de l’élite. Parce qu’il n’y a pas qu’un favori qui se dégage comme l’an dernier avec le FC Zurich, mais bien quatre gros bras prêts à s’écharper dans l’ascenseur.

Appuyer sur le bouton Super League est une chose, débouler en premier au bon étage en est une autre. Et Servette aura du pain sur la planche s’il entend concrétiser son rêve de redevenir l’un des dix clubs qui comptent dans le paysage helvétique. En face de lui, il n’y aura en effet pas que Neuchâtel pour lui mener la vie dure, mais aussi Schaffhouse et surtout le FC Vaduz, lequel a des allures d’épouvantail malgré sa récente chute en Challenge League.

En attirant notamment Milan Gajic (YB), Robin Kamber (Winterthour), Tomislav Puljic (Lucerne) et Enrico Schirinzi (Thoune), les Liechtensteinois n’ont pas «foiré» leur été. Mieux, ils ont fait le plein d’expérience, un élément capital lorsqu’on envisage une promotion.

A la rue jusqu’au mois de décembre dernier et l’arrivée de Murat Yakin, les Schaffhousois peuvent quant à eux espérer leur répondre sur la lancée de leur excellent printemps. La connaissance de leur entraîneur est un atout. Mais gare: le FCS a récemment perdu son joyau Shkelqim Demhasaj et deux autres joueurs importants: Steven Lang, cédé à… Servette, ainsi que Gjelbrim Taipi, parti à Saint-Gall. Cela laisse la porte ouverte à toutes les suppositions. Y compris celle de voir tout à coup Aarau, Wil ou Winterthour déjouer les pronostics.

Mais il est à souhaiter que la Suisse romande résiste à la fronde germanophone, car tant Xamax que Servette mériteraient de retrouver la lumière. A.CE.

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