«Micha» Stevanovic: «Je voulais être gardien. Mon père a dit non!»

FootballMiroslav fait la joie du Servette FC depuis le début de la saison. Rencontre avec un joueur clé avant le match à Schaffhouse.

Miroslav Stevanovic, un taiseux en dehors du terrain, mais un joueur qui éclaire le jeu grenat sur le flanc droit.

Miroslav Stevanovic, un taiseux en dehors du terrain, mais un joueur qui éclaire le jeu grenat sur le flanc droit. Image: Eric Lafargue

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À quoi tient une carrière? À une vocation balayée par un diktat paternel? À écouter Miroslav Stevanovic parler de son parcours, c’est bien cela. «Moi, je voulais être gardien de but quand j’étais petit, souffle-t-il. Mon père a dit non! En fait, je voulais faire comme lui. Dans le petit village d’où je viens, Trsic, il était gardien. Mais c’est pour cela qu’il ne voulait pas que je prenne la relève. Il m’a dit: à chaque but encaissé, ce sera toi le coupable. Alors je suis passé joueur de champ…»

On ne sait pas si «Micha» serait devenu un joueur pro avec des gants. En revanche, Servette mesure tout son talent de milieu offensif. Ténébreux, discret, l’international bosnien est un taiseux. Qui s’est fait violence.

«Micha», le football c’était une évidence dès le début pour vous?

Oui, j’ai toujours voulu devenir footballeur professionnel. J’avais quelques copains qui mélangeaient les sports, en pratiquant aussi du volley ou du basket. Pas moi. Je sortais de l’école pour aller taper dans le ballon.

Il était comment le jeune «Micha»?

Le même que maintenant. J’ai toujours les mêmes amis, rien n’a changé. C’est vrai que je suis discret. C’est un trait de famille: on n’aime pas se mettre en avant. Dans une équipe, il y a toujours celui qui parle fort, celui qui raconte des blagues: moi, je suis celui qui ne parle pas beaucoup.

Pourtant, sur le terrain, vous vous exprimez dans un registre qui vous place au-devant de la scène…

Ah bon? Je ne sais pas. En fait, mes parents et mes amis me disent que je devrais plus me montrer. Qu’avec mon attitude, mon langage corporel, je laisse l’impression que je n’ai pas envie…

Aviez-vous des héros quand vous étiez petit?

Quand on est jeune, on ne se rend pas compte de tout. Moi, petit, mon idole c’était Ronaldo. Le Brésilien. Mais c’est après que j’ai compris. Et je sais aujourd’hui que mes héros, c’est ma mère et mon père. J’ai vu tout ce qu’ils ont fait pour nous nourrir, nous vêtir et nous élever, ma sœur et moi.

Parlons de Servette: heureux d’être à Genève?

Oui. J’avais déjà connu une expérience à l’étranger, quand je suis parti à Séville. J’avais ensuite été prêté. Ce n’était pas simple. Mais c’est enrichissant. Pas pour ma carrière sportive, mais personnellement. Bref, après mon retour au pays, j’en étais arrivé à me dire que l’étranger ce n’était pas pour moi. Mais Meho Kodro m’a appelé. Il m’a dit qu’il me voulait à tout prix. C’était la première fois qu’un entraîneur me voulait vraiment. Alors je suis venu. Je ne regrette pas. Mais je ne saurai qu’à la fin de la saison si je suis réellement heureux: en cas de promotion. Sinon, je serais très triste, parce que nous sommes la meilleure équipe de la ligue.

Mais une équipe qui fait du surplace depuis trois matches, avec trois nuls et un seul but marqué. Pour débloquer la situation, pourriez-vous jouer en No 10?

J’ai déjà occupé plus ou moins ce poste en Bosnie. Si le coach me le demande, je joue où il le veut puisque ce serait pour le bien de l’équipe. J’ai même été latéral droit. Je ne dirais jamais non à Meho Kodro.

Un Kodro qui a failli devenir votre sélectionneur national…

Nous en avons brièvement parlé, tous les deux. Mais cela ne s’est pas fait. Pourquoi? C’est la Bosnie… Nous sommes des gens très compliqués. (TDG)

Créé: 24.11.2017, 18h27

En direct du vestiaire

Le match Schaffhouse - Servette, dimanche, Lipo Park, coup d’envoi à 16 heures.

Les absents Willie est suspendu pour son expulsion à Aarau. Il a écopé de quatre matches de suspension (insultes à l’arbitre en plus de son stupide geste), un recours a été déposé par Servette pour adoucir la sanction. Wüthrich est blessé. À Schaffhouse, Gül, Dangubic et Loosli sont blessés.

Le contexte Schaffhouse reste sur deux défaites. Servette campe sur trois nuls poussifs, un seul but marqué. Les Grenat doivent se reprendre.

Quelles solutions? Kodro avoue avoir pensé à changer de système. Passer à deux attaquants avec un 4-1-3-2? Placer «Micha» Stevanovic en No 10? «Micha sera bon à n’importe quel poste, dit le coach. Mais après, il faut mesurer ce qu’on perd à droite et ce qu’il peut apporter au centre. Modifier le système? Possible. Mais là aussi, vouloir trop changer peut s’avérer préjudiciable.»

La rumeur Sion veut-il recruter à la pause Sauthier, voire Nathan aussi? La réponse de Christian Constantin: «J’ai parlé de Sauthier au président Fischer parce qu’il m’intéressait, il a mûri, assure le président du FC Sion. J’ai aussi parlé avec Anthony. Mais c’était en septembre. Et le président comme le joueur m’ont dit qu’ils venaient de prolonger le contrat. Je ne suis pas allé plus loin. Nathan? Non, nous n’en avons pas parlé.» Pour l’instant?

Renfort offensif Montano, l’attaquant colombien en test, a déjà quitté Balexert. Il ne sera pas le renfort espéré. Servette suit d’autres pistes. D.V.

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