La mémoire d’un épilogue fou comme exemple pour Servette

FootballLes Grenat sont à Kriens ce samedi. Là où, quatre mois plus tôt, un déclic collectif s’était produit. Et s’ils s’en souvenaient?

Chagas (à droite) avait sonné la révolte à Kriens. Wüthrich avait apprécié. A refaire.

Chagas (à droite) avait sonné la révolte à Kriens. Wüthrich avait apprécié. A refaire. Image: Eric Lafargue

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C’était il y a quatre mois, dans la banlieue de Lucerne, sur un petit terrain synthétique. Un Servette en douleur se trouvait mené au score par le néo-promu, Kriens, sans que cela n’ait rien de scandaleux. C’est à ce moment, alors que les Lucernois menaient encore 2-1 à la 90e minute de jeu, qu’un fol épilogue a bouleversé tous les équilibres. Avec deux buts de Chagas à la 91e et la 94e, Servette raflait la mise à la rage, miraculeusement. Pour se hisser à la première place du classement et ne plus la quitter depuis. Ce samedi, les Grenat sont de retour au Kleinfeld et si le culte du souvenir ne sert à rien, la mémoire de ce passé-là, et de ce qui l’a rendu possible, doit pouvoir servir d’exemple.

À quatre mois d’écart, les parallèles existent. Le 27 octobre, c’est privés de Sauthier, Alphonse et Kone que les Grenat voyageaient à Kriens. Ce samedi, ils composeront sans Rouiller (lire ci-contre), Alphonse et Kone. Comme à l’époque, les Servettiens cherchent des certitudes, qu’ils ont égarées durant la pause hivernale, puisque le constat depuis la reprise est sans appel: il manque du mouvement, de l’explosivité, de la créativité.

Retrouver des assurances

Au lendemain de ce succès inespéré, les Grenat avaient surtout compris que la hargne a valeur d’exploit quand elle supplante les défaillances collectives. Cela ne veut pas signifier que Servette doit forcément gagner en souffrant. Mais qu’il doit retrouver les certitudes nées justement lors de ce succès: solidarité, effort sans le ballon, courses d’appel pour offrir des solutions de passe.

Sans doute les Servettiens se sont-ils préparés pour durer dans la saison, pour être performant jusqu’au bout et ce travail d’anticipation est évidemment essentiel. Mais il leur faut se rappeler de ce qui a fait la force de l’équipe après les lourdeurs du début de saison: la légèreté, la spontanéité. Tout ce qui fait défaut depuis la reprise, mis à part la première période contre Wil il y a une semaine. «Ce match à Kriens avait opéré comme un déclic, assure Christopher Routis. Surtout, c’est la réaction des coéquipiers qui en disait long. Sans bien jouer, nous nous étions battus et pour une fois, c’était nous qui marquions dans les arrêts de jeu.»

Parce que Chagas et les autres ont voulu y croire: après avoir égalisé à 2-2 à la 91e, le Brésilien n’avait d’ailleurs presque pas exulté. Il exhortait les siens à se replacer pour marquer le but de la victoire. Douce rage, force de la prémonition.

Un sentiment d’urgence

C’est cette foi-là que les Grenat doivent retrouver. Ce sentiment d’urgence érigé en loi. Pour gagner et se remettre dans le droit chemin. Tant qu’à faire et puisqu’ils en ont le potentiel, en jouant bien cette fois, et sans attendre les arrêts de jeu pour passer l’épaule.

Un premier moment de vérité en 2019 pour un Servette qui reste sur une défaite et un nul à domicile. À Wüthrich et Stevanovic de montrer la voie; à toute une équipe de se révolter pour de bon, histoire d’effacer l’indigente seconde période contre Wil. Daniel Visentini


Sans le patron Rouiller

Arrivé de Lugano l’été dernier, Steve Rouiller s’est immédiatement imposé comme le patron de la défense servettienne. Il a été recruté pour ça. C’est pour ça qu’il va donc manquer aux Grenat ce samedi à Kriens, lui qui avait disputé toutes les rencontres depuis le début de la saison.

Le Valaisan est suspendu et la perspective de son absence n’est pas la meilleure nouvelle pour les Genevois.

C’est Sally Sarr qui le remplacera en défense centrale et qui jouera donc au côté de Christopher Routis. Reste encore à savoir quel schéma sera choisi par Alain Geiger. Il peut commencer avec une défense à quatre. Il peut aussi articuler une arrière-garde à géométrie variable, comme lors de la seconde période à Chiasso, avec trois défenseurs dans l’axe et deux hommes de couloirs. Cela autoriserait une sorte de 3-4-1-2, avec deux milieux axiaux pour densifier la zone médiane. «Je me laisse encore le choix, explique Geiger. Cela dépend aussi de Kriens, s’il joue avec une seule pointe ou deux. Je suis attentif au fait que nous ne devons pas nous montrer aussi naïfs que lors de notre défaite à Chiasso. Il faut prendre un peu de recul.»

Il faut aussi trouver la bonne formule pour surprendre l’adversaire, qui sait désormais à quoi s’attendre. Et qui est doublement motivé: parce que c’est Servette et parce que c’est le leader aussi.

«Mentalement et physiquement l’équipe va progresser, averti Geiger. On a besoin d’un nouveau match référence.»

Et si c’était ce Kriens-Servette au programme, comme le 27 octobre? D.V. (nxp)

Créé: 22.02.2019, 17h36

En direct du vestiaire

Le match Kriens - Servette, Kleinfeld, coup d’envoi à 17 h 30.

L’effectif Servette est privé de Rouiller, suspendu. Alphonse, Kone, Lang et Busset sont blessés. Kriens est au complet, mis à part une incertitude concernant la participation de Bürgisser.

Le contexte Servette n’a pas retrouvé l’efficacité et la spontanéité qui faisaient sa force en fin d’année 2018. Le potentiel est présent, mais comme engourdi. Le nul 0-0 contre Wil en a été la preuve. Après une belle première période où il n’aura manqué que la finition, l’équipe s’est égarée tout le long de la seconde mi-temps. Pour s’éviter le doute, elle doit impérativement s’imposer au Kleinfeld. De leur côté, les Lucernois ont déjà battu cette année Winterthour et Schaffhouse, pour ne s’incliner que 3-2 contre un Lausanne vainqueur dans les arrêts de jeu. Attention à Siegrist sur la droite, celui qui avait failli marquer le but de l’année avec cette volée fouettée, sauvée in extremis par Frick.

Les mots de Geiger
«Ce qui se passe en 2019 ressemble un peu à ce que nous avons connu au début de la saison. Nous ne sommes pas encore au top de nos performances, c’est vrai. Il y a plusieurs facteurs pour l’expliquer, comme le fait de ne pas pouvoir reconduire la même équipe, avec la blessure de Routis au début, les suspensions de Sauthier et Cognat, la blessure de Kone et enfin l’absence de Rouiller pour ce match. Sans doute que Kriens n’est pas un adversaire qui nous convient. Mais il faut passer par-dessus ça. Je veux voir un vrai esprit de corps samedi. Ce match peut être un déclic, comme en octobre.» D.V.

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