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Meho Kodro: «Je viens de la rue, où les chefs étaient ceux qui gagnaient»

L’entraîneur du Servette FC dévoile sa face cachée avant que son équipe ne se lâche, elle aussi, face à Wil.

Meho Kodro poursuit sa construction du Servette FC, avec l’objectif de ramener le club en Super League.
Meho Kodro poursuit sa construction du Servette FC, avec l’objectif de ramener le club en Super League.
ERIC LAFARGUE

On le connaissait côté cour, mais pas forcément son côté jardin. On savait de Meho Kodro, arrivé au début de janvier 2017 à Genève, qu’il avait été un grand attaquant, à Barcelone, proche de Johan Cruyff. Qu’il est père de trois enfants, deux filles de 15 et 26 ans et un garçon (Kenan, 23 ans) qui évolue en Bundesliga (à Mayence). Que cet homme originaire de Bosnie-Herzégovine (50 ans), adepte du 4-2-3-1, a, surtout, la lourde mission de ramener Servette en Super League. Mais on ignorait encore qui il est vraiment, qui se cache derrière l’entraîneur. «Je suis tranquille, comme vous et moi et n’importe quelle personne qu’on peut rencontrer dans la rue», relève cet ancien joueur de Velez Mostar, de la Real Sociedad, de Tenerife et du Barça. Mais encore…

Si vous n’aviez pas été dans le milieu du football?

J’ai toujours voulu être footballeur. Quand j’avais douze ans, quelqu’un m’avait demandé, mais si tu n’y arrives pas? Je l’ai alors regardé droit dans les yeux et j’ai répondu qu’il n’y avait pas de raison que je ne réalise pas mon rêve. J’ai beaucoup d’autres passions dans la vie, mais je ne me voyais vraiment pas faire autre chose!

Gamin, dans la cour de récréation, vous étiez déjà un chef, un meneur, un entraîneur?

Je viens de la rue où on jouait à pieds nus. Les chefs étaient ceux qui gagnaient les matches. Tout le monde voulait gagner. A Mostar, c’était un endroit où si on veut une reconnaissance sociale, il faut jouer au foot. Bien étudier dans mon pays n’était pas bien vu, ce n’était pas la priorité. Je reconnais que je n’étais pas un bon élève, que j’étais assez rebelle. Si je n’avais pas d’obligation d'aller devant, j’allais toujours derrière, c’était plus créatif, les rangées étaient plus vives.

Y avait-il des posters dans votre chambre?

C’est en 1974, alors que j’avais sept ans, que j’ai commencé à m’intéresser au football. Je me souviens bien de la finale de la Coupe du monde entre l’Allemagne et les Pays-Bas. Ce jour-là, je suis tombé amoureux de Johan Cruyff. Quel choc quand il m’a appelé vingt ans plus tard pour me faire venir jouer à Barcelone. C’était mon idole, tout comme Vahid Halilhodžic, qui était la star de Velez Mostar.

Jusqu’à quel âge avez-vous cru au Père Noël?

Comme tous les enfants, je me suis vite rendu compte qu’il n’existait pas.

Si vous aviez une baguette magique, quel joueur feriez-vous venir à Genève?

Comme je ne crois plus au Père Noël, comment je pourrais croire à la magie?

Si vous pouviez faire marche arrière, que changeriez vous?

Rien du tout! Tout ce qui s’est passé, je n’ai pas pu l’éviter. Cela m’a permis d’aller de l’avant, de corriger mes erreurs, de connaître de bonnes et de moins bonnes choses. Ma vie est un éternel apprentissage.

Une journée, par curiosité, aimeriez-vous vous retrouver dans la peau de Neymar?

Je n’ai pas du tout envie de cette vie de «chien» où on te suit partout, où tu ne peux plus sortir seul dans la rue. Non merci!

Avec quelle personnalité aimeriez-vous partager un bon repas et une belle soirée?

Avec une personne qui souhaite humaniser le monde, un Barak Obama, une Angela Merkel ou le pape actuel. J’apprécie leur manière de s’exprimer. Ou avec le Chilien Claudio Naranjo, un psychiatre, fondateur de l'Institut des chercheurs de Vérité.

Que faites-vous quand, durant une journée, vous êtes privé de football?

J’adore le foot mais ce n’est pas une obsession. J’aime aussi déconnecter. Comme ma famille n’est pas ici avec moi à Genève, j’apprécie beaucoup la lecture et marcher. Je rêve de monter au Mont-Blanc. Comme je ne suis pas un grand mangeur, je ne vais pas forcément au restaurant. Ou alors pour une bonne assiette de filets de perche. Ou des spaghetti vongole, préparés par Lionel Pizzinat!

Quelle est la recette pour monter en Super League?

Ce sera un menu équilibré. Pour cela j’ai encore besoin d’un ou deux joueurs, offensif et défensif. Il y a du talent mais si on possède déjà de bons ingrédients, pour que ce soit une bonne recette, il faut travailler tous les jours, en y ajoutant un zeste de confiance. Durant la saison, il y aura parfois des difficultés, à nous de ne pas perdre la tête et prendre le bon chemin. Quand on est bon, il ne faut pas devenir fou et quand ce n’est pas le cas, inutile de trop s’affoler, c’est ça la recette. Commençons par gagner contre Wil, en confirmant notre belle série.

Avez-vous menti durant cet entretien?

Je n’ai pas tout dit, mais je n’ai pas menti!

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