Meho Kodro ne dit toujours pas s’il reste à Servette ou s’il le quitte...

FootballLa Bosnie-Herzégovine est intéressée, mais l’entraîneur vit la chose avec recul. Il répondra en temps et en heure.

Didier Fischer, président du Servette FC, et Meho Kodro main dans la main. Pour toujours?

Didier Fischer, président du Servette FC, et Meho Kodro main dans la main. Pour toujours? Image: Eric Lafargue

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Si c’est une leçon de philosophie, alors elle oscille entre sophisme et stoïcisme. Autrement dit: le mariage entre une logique qui semble rigoureuse mais qui s’échappe de la réalité pour tromper son monde et ce détachement serein de celui que rien n’atteint. Meho Kodro serpente depuis quelques jours entre les questions personnelles avec la facilité de l’attaquant racé qu’il était. L’insistance du murmure enfle autour de lui. Il serait bien le choix No 1 de la Bosnie-Herzégovine pour reprendre la sélection nationale? Il sourit calmement, rappelant qu’il n’a pas été contacté et qu’il n’y a donc pas lieu d’y penser, qu’il est pour l’heure à Servette et qu’il s’y plaît. Serein.

«Tout le monde peut bien dire ce qu’il veut, avoir un avis comme mon ami Mecha Bazdarevic (ndlr: le sélectionneur actuel, en fin de contrat), la seule vérité, c’est que je ne pense pas aux choses avant qu’elles ne se produisent.» Chassez le sophiste, le stoïcien revient au galop: «Je n’ai pas à dire ce que je ferais si j’étais approché, parce que personne ne m’a contacté, sourit-il. Je ne veux pas entrer sur ce terrain glissant. En fait, il n’y a pas d’hésitation, parce qu’il n’y a pas lieu d’hésiter.»

Pas d’anticipation?

Pour le moment, non. Et c’est seulement, et seulement alors, en cas de proposition officielle que Meho Kodro penserait à l’opportunité. Vraiment? L’ancien attaquant de la Real Sociedad et du Barça n’a-t-il plus le sens de l’anticipation? Depuis quelques jours, il a reçu plusieurs appels en provenance de Sarajevo, tous les journalistes locaux veulent deviner eux aussi ses intentions, et il ne se serait jusqu’à présent jamais posé sérieusement une question toute simple, genre: «Et si la Fédération bosnienne m’appelait et me proposait le poste de sélectionneur, que ferais-je?»

On a de la peine à imaginer Kodro, celui qui cherche à laisser si peu de choses au hasard sur le terrain, s’accommoder sans y réfléchir du flou artistique qu’il entretient sur son avenir. Non, il a sûrement envisagé la situation et sa position à Genève.

En fait, si son avenir grenat était évident pour lui, il lui serait simple de couper court aux rumeurs. Si Meho Kodro était totalement persuadé de vouloir poursuivre son travail à la tête du Servette FC, il lui suffirait de se dire honoré de voir son nom circuler à Sarajevo, mais pas prêt à abandonner un club qui lutte pour la promotion et avec lequel il est sous contrat. Simple comme bonjour.

Les conditions en question?

Le fait qu’il ne prononce pas ces mots «magiques» – qui seraient à tout le moins doux aux oreilles des dirigeants servettiens – établit-il qu’il partira si son pays lui fait une offre en bonne et due forme? Même pas. Mais cela souligne peut-être qu’en cas de proposition sérieuse, financièrement intéressante, apte à lui fournir les coudées franches à la tête de sa sélection (pas comme en 2008 pour une première expérience vite avortée sur fond de pressions malsaines), il pourrait peser le pour et le contre.

Meho Kodro a beau clamer le contraire, assurer qu’il ne pense à rien, qu’il est «très content à Genève, avec des responsabilités et du respect envers le club et l’équipe», on le devine bien trop malin pour n’avoir pas déjà, un peu au moins, mis plusieurs choses dans la balance. Des conditions de travail à celles familiales (il est seul à Genève, loin de sa femme et de sa fille, qui sont restées à Saint-Sébastien).

Mais l’homme n’est pas simple à marquer de près – l’attaquant toujours… – alors il s’autorise encore ce qui ressemble à un petit passement de jambes: «De toute façon, tout ce que je pourrais dire pourra être sujet à interprétation. C’est pour cela que je ne veux pas entrer dans ce jeu-là. D’ailleurs, je ne suis concentré que sur une seule chose: notre match contre Rapperswil, samedi soir au Stade de Genève.»

On peut le croire ou pas. A défaut de sophisme ou de stoïcisme, il reste le scepticisme… (TDG)

Créé: 19.10.2017, 22h04

Pour et contre

Pourquoi Meho Kodro devrait-il ou pas quitter Servette?

Pour Etre sélectionneur de son pays, ça ne se refuse pas. Avoir plus de temps pour sa famille. Prendre sa revanche à ce poste après sa brève et compliquée expérience de 2008.

Contre Torpiller sa carrière naissante d’entraîneur de club alors qu’il vise une promotion dans de très bonnes conditions. Sept matches… amicaux avec la Bosnie-Herzégovine avant une qualification incertaine pour l’Euro ensuite. Un départ qui ternirait son image. Ne plus travailler au quotidien. Et, bien sûr, devoir quitter la ville et le Lac de Genève! D.V.

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