LS peut-il encore rattraper son retard sur Servette?

FootballLe pour/contre de nos deux journalistes sportifs, avant le derby lémanique de ce mercredi 3 avril 2019.

Nicolas Jacquier (à gauche) et Daniel Visentini (à droite).

Nicolas Jacquier (à gauche) et Daniel Visentini (à droite). Image: Sebastien Anex & TdG

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«Non, Servette restera intouchable»

Daniel Visentini: Bien sûr, il y a ce précédent glorieux. Lors de la saison 2010-2011 de Challenge League, Lausanne était à la rue, comme Servette d’ailleurs, à 8 points de Lugano et à 7 de Vaduz, les leaders, alors qu’il ne restait que neuf matches. Au prix d’une formidable remontada conjointement menée avec Servette et avec le concours d’un écroulement incroyable et curieux des Tessinois et des Liechtensteinois, les Vaudois avaient alors coiffé les Genevois au poteau pour finir premiers et retrouver la Super League, laissant le barrage aux Grenat, promus eux aussi.

C’est beau, les souvenirs. Huit ans après, Lausanne les ressort du placard pour se persuader que tout est encore possible en termes de promotion directe, que ces dix points d’avance pris par les Servettiens à la veille du derby ne sont rien en regard de la montagne qu’ils avaient gravi à l’époque. À vouloir se gargariser du passé, le LS en oublie le présent. Le Lausanne d’aujourd’hui devrait d’un coup de baguette magique tout balayer sur son passage, lui qui s’y entend surtout pour enchaîner les nuls. Il devrait se montrer flamboyant alors que son progrès dans le jeu est proche du néant depuis le début de la saison. Non, ce LS-là cultive ses chimères à vouloir rêver en couleur alors qu’il déroule un film en noir et blanc.

Pour les Grenat, en revanche, c’est tout le contraire. La sérénité qui enveloppe le groupe de Geiger l’épargne de doutes existentiels. Tiens: Servette pourrait perdre ce derby que cela ne remettrait rien en question. Les Genevois auraient encore sept points d’avance, huit virtuellement avec sa formidable différence de but. De quoi voir venir. Servette ne sera pas rejoint et encore moins dépassé par Lausanne parce qu’il est meilleur dans tous les secteurs de jeu, parce qu’il possède également des individualités qui font défaut à son meilleur ennemi. Ce derby est là pour en faire la démonstration. Ou pas. C’est toute la force de Servette: savoir que ce match n’est qu’une rencontre comme les autres, qu’il peut ne pas gagner ou même perdre. Alors que Lausanne est condamné à l’emporter pour y croire. Même si c’est en vain.


«Oui, en se sublimant, LS peut le faire»

Nicolas Jacquier: Il faut être à tout le moins idéaliste et fort peu raisonnable pour penser que Lausanne va grignoter son retard sur le leader genevois jusqu’à le coiffer au poteau. Plusieurs facteurs nous incitent pourtant à l’être; à croire que, oui, tout demeure possible pour une équipe au comportement aussi désespérant qu’agaçant jusque-là. On vous le concède, cela suppose une certaine dose d’imagination…

Mais les faiblesses répétées du candidat vaudois constituent paradoxalement pour celui-ci sa meilleure chance de métamorphose. Tant il tombe sous le sens qu’il faudra bien sûr un tout autre LS, à savoir un LS qui ne craint pas d’afficher ses prétentions et s’en montrent surtout dignes, pour dépasser un Servette engoncé dans des certitudes peut-être moins établies qu’il n’y paraît, porté par un confort fragile. Un LS qui devra aussi se sublimer, ce qu’il n’a encore jamais su faire. Le visiteur de la Praille bombe peut-être le torse mais dans chacun de ses matches, il a lui-même connu des périodes de flottement, des passages à vide, souvent sans conséquence – mais tout cela pourrait changer si Lausanne y mettait du sien.

Dans un exercice où ils ont déjà accumulé tant de déceptions, les Vaudois se retrouvent à la croisée des chemins. Plus question pour eux de se cacher, terminé les excuses bidon et les jérémiades. Si Lausanne n’est pas mort comme le prétend son capitaine – et l’on a envie de croire Pasche – il doit faire ce dont peu de ses fans l’estiment même capable. Et c’est parce que tout le monde semble le condamner que l’exploit peut encore jaillir; surtout lorsqu’il reste 30 points en jeu.

Giorgio Contini a toujours prétendu qu’une promotion se jouait au printemps, et pas avant. Au coach de la Pontaise de le démontrer autrement qu’en paroles. Stevanovic n’est pas lausannois mais le club vaudois possède aussi des individualités susceptibles de faire tourner un match. Les Margiotta, Buess, Koura et autres Kukuruzovic ont trop de choses à se faire pardonner pour ne pas enfin (et durablement) répondre présent. Revenir de nulle part pour décrocher une promotion directe au finish, le défi est exaltant. Au LS de se montrer suffisamment fou pour le réussir. Cela passe par un premier déclic, attendu mercredi.

(TDG)

Créé: 02.04.2019, 15h01

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