Avec Kodro, Servette s’offre un nom. En attendant des résultats.

FootballLes Grenat commencent 2017 avec un nouvel entraîneur. Exit Braizat. Pourquoi, comment? Gros plan sur ce choix.

Servette compte sur Meho Kodro, 49 ans, pour retrouver l’élite du football suisse.

Servette compte sur Meho Kodro, 49 ans, pour retrouver l’élite du football suisse. Image: AFP

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Bien qu’abrupte, la logique pure est inattaquable: si les dirigeants du Servette FC estiment qu’Anthony Braizat n’est pas l’entraîneur qui peut conduire les Grenat à la promotion lors de la prochaine saison, alors ils devaient trancher maintenant. Ils l’ont fait, c’est Meho Kodro qui dirigera l’équipe lors de la reprise, jeudi. A 49 ans, cet originaire de Bosnie-Herzégovine n’est pas vraiment un inconnu: l’éternel Johann Cruyff l’a même recruté à l’époque à Barcelone. Mais l’ex-buteur ne possède pas la même expérience en tant qu’entraîneur.

Tout est allé très vite. Le 10 décembre, dans ces colonnes, le président Didier Fischer assurait: «J’ai totale confiance en Braizat, nous partageons les mêmes valeurs.» Le 30 décembre, l’entraîneur était convoqué à la Praille. Un petit comité formé par le président, le directeur général (Constantin Georges) et le directeur sportif (Alain Studer) avait décidé du limogeage. Que s’est-il passé en vingt jours?

Passer à l’étape supérieure

«Anthony Braizat a toujours ma confiance, explique Didier Fischer. Il a bien travaillé. En revanche, je ne pense pas qu’il puisse nous mener aux objectifs fixés pour la saison prochaine. J’en suis intimement convaincu depuis deux mois. Je vois des équipes changer de plan de jeu en cours de match, parce que l’entraîneur a un sens de l’analyse et une confiance déjà présents. Nous apprenons tous. Mais je ne peux pas me permettre de voir si Anthony saura apprendre suffisamment vite pour l’objectif de promotion. Braizat (sans Djurovski), cela a été un pari gagnant et je le remercie pour le travail effectué. Mais là, il fallait passer à l’étape supérieure.» C’est donc Meho Kodro qui incarne ce pas en avant.

Un manque d’expérience?

Il a entraîné de janvier à mai 2008 la sélection de Bosnie-Herzégovine, il a dirigé le FK Sarajevo de septembre 2014 à avril 2015. Au total, cela ne fait que quelques mois au plus haut niveau, auxquels se rajoutent cinq saisons à la Real Sociedad chez les jeunes d’abord, puis avec l’équipe «B» du club (2008 à 2013). Si sa carrière de joueur est remarquable (Velez Mostar, Real Sociedad, Barcelone, Tenerife notamment), il a nettement moins de «bagage» en qualité d’entraîneur.

«En revanche, il possède cette expérience, de par les milieux qu’il a fréquentés, assure Fischer. Il incarne cette stabilité que nous souhaitons, cette résistance à la pression, il a appris à gérer tout cela. Et puis à l’académie de la Real Sociedad, il a accompli un travail remarquable, il est là pour donner du sens, de la cohésion et il apportera ce qu’il faut pour atteindre un niveau supérieur.»

Il ne parle pas français

Après Kevin Cooper, l’intérim Cotting-Niederhauser, le couac avec Djurovski (pas de permis de travail d’abord, renoncement ensuite) et Braizat, Kodro est donc le dernier entraîneur en date de l’ère Fischer.

Le président avait il est vrai «hérité» de Cooper, avant de devoir parer à l’urgence après son départ à Wil. Mais cela rappelle que Servette cherche encore son équilibre sur le plan sportif. Cette fois, pas de mauvaise surprise comme avec Djurovski: Kodro, titulaire d’une licence UEFA pro, aura le permis de travail, Servette étant maintenant dans une ligue reconnue comme professionnelle. Mais l’homme ne parle pas français. Un souci que le président balaie: «Bien sûr que s’il parlait couramment le français, je serais encore plus heureux. Mais il le baragouine déjà un peu et il l’apprendra vite. Et seuls peu de joueurs ne parlent pas espagnol ou alors serbe.»

Il en est en tout cas un qui connaît déjà très bien Kodro au sein du contingent servettien. C’est Liassine Cadamuro, que Kodro a entraîné dans la «B» de la Real Sociedad. «Mais il n’y est pour rien dans la venue de notre nouvel entraîneur, précise le président Fischer. Nous connaissions Meho parce qu’il est le père de Kenan Kodro, un jeune buteur que nous souhaitions prendre pour cette saison. Cela ne s’est pas fait, mais nous sommes restés en contact avec le père, qui est aussi son agent. Après, c’est une affaire de feeling.» Apparemment, le courant est passé.

A Meho Kodro désormais de prendre ses marques, rapidement. D’imposer son style et ses systèmes (il a souvent joué en 4-2-3-1). Et de gérer la transition avec les joueurs, qui perdent Braizat, mais sans doute aussi Adam Owen, selon nos sources. A Kodro enfin de faire jouer son réseau, tout ce qui manque encore au Servette FC.

Rappelons que les Grenat s’étaient lancés en néo-promus cette saison sans vraiment avoir trouvé d’attaquant pour épauler Besnard. Et que ce sont les relations de Braizat qui avaient permis l’arrivée du buteur providentiel, Nsame. Kodro actionnera-t-il ses contacts pour le bien du Servette FC? «C’est possible, oui, il a justement un réseau qui peut nous servir», déclare Didier Fischer. (TDG)

Créé: 02.01.2017, 21h13

Braizat: «On peut toujours faire mieux»

Après une promotion logique en Challenge League, Anthony Braizat a connu un début de championnat compliqué. Les dirigeants grenat avaient songé à se séparer de lui après les quatre défaites initiales (Didier Tholot avait été reçu mais avait décliné). Sept points au terme du premier tour, c’était peu. Lors du second, Braizat a corrigé le tir, avec 18 points! Cela n’a donc pas suffi. Mais il part la tête haute.

Anthony, comment s’est déroulé votre éviction?

J’ai été convoqué le 30 décembre à la Praille. Je ne me doutais de rien. Je sais bien que cela fait partie du foot, mais j’avais le sentiment que les objectifs étaient atteints à mi-saison, avec un Servette à un point de la troisième place, avec 25 points au compteur. On peut toujours faire mieux, mais c’est déjà bien pour un néo-promu, surtout après le mauvais départ.

Etes-vous amer?

Ce n’est pas moi qui décide, je dois respecter ce choix opéré par les dirigeants. Apparemment, ils veulent grandir avec Kodro. Je souhaite à mon successeur le meilleur, pour le bien du club. J’espère qu’il commencera fort la seconde partie de saison, afin de bien préparer l’avenir.

Qu’allez-vous faire désormais?

Je dois revoir la direction pour discuter. Mon métier, c’est d’entraîner. Reprendre un poste à l’académie? On verra selon ce qui m’est proposé. J’ai toujours en cours ma formation pour la licence UEFA pro.

Tout cela peut-il avoir un impact sur le groupe?

Je ne sais pas, mais l’avenir le dira.

Commentaire de Daniel Visentini

Un pari qu’il faudra gagner…

Anthony Braizat n’est pas l’homme de la situation, c’est le constat froid effectué par les dirigeants servettiens. Forts de leurs grandes ambitions, ils prennent leurs responsabilités, c’est leur rôle.

Après le fiasco de l’année passée, quand la venue de Bosko Djurovski s’était enlisée (pas de permis de travail dans un premier temps) avant de se terminer en queue de poisson, la direction du club met cette fois sa crédibilité en jeu.

Buteur émérite, Meho Kodro ne connaît ni Servette ni le foot suisse, il a peu d’expérience en qualité d’entraîneur et ne parle pas français. A l’heure où Schaffhouse s’offre les services d’un certain Murat Yakin, le choix servettien s’apparente à un sacré pari. Qu’il faudra gagner.

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