Kodro a enfin clarifié sa position: il reste à la tête du Servette FC

FootballL’entraîneur grenat a envoyé un mail à un quotidien bosnien. Pour signifier qu’il ne reprendrait pas la sélection nationale.

Meho Kodro a choisi son chemin et il le montre: c'est avec Servette qu'il continue l'aventure.

Meho Kodro a choisi son chemin et il le montre: c'est avec Servette qu'il continue l'aventure. Image: Eric Lafargue

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Derrière l’entraîneur, il y a l’homme. C’est lui qui a pris la décision. Pas le technicien. C’est ce Meho Kodro plus tourmenté qu’il ne l’a jamais dit, qui marche sur des œufs depuis plus d’un mois. Quelques semaines durant lesquelles, dans son pays, il a été beaucoup question de lui et de la possibilité très sérieuse de le voir reprendre la sélection de la Bosnie-Herzégovine. Alors qu’il est sous contrat et en mission promotion avec le Servette FC, dans le même temps. Depuis ce lundi, les choses sont claires: Kodro reste à Genève. Mais le long processus décisionnel dit moins les intentions immédiates que l’embarras face à un choix complexe.

Ce n’est pas comme s’il avait aussitôt décliné poliment la proposition qui se dessinait il y a un peu plus d’un mois, en déclarant tout de suite qu’il n’était pas intéressé et qu’il restait concentré sur le Servette FC. C’eût été plus clair pour tout le monde sans doute. Mais pas si simple pour autant. Voilà donc un homme qui a déjà dirigé sa sélection nationale si brièvement et avec tant de frustration (trois mois en 2008) quand il s’est heurté à des fonctionnements malsains qu’il n’a pas cautionnés et qui lui ont valu d’être limogé, un homme donc droit, qui entrevoit l’opportunité d’une deuxième chance.

Parallèlement, il y a ce Meho Kodro qui s’est lancé avec le plus grand professionnalisme dans l’aventure servettienne. Avec des moyens, des ambitions de promotion, une confiance réciproque entre le technicien et sa direction. Dire non à son pays? Abandonner Servette? Dans tous les cas une décision délicate à prendre. C’est en envoyant un e-mail à un grand quotidien bosnien (Avaz) ce lundi que les zones d’ombre se sont dissipées.

L’e-mail de Meho Kodro

«Pour des raisons personnelles et morales, je me retire de toute candidature au poste de sélectionneur de la Bosnie-Herzégovine. Je remercie la commission d’experts pour sa confiance. Malheureusement, là où les compétences s’éteignent, une part de doute peut germer… Je souhaite tout le succès possible à la sélection nationale. Je continue avec beaucoup de dévouement de porter le projet du Servette.» C’est signé Meho Kodro, avec son adresse électronique servettienne et le message a été envoyé au quotidien lundi en début d’après-midi. Il a eu l’effet escompté puisqu’il a aussitôt été mis en ligne et largement repris. Ce message électronique raconte bien plus de choses qu’il ne semble. D’abord, il tombe le 20 novembre, soit plus d’un mois après les premières rumeurs (qui n’en étaient pas, donc!).

Plus d’un mois, c’est long pour dire «non», si c’est bien «non» que l’on voulait dire dès le début… Tout porte à penser que ce n’était pas si évident pour Kodro. Et qu’il n’a pas fermé la porte lors du premier contact qui a existé. Parce que sinon, on peine à imaginer une commission d’experts, justement mandatée par la fédération bosnienne, proposer jeudi passé pour sélectionneur un entraîneur qui aurait dit non.

C’est effectivement jeudi passé que Meho Kodro aurait pu être nommé par le comité exécutif de la fédération bosnienne, sur la recommandation des quatre experts. Cela ne s’est pas fait et c’est à cause de ce couac, en fait, que Kodro a décidé de siffler la fin de la partie, de sortir de cette sorte de double jeu…

Cela se devine dans le passage le plus sibyllin, qui évoque les «compétences» et le «doute». Mise en perspective? Quand on ne prend pas en considération les compétences de ceux qui étaient mandatés, qui connaissent le football et qui avaient proposé Kodro, quand on s’oppose à leur choix lors d’une séance du comité exécutif qui devait au contraire le valider, alors on peut douter de la transparence du processus. Et être plus sûrement convaincu du caractère politique de ce veto. Tout ce que voulait éviter Kodro, surtout après sa douloureuse expérience de 2008.

Enfin, l’entraîneur ne manque pas de préciser qu’il se concentre sur le projet servettien. C’est bien de ne pas oublier Servette.

Le message de Servette

Les dirigeants grenat ont d’ailleurs transmis un message, eux aussi, via leur chef de presse: «Les dirigeants du Servette FC prennent note avec bonheur de la confirmation de ce qui a toujours été une évidence, à savoir que Meho Kodro est un homme qui honore ses contrats.»

Il y a un mois, ces mêmes dirigeants s’offusquaient que l’on ose s’interroger autour de l’avenir de Kodro, évoquant au paroxysme de leurs emportements une tentative de déstabilisation médiatique. Là où il n’y avait rien d’autre que des informations sur la vie d’un club et de son entraîneur. Passons…

La réalité est plus banale. Meho Kodro a été approché par la commission d’experts mandatés pour trouver un nouveau sélectionneur à la Bosnie-Herzégovine. On ne sait pas s’il a dit oui, ou sous condition, ou s’il a demandé le temps de la réflexion, mais en tout cas il n’a pas dit non. L’affaire a traîné plus que de raison et jeudi passé, quand son nom a enfin été proposé, il a fallu un veto de dernière minute d’une partie du comité exécutif pour qu’il ne soit pas nommé. Avant négociations peut-être sur le modus vivendi, mais cela montre que tout ça était bien concret.

Alors oui, Kodro reste à la tête du Servette FC et c’est tant mieux pour la stabilité du monde grenat. Mais après le mois de tous les non-dits, cela n’a rien eu d’une évidence. Cette péripétie doit permettre à tous de se reconcentrer sur l’essentiel: le championnat, les résultats.

Quatre matches pour Willie!

On doute fort que les questionnements autour de l’avenir de Kodro aient pu être à l’origine des trois matches nuls que l’équipe vient de concéder: les manquements et les ratés dans le jeu, qui préexistaient, sont des pistes plus sérieuses. Au technicien, justement, de trouver des solutions. Pour tourner la page bosnienne et terminer en force la première partie du championnat. Cela se fera sans Willie. Expulsé pour avoir reçu deux cartons jaunes en 29 minutes à Aarau vendredi passé, dont le deuxième pour une réaction intempestive d’une infinie bêtise, le Brésilien a écopé de quatre matches de suspension! Quatre matches? Eh oui: Willie a eu la bonne idée, en plus de sa stupide poussette, d’insulter l’arbitre… (TDG)

Créé: 20.11.2017, 20h48

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Inquiétude chez les employés de TAmedia
Plus...