Jeremy Frick: «Avec une bonne défense, le Servette FC peut viser la promotion»

Football Le dernier rempart des Grenat attend Rapperswil de pied ferme ce samedi. Coup de projecteur sur sa personnalité et son rôle. Rencontre.

Jeremy Frick  fait souvent le dépit des buteurs. Mais être gardien, c’est aussi se faire parfois des frayeurs.

Jeremy Frick fait souvent le dépit des buteurs. Mais être gardien, c’est aussi se faire parfois des frayeurs. Image: KEYSTONE

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Dans une équipe de football, le gardien est pour toujours un homme à part. A vanter les vertus du collectif, on en oublierait les gageures d’un rôle étrange: un gardien ne s’habille pas comme ses coéquipiers; il ne s’entraîne pas comme eux; il ne joue pas comme les autres, puisqu’il a droit à ses bras et à ses mains dans sa surface de réparation; quand son équipe marque, il est le plus éloigné de la scène de joie, qu’il est d’ailleurs le seul, si souvent, à ne pas partager avec les autres; enfin, il est à jamais moins glamour qu’un Cristiano Ronaldo aérien qui enfile les buts tandis que lui, le portier (c’est tout dire), se vautre par terre dans un sursaut improbable pour tenter d’éviter l’inévitable.

Et puis il y a le pire et le meilleur à la fois: une erreur de placement, une faute de main, une glissade et c’est le but encaissé, la sanction suprême; aucun autre joueur n’endosse ce degré-là de responsabilité et c’est sans doute pour cela aussi que la superbe vocation naît.

Fou dans le bon sens

Il faut donc être fou pour être gardien de but. Cela tombe bien: invariablement ou presque, le plus fou du lot, dans un contingent, est le dernier rempart, le portier, le goal comme disent encore certains. Fou, dans le sens sympathique bien sûr. C’est comme si une corrélation existait entre le poste à part et la place singulière au sein même du groupe.

Au Servette FC, Jeremy Frick est titulaire, David Gonzalez remplaçant: chacun dans son registre entretient le mythe du grain de folie. Par l’attitude, par les saillies bien senties, par les «gueulantes» qu’eux seuls poussent sur les terrains. Mais être gardien de but professionnel, c’est bien d’autres choses aussi. «J’ai des consignes de l’entraîneur, explique Frick. Etre vigilant, profiter de ma position pour observer mes coéquipiers, faire en sorte que le positionnement des milieux soit en adéquation avec celui des défenseurs. Bref, je dois être attentif à plein de choses, même quand nous avons le ballon. D’ailleurs, cela m’a valu quelques frustrations…»

Concentré sur tout le reste, Jeremy Frick en arrive à rater parfois des moments forts, pour la bonne cause. «Oui, je regarde tout le reste, sauf le porteur du ballon, sourit-il. Alors le but incroyable de Nini Sauthier contre Schaffhouse, je l’ai manqué. Comme certains autres. C’est le prix à payer…»

Mais être gardien, c’est préserver sa cage.?Et c’est ce qu’a fait Frick contre Vaduz, la semaine passée. Une claquette géniale, deux ou trois autres parades: c’est grâce à lui si Servette a atteint la mi-temps en menant 1-0. Avant le 2-0 final.

La confiance nécessaire

«C’est sûr que c’est bon pour la confiance de faire des arrêts décisifs, lance-t-il. Mais la défense a aussi contribué au blanchissage. Tout est bien en place, même si rien n’est jamais parfait. C’est avec une bonne défense que Servette peut viser la promotion.»

Servette peut compter sur le charisme de son No 1. Daniel Blanco, l’entraîneur des portiers, y veille scrupuleusement. «On s’attarde aussi aux tendances des joueurs adverses, notamment sur les balles arrêtées, c’est précieux, lance Frick. Et après, il y a le terrain, la cage. Et un attaquant capable de tout, comme Chagas, le buteur de Rapperswil.»

«Jerem» est déjà dans son match, concentré…


Le jeu au pied: il y travaille

Les gros arrêts, c’est la gloire du gardien. C’est le veto mis à l’attaquant, c’est le buteur qui se prend la tête dans les mains. Frick a déjà fait le dépit de plusieurs buteurs, comme vendredi passé. Mais être le dernier rempart, c’est aussi se faire parfois des frayeurs. Tous ont leur petit point faible. Pour Frick, c’est le jeu au pied.

«C’est clair, il faut que je m’améliore, répond-il en toute franchise. Nous avons un programme d’analyse des matches, cela n’est pas si mal concernant le taux de réussite sur dégagement. Même s’il peut aussi y avoir un peu de déchet.» Mais il y a également ce qui ne se chiffre pas, cette forme de fébrilité parfois qui transpire dans le geste. Comme à Chiasso…

«A Chiasso, c’était dû à un mauvais rebond, cela peut arriver et cela arrivera encore, explique Frick. A tout le monde. Sinon il est vrai que pour avoir toujours été uniquement gardien depuis tout petit, il me manque le ressenti du joueur de champ. Mais j’y bosse tous les jours.»

Sans crispation? «Non, tranche-t-il. L’équipe n’hésite pas à jouer avec moi, cela veut dire qu’elle ne ressent pas de crainte chez moi. Si j’avais peur, ce serait le début de la fin.» D.V. (TDG)

Créé: 20.10.2017, 19h42

En direct du vestiaire

Le match Servette - Rapperswil-Jona, Stade de Genève ce samedi, coup d’envoi à 19 heures.

Les effectifs Servette est privé de Sarr (il devrait retrouver l’équipe la semaine prochaine), de Wüthrich (pubalgie qui demande du temps), ainsi que de Vitkieviez (malade). En revanche, Imeri est à disposition. A Rapperswil, Falciano, Kubli, Mustafi et Staubli sont annoncés blessés. Helbling est incertain.

Le contexte sportif On ne le dirait pas, mais Rapperswil est le poursuivant direct de Servette.
Si, si. Le néo-promu est le surprenant 4e du classement. A distance raisonnable tout de même: 11 points derrière les Grenat. De son côté, Servette, brièvement leader la semaine passée, reste toujours en embuscade.

Le contexte émotionnel On parle souvent de Meho Kodro ces derniers temps. Parce que l’entraîneur du Servette FC serait le choix No 1 de la Fédération de Bosnie-Herzégovine pour reprendre la sélection nationale. «Je confirme, il est définitivement le premier choix pour la Fédération», assure Emir Delic, de la télévision bosnienne. Mais Kodro n’entre pas en matière. Il affirme n’avoir pas été contacté et ne pas vouloir se poser la moindre question avant que cela ne se produise. Si cela se produit. En attendant, les dirigeants grenat étudient déjà une solution de repli, avec un technicien qui épouserait les mêmes idées et la même philosophie de jeu.

Le mot de Kodro L’entraîneur ne se concentre que sur ce Servette-Rapperswil. Alors? «Alors Rapperswil n’est pas une mauvaise équipe, lance-t-il. Elle est dangereuse. On nous a critiqués pour notre petite victoire 0-1 là-bas. Mais je constate que Servette est la seule formation à s’être imposée à Jona. Et que cette équipe est invaincue sur ses cinq derniers matches, avec trois nuls et deux succès. Donc attention!» D.V.





























































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