Henchoz: «Tout ne se joue pas lundi contre Servette»

FootballÀ Xamax, il y a Michel Decastel, mais aussi son adjoint, un certain Stéphane Henchoz. Qui parle du choc au sommet à venir.

Stéphane Henchoz, adjoint de Michel Decastel (juste derrière): le duo qui fait le bonheur de Xamax.

Stéphane Henchoz, adjoint de Michel Decastel (juste derrière): le duo qui fait le bonheur de Xamax. Image: Keystone

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C’est un duo précieux, où personne n’est dans l’ombre de l’autre. À Neuchâtel, si Michel Decastel tient la barre, il peut tout aussi bien écouter Stéphane Henchoz, son adjoint. Les deux hommes connaissent la maison par cœur et à mesurer la réussite actuelle de Xamax, l’évidence s’impose: le duo fonctionne. À la veille du choc au sommet de lundi soir, c’est le défenseur qui parle. Pour évoquer le match à venir contre Servette, bien sûr, mais pour parler surtout de ce Xamax qui semble imperturbable, quelles que soient les circonstances.

Stéphane Henchoz, Xamax paraît en pleine confiance: vrai?

Nous sommes confiants, oui. Mais pas trop non plus. Le point arraché à Vaduz après avoir été mené 3-0 vaut plus qu’un simple point. Ce n’est pas avec le foot qu’on l’a pris, mais avec le mental. Ceux qui pensent que ce n’est que de la chance se trompent.

Cette force mentale collective, c’est ce qui fait toute la différence entre Xamax et Servette cette saison?

Nous arrivons à nous relever parfois de situations quasi désespérées. Il y a plusieurs facteurs pour l’expliquer. D’abord, nous avons une moyenne de 29 ans en prenant l’âge des titulaires habituels. Cette expérience est précieuse. L’équipe a également très peu changé depuis deux ans et demi, l’entraîneur est le même: il y a une continuité à tous les niveaux, avec une ossature qui dégage une base solide. Enfin, le mental, cela s’entretient. C’est le boulot du staff. Je le vois à l’entraînement: s’il y a les rouges contre les bleus et que les bleus perdent à trois minutes de la fin, ils s’arracheront jusqu’à la dernière seconde pour revenir.

On joue comme on s’entraîne?

Si tu lâches le mardi dans un 4 contre 4 quand il y a 4-1, parce que tu es un peu fatigué, tu lâcheras aussi quand ça compte. De toute façon, sur les quelque 200 joueurs pros que j’ai pu côtoyer dans les différents clubs que j’ai connus (ndlr: de Liverpool à Blackburn, en passant par Hambourg, Wigan ou Celtic), je n’en ai peut-être vu qu’un ou deux capables d’être moyen la semaine à l’entraînement et bon le week-end en match. Tout est une question de mentalité.

L’avantage du duo que vous formez avec Michel Decastel, c’est aussi cette expérience que vous avez du football suisse ou des particularités de la Challenge League, non?

Oui, c’est sûr. Michel a une grande expérience du foot en général d’ailleurs. Il comprend cette Challenge League, ses exigences, il sait réagir et c’est terriblement important pour le coaching. On l’a vu à plusieurs reprises cette saison, n’est-ce pas…? Mon rôle, c’est d’avoir un œil sur la défense, vu mon passé.

Et comment préparez-vous vos défenseurs à contrer Servette?

En analysant le jeu de l’adversaire, donc ces jours celui des Grenat, ce qui est aussi dans mon cahier des charges. Ce que je veux éviter, c’est que l’on soit surpris, derrière, par ce que proposerait Servette. Je ne veux pas qu’un défenseur se lance sur Micha Stevanovic, pour qu’il fasse un crochet et rentre sur son pied gauche pour enrouler, comme il l’a fait en septembre. J’ai bien analysé également le système proposé par les Genevois à Schaffhouse. Nous devons être prêts quel que soit le schéma qui sera proposé.

Xamax a 11 points d’avance: une victoire et c’est déjà la promotion ou presque?

Non. Tout ne se joue pas lundi contre Servette. Il restera encore tellement de points en jeu… Ce serait une option prise, oui, mais pas plus. On sait à quoi cela peut tenir parfois, on l’a vu justement contre les Grenat.

Votre président a pourtant déjà affirmé que Xamax avait plusieurs orteils en Super League…

Il l’a dit sur le coup de l’enthousiasme, après la victoire folle à Genève. Parce qu’il est notre premier supporter. Mais Michel et moi avons un discours différent pour les joueurs, nous savons que rien n’est encore acquis.


Des tensions du côté de Xamax?

Le secret de la réussite neuchâteloise, jusque-là, tient sans doute pour une bonne part à cette aventure commune que partage ensemble tout un contingent. La force mentale collective s’alimente des bons résultats qu’elle autorise, mais cette alchimie demeure fragile. La tentation est grande de croire au monde des «bisounours», façon Xamax. Mais avant un printemps décisif, certaines tensions peuvent surgir.

À Neuchâtel, comme partout, il y a ceux qui sont déjà assurés d’avoir un contrat pour la saison prochaine, quoi qu’il arrive, puisque le leur sera encore d’actualité. Comme Walthert ou Nuzzolo, par exemple. Il y a ceux qui étaient en fin de contrat et qui viennent de signer une prolongation. Comme Gomes ou Sejmenovic. Et puis il y a ceux qui sont en fin de contrat, mais pour qui l’avenir est plus flou.

Difficile pour le président Bingelli de répondre oui à un joueur qui aimerait maintenant s’engager avec Xamax pour l’avenir. Parce que sans savoir dans quelle ligue évoluera le club, rien n’est simple. Cela concerne des éléments comme Djuric, Karlen, Kamber, Di Nardo ou Lawson notamment. Des joueurs qui ont été importants jusque-là et qui pourraient conclure que s’ils n’ont pas encore vu leurs contrats prolongés, c’est que tous n’auront pas forcément une place dans le contingent en cas d’avenir en Super League.

Du sourire béat au grincement de dent, il y a parfois peu. Et au moment même où la promotion se joue, la naissance d’une forme de frustration n’est pas souhaitable. À Xamax de gérer ça aussi. D.V. (nxp)

Créé: 16.02.2018, 17h16

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