GC et Servette, les retrouvailles étranges de deux monstres sacrés du foot suisse

FootballC’est un 16e de finale de la Coupe de Suisse qui réunit ce vendredi les deux ténors historiques. Qui viennent de se croiser à distance…

Alain Geiger donne ses consignes aux siens. A la veille de ce GC-Servette, il joue la carte de l’émotion, lui qui a bien connu ces deux clubs.

Alain Geiger donne ses consignes aux siens. A la veille de ce GC-Servette, il joue la carte de l’émotion, lui qui a bien connu ces deux clubs. Image: Eric Lafargue

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Morte avec un XXe siècle qui n’existe plus, l’idée d’un choc de prestige entre Grasshopper et Servette invite à l’humilité. Le passé en bandoulière, ces deux monstres sacrés du football helvétique n’ont du troisième millénaire que le goût âcre des rendez-vous manqués. Les Sauterelles ont fait illusion jusqu’en 2003, les Grenat jusqu’en 2001, avant de se noyer tous deux dans les miasmes de faillites consommées ou pas, mais toujours dans des climats malsains, si loin des époques dorées.

Le paradoxe veut aujourd’hui que GC, après avoir évité le pire (en coulisses), se retrouve sportivement à l’échelon inférieur, relégué en Challenge League, alors que Servette, qui a bu la ciguë plus souvent qu’à son tour depuis 15 ans, s’essaie au bonheur serein de la pleine santé.

Tout cela donne un 16e de finale de la Coupe de Suisse étrange, avec Grasshopper, le «petit», qui accueille Servette, le «grand». Et toute la curiosité des épithètes, là où le club zurichois ne veut pas s’enfermer dans la petitesse (Freddy Bickel de retour à la direction, lire page 12), là où les Genevois sont encore loin de la grandeur passée. Ce n’est qu’un match de Coupe, sûrement. Mais avec ce passé et ce présent qui se font écho, ce GC-Servette vaut le détour.

Un clin d’œil de l’histoire

Il en est un qui le sait plus que d’autres: Alain Geiger. L’entraîneur de Servette, a joué et entraîné à Genève et à Zurich, il a même passé ses diplômes de technicien en étant chez les Sauterelles.

«GC et Servette sont les deux clubs historiquement les plus connus de Suisse, explique-t-il, même si Bâle et désormais YB raflent les titres. Bien sûr que cela rajoute une dimension à ce match de Coupe, d’autant plus que nous nous sommes croisés dans l’ascenseur ce printemps. C’est en tout cas un joli clin d’œil pour ces deux équipes, comme si l’histoire qui les unit refaisait surface.»

On pourrait croire que ce Servette-là, néo-promu, privé de quatre titulaires blessés, pourrait se concentrer davantage sur le championnat que sur la Coupe. C’est mal connaître Geiger. Le Valaisan a préparé ce duel en jouant de toutes les cordes.

Geiger mise sur l’émotion

«Oui, en mettant en avant l’émotion, lance-t-il. La Coupe, c’est un joli défi pour nous cette saison. J’ai souhaité que l’on prépare une vidéo avec les moments forts de Servette en Coupe de Suisse. C’est déjà sept victoires en finale. On n’avait pas les images de 1928, mais bien d’autres…»

Il ne croyait pas si bien dire. Quand le petit montage a été proposé aux joueurs, il y avait forcément la victoire de 1984, en finale et au Wankdorf, contre Lausanne. Avec un but au début des prolongations d’un certain Alain Geiger.

«Je ne voulais pas que ces images soient présentées aux joueurs, rougit-il presque. Je ne veux surtout pas me mettre en avant, mais c’est passé. Plusieurs joueurs m’ont félicité pour le geste.» Chassez le naturel…: Geiger en a aussitôt profité pour rappeler un mot d’ordre. Qui a traversé les années.

«Tant qu’à faire, j’ai demandé à mes joueurs d’être attentifs, sourit-il. Parce que dans l’action qu’ils venaient de voir, il y a une part de ce que je leur demande: jeu vertical de Schnyder vers moi, remise vers Brigger et jeu vertical de ce dernier toujours pour moi, avant que je ne place la balle où il faut.»

Éloge de la verticalité, tout ce qui a manqué aux Grenat en championnat contre Xamax. Alain Geiger promet un Servette qui aura retrouvé toutes ses vertus joueuses. «Tout était compliqué contre Xamax, admet-il. La blessure de Cognat, le terrain en mauvais état (ndlr: un champignon avait ravagé la pelouse), des Neuchâtelois bien organisés aussi. Nous avons profité de la pause pour travailler. GC a de l’orgueil, il sera agressif. Mais il y a peut-être des lacunes défensives à exploiter.»

On verra ça ce vendredi soir.


Les Grenat favoris, mais…

La logique est implacable: Servette, pensionnaire de Super League, est favori face à GC, équipe de Challenge League.

La logique s’arrête là. De plus, les Grenat devront composer sans quatre titulaires: Sauthier (adducteur), Cognat (cheville), Sasso (contracture) et Kone (cuisse). Il reste bien sûr les éléments forts attendus. Stevanovic, Rouiller, Ondoua pour son retour aux affaires. Mais aussi Sébastien Wüthrich. Avec un bémol pour le Neuchâtelois. Alors que le staff technique, de Geiger à Bonneau, semble appeler de ses vœux une prolongation de contrat, Wüthrich n’a toujours rien signé et son contrat se termine en juin prochain. Pas rassurant pour lui.

La direction du Servette FC ferait bien de ne pas se tromper de calcul ou alors d’écouter ses propres techniciens, qui connaissent leur sujet: l’apport du No 10 grenat est indispensable pour le jeu servettien. Et il aurait déjà reçu des offres selon nos informations (de Suisse et de l’étranger). D.V.

Créé: 12.09.2019, 17h36

En direct du vestiaire

Le match 16e de finale de la Coupe de Suisse, Grasshopper-Servette, stade du Letzigrund, coup d’envoi ce vendredi à 19 heures.

Le contingent Servette fera sans Sauthier, Kone, Cognat, Sasso, Busset et Lang, blessés. Concernant Sasso et Kone, le staff ne veut pas prendre de risques. Cognat sera absent encore trois semaines. L’adducteur touché de Sauthier est suivi de près.

Le bluff de Forte Uli Forte, l’entraîneur des Sauterelles, a mis la pression sur Servette. «Les Genevois sont clairement les favoris de ce match, a-t-il dit. De plus, la Coupe est un objectif secondaire pour nous cette saison, même si nous voulons faire une belle performance.» Par-delà les belles phrases, Servette doit se méfier du pressing haut pratiqué par GC. Tout en profitant des espaces laissés derrière.

L’horaire Les supporters Grenat remercient vivement l’ASF pour la programmation. À l’heure où il s’agit de rendre la Coupe plus populaire, il fallait oser fixer ce GC-Servette alléchant un vendredi soir… D.V.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Après l'accord avec l'UE, Johnson doit convaincre le Parlement
Plus...